Archives promenades: août 2008

Je suis ici.
Et là.
J'ai pris le train pour venir passer quelques jours d'écriture et de vacances à Gaspé.
Je suis ailleurs.
Aujourd'hui, sur les pierres de Mireille Loup.
Suivre le lien pour admirer l'image dont les droits sont réservés. Je crois que je peux la reproduire ainsi, cachée derrière ma page 31, pour vous la montrer comme une belle citation : loup_pierres.pdf. Pierres illustre le dépliant de La Grande Traversée. Horizons photographiques. Je l'ai retrouvée dans le dossier artistique de Mireille Loup. Photographe de talent à visiter sur mireilleloup.com

« Exister est un plagiat. » Cioran dixit.

J'écris ce journal en ligne depuis bientôt huit ans.
Il a vécu, survécu et revécu.
Il vit, survit et revit.
Il vivra, survivra et revivra en échappant chaque jour un peu plus aux tentatives de mises sous étiquettes que sont les définitions.
Indéfini et inachevé, il existe.

« Exister est un phénomène colossal — qui n'a aucun sens . » Cioran encore.

Ai-je déjà écrit tout cela ? Possible.
Si oui, je me répéterai avec plaisir.
Je constate tenir un journal sans fin et sans objet.
Qui se doit de n'avoir aucune utilité, de ne servir aucune cause, de n'exercer aucune influence, de rester en dehors des courants et des lieux communs.
J'y tiens mordicus, comme à la prunelle de vos yeux.
Ainsi j'ai la paix pour continuer.

J'aime la distance entre soi et l'autre, entre soi et les autres.
L'éloignement permet de faire des efforts, de plisser les yeux pour mieux voir.
Et si je les ferme un peu trop, laissant juste une toute petite fente, j'aperçois une autre réalité, un autre monde se crée avec des images d'arbres tordus, d'animaux étirés, d'êtres humains plus petits ou plus grands que nature, de nuages effilochés, d'âmes déformées, torturées.
Ainsi, je m'assure l'impression d'être à ma place et efficace.

Et Cioran toujours [dans Ébauches de vertige] : « La véritable élégance morale consiste dans l'art de déguiser ses victoires en défaites. »

J'aime pousser plus loin et croire que la véritable élégance morale consiste dans l'art du déguisement.

« S'il est un instant où l'on devrait pouffer de rire, c'est lorsque, sous l'effet d'un intolérable malaise nocturne, on se lève sans savoir si on rédigera ses dernières volontés ou si l'on se résignera à quelque misérable aphorisme. »

Justement.

À propos de cette archive

Cette page est une archive des billets dans la catégorie promenades par août 2008.

promenades: avril 2008 est l'archive précédente.

promenades: septembre 2008 est l'archive suivante.

Retrouvez le contenu récent sur l'index principal ou allez dans les archives pour retrouver tout le contenu du volume 8 (janvier 2008 à ce jour).

mon te deum

Ce ne sont des victoires
que je chante
je n'en ai pas,
mais le soleil qui brille pour tous,
la brise,
les largesses du printemps.

Non la victoire,
mais le travail quotidien accompli
du mieux que je pouvais ;
non un siège sur l'estrade,
mais à la table commune.

[Reznikoff, Te Deum]

marginalia

recherche

méli-méliens