Aujoud'hui et hier : nausée. La grande nausée. Physique, simplement. Le corps. J'ai mal au coeur.
Je marchais ce matin dans les petites rues du quartier Parc Extension. Les odeurs des pivoines mêlées à celles des roses sont tellement fortes qu'elles envahissaient tout l'air à respirer. J'aime ce parfum d'habitude. Mais avec la grande chaleur et l'humidité, cette odeur était écoeurante.
Il y a encore des fourmis plein la maison.
[21:30], quelle soirée avec toutes ces fourmis qui essaient de se faire un chemin par terre, et pour monter sur moi sans vergogne comme des sans-gêne. Qu'est-ce qu'elles ont toutes à courir comme ça ? Qu'est-ce qu'elles cherchent ? Où est-ce qu'elles s'en vont si vite ? Doivent courir après des chimères. On dirait qu'elles se multiplient en plus. Donc, comme il me reste un peu de miel du Jura. Pas beaucoup, juste un peu au fond du pot. J'ouvre le pot et je le mets dans la dépense, dans un coin. Depuis, les fourmis se dirigent par là, elles entrent là et restent les pattes collées dans le miel. Je me dis que ça doit être bon pour elles de mourir doucement gavées de bon miel du Jura. Douce overdose. Mais quand elles montent le long de mes jambes, c'est moins drôle, ça fait des chatouilles qui piquent, ça m'énerve. J'aimerais bien être en miel et que les fourmis restent collées mortes en bas sur mes pieds, ou quelque part ailleurs ; comme ça, quand j'écrirai, je n'aurai plus à me secouer comme un épouvantail pour les chasser de sur mes cuisses quand ce n'est pas de sur mes bras. Horreur. Ah, ces fourmis. Faudrait que je trouve un peu de cyanure. Non, de l'arsenic. Bref, de la poudre blanche anti-fourmi. Mais j'ai horreur du poison sous toutes ses formes. Quoi de mieux que la mort subite naturelle. Clap, le pied dessus, je les écrase à pieds nus. Hier soir, je lisais tranquillement dans mon lit et elles se promenaient par terre. Clap. Clap. J'en ai tué trois, sept, dix, avec le numéro de Mai du Magazine littéraire : Les écritures du Moi. Fait du bien.