Archives promenades: octobre 2008

C'est peut-être déjà l'automne, mais il y a encore beaucoup de verdures tout partout. Beaucoup à cueillir. Je ne passe pas une seule journée sans sortir marcher. Je monte la côte. On voit mieux d'en haut.

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Les petites fleurs blanches duveteuses sur la photo, je ne les cueille pas. Par ici, on les appelle des fleurs de coton. D'habitudes elles sont floues à cause du vent, hier, elles ont bien voulu faire les belles pour le journal. Ne pas avancer trop vite. Ça monte. Le coeur pompe. Penser à respirer.

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Mon banc de parc préféré. Un rocher accueillant, arrondi comme le dos d'une grosse baleine. Couvert de mousse d'un vert pâle qui n'existe pas. S'y poser, le temps de rêver à rien. Sortir un carnet. Des fois je m'allonge par terre pour faire une sieste bienheureuse au soleil. Au réveil, le monde change de forme. Il s'étire dans plein d'autres perspectives.

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Ça sent la fougère et la mousse mouillée, âcre, et les feuilles de bouleau jaune en décomposition. Arriver au petit boisé, marcher sur une branche. Crac.

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Il me vient des envies de prendre un fusil et de tirer sur des cannes de bines, de chasser le gibier à l'aube, d'attendre des heures pour attraper une perdrix, un lièvre ou un jeune chevreuil en plein coeur, faire des réserves pour l'hiver. C'est bien mystérieux ces envies-là puisque je mange de moins en moins de viande. J'en ai plus tellement besoin. Réflexe archaïque de survie, j'imagine.

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Comme chaque automne, silence en forêt pour pas faire peur aux animaux.

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Je scrute les sous-bois. Me surprends à penser : des fois que quelqu'un aurait fait pousser du pot par ici et que je tombe dessus. Sourire. J'en ferais quoi, vous pensez ? Pas question d'inhaler la petite fumée bleue. Ça risquerait de m'endormir pour trois siècles et quart.

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Et puis je sors du bois et je rentre par les sentiers parfumés traversant les terres de mes voisins. Je redescends la côte. Retraverse les champs de trèfles les yeux dans le fleuve en longeant les clôtures, les fossés et les ruisseaux. Les grands vents d'automne s'en viennent.

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mon te deum

Ce ne sont des victoires
que je chante
je n'en ai pas,
mais le soleil qui brille pour tous,
la brise,
les largesses du printemps.

Non la victoire,
mais le travail quotidien accompli
du mieux que je pouvais ;
non un siège sur l'estrade,
mais à la table commune.

[Reznikoff, Te Deum]

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