Archives lire et relire: mars 2008

Ils ont dit que c'était le printemps. Il neige tout le temps. Avec des grands vents. Et j'attends.

Vendredi matin. Je lis un peu de Prévert. Et si j'essayais de « peindre un oiseau » est-ce que l'oiseau s'envolerait, que ça marcherait, que je signerais ? Et si je recopiais les « Grifouilis dans le fouillis gris », extrait de Soleil de nuit, je dirais que des fois... :

La douleur
des fois c'est à vomir, trop à voir, à ressentir,
des haut-le-cœur.
Mais les amibes de nos amis sont nos amibes, et
quand ceux que j'aime s'abîment et tombent
dans leurs petits abîmes, avec eux je tombe
et j'ai peur de les perdre,
c'est toujours pareil, un beau jour de
calendrier, il y a eu quelque chose
de cassé,
aucune vitre ne me reste tellement elle
a été brisée, qui, la vitre,
quelle vitre, quelle huître,
le vitrier est un ouvrier,
l'huîtrier est un oiseau,
et les huîtriers du Congo tombent
de vertige des roseaux,
rien à faire quoi qu'on dise,
se taire,
je ne suis pas le aujourd'hui, je suis
le hier, et demain je
le refuse des deux mains.
Dès demain, j'essaierai
mais qu'est-ce que j'essaierai...

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mon te deum

Ce ne sont des victoires
que je chante
je n'en ai pas,
mais le soleil qui brille pour tous,
la brise,
les largesses du printemps.

Non la victoire,
mais le travail quotidien accompli
du mieux que je pouvais ;
non un siège sur l'estrade,
mais à la table commune.

[Reznikoff, Te Deum]

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