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16. mine de rien

Je lis moins de livres. Presque plus de blogs. Panne de désir passagère. Pas grave.

Abonnée depuis peu au Soleil de Québec. Un camelot motorisé lance le journal devant ma porte tous les matins, avant mon réveil. Je le lis religieusement en savourant mon café au lait, depuis une semaine. Il m'arrive de découper des articles intéressants. Je prélève quelques pages de pub pour allumer le feu et j'envoie le reste au recyclage, me gardant la page des BD et des mos croisés et autres grilles de jeux, ça peut toujours servir. J'adore le jeu des huit erreurs.

La première fois que j'ai entendu le piano de Glenn Gould, j'ai eu une révélation. Un vrai coup de foudre. C'était l'enregistrement 1955 des Variations Goldberg. J'ai écouté cet enregistrement à répétition, j'ai vécu avec et ça a duré des semaines. J'étais encore étudiante à l'UQAM, il y avait un prof. en études littéraires qui faisait jouer l'Aria au début et à la fin de chacun de ses cours. Ça en mettait quelques-uns en transe, et moi.

Quelques petits films, quelque chose de l'ordre de la retraite et de l'effacement. À voir et écouter un à la fois, ou les trois en même temps.

J'ai fouillé et retrouvé mes notes de ce cour. Et mes cahiers de ces années-là, toutes mes notes sur la fugue. La fugue a tombée, morte. Je ne m'en suis pas désintéressée. Plutôt dessaisie. Ce n'était qu'une intuition, trop cérébrale. Et voilà qu'elle a remonté le temps jusqu'à moi. Elle s'est réinstallée, elle vibre et cherche à prendre forme. J'écoute.

Des jours entiers je n'ai pas envie d'ouvrir un livre, je rêve et cherche partout les premiers signes du printemps. Rien sauf le bruit de cascade des ruisseaux et rivières qui dégèlent. Après trois jours de soleil et une bonne chaleur qui faisait baisser le niveau des bancs de neige, je me lève et qu'est-ce que je vois ? encore une tempête. J'ai trouvé l'hiver long. Mais ce fut l'un des plus beaux, des plus blancs et lumineux de toute ma vie. Des plus doux, aussi. Sans peur. Sans presque d'angoisses.

Pour l'écriture, c'est un peu comme pour la lecture. Le fait de travailler à autre chose, ne serait-ce que deux jours par semaine semblait m'en éloigner parce que je n'arrivais pas, aussi souvent que je l'aurais voulu, à m'asseoir et à tracer des mots sur la page blanche. Ça me rendait irritable, grognonne, frustrée. Et puis avec le temps, je me suis rendu compte que lorsque je n'écris pas, j'écris tout le temps, je parle d'écrire au sens de cueillir et de recueillir, d'observer, de raffiner mon analyse et ma vision du monde. J'apprends à faire taire le trop plein des voix et à n'écouter que la mienne, celle qui vient de loin en dedans. C'est dans un longue courbe que cette voix intime intérieure rejoint celles, rares, venant de l'extérieur et qui me touchent. Alors je peux m'asseoir et créer. Continuer.

14. une heure pour la terre

Ce soir à 20 heures, j'éteins les lumières. Plus. Je coupe le courant et plus rien ne fonctionnera, rien. Même pas l'ordi, ni la radio, ni le frigo, ni tout le reste. J'allumerai des bougies. Et je donnerai une heure pour ma terre mère ma terre amante.

L'information m'est arrivée par email avec la mention « passer le mot ». D'habitude, je suis plutôt rebelle aux consignes de ce genre et je les ignore, me disant que je n'ai pas à transporter toutes les bonnes causes [que l'on trouve bonnes pour moi ou que moi je trouve bonnes] et que chacun fera bien ce qu'il veut, où et quand il le veut pour s'informer, agir ou pas.

Mais ce matin, un je ne sais quoi dans cette missive m'a empêchée de l'ignorer, et donné envie de faire ma petite part. Alors au lieu de transmettre le courriel en question à la poubelle ou à tout mon carnet d'adresses, j'ai songé à le publier dans mon cher journal, qui risque de toucher beaucoup plus de monde et de faire ricochets plus loin sur la douce et violente planète que nous voulons sauver en la détruisant chaque jour un peu plus, sans le vouloir.

J'ai pris un peu de temps pour m'informer des « Heures de la Terre » qui auront lieu à travers le monde sur le site www.earthour.org et ailleurs. Voyez ce document :

Et le contenu du message en question :

Samedi 29 mars - Toutes lumières éteintes pour la planète

Comme chaque année, c'est l'Heure de la Terre (Earth Hour). Le 29 mars 2008, à 20 h, heure de l'Est, le Fond mondial pour la nature vous invite à éteindre pendant 60 minutes vos lumières et faire comme des millions de personnes partout sur la planète qui veulent ainsi signifier toute l'importance de la lutte aux changements climatiques. La grande nouveauté est que cette année, Montréal s'ajoute officiellement aux villes participantes.

Le 31mars 2007 à Sydney en Australie, à l'initiative du Fond mondial pour la nature, plus de 2 millions de commerces et résidences ont éteint leurs lumières une heure durant - l'Heure de la Terre - en envoyant un message clair au gouvernement australien : lutter contre les changements climatiques, c'est possible !

Le 29 mars 2008 à 20 h, l'Heure de la Terre va se célébrer partout sur la planète. Plusieurs villes et métropoles, dont Bangkok, Chicago, Copenhague, Dublin, Ottawa, San Francisco, Sydney, Toronto, Vancouver et Montréal, vont prendre position contre la menace la plus grave à l'heure actuelle : le réchauffement global. Des millions de personnes à travers le globe feront front commun pour passer ce message (voir le communiqué de la Ville de Montréal pour annoncer l'événement).

Quand : samedi, le 29 mars 2008 à 20 h.
Où : Là où vous serez, peu importe où
Quoi : éteindre les lumières pendant une heure
Ce que vous pouvez faire :

  • Convaincre votre municipalité à participer
  • Convaincre votre entreprise à s'inscrire parmi les compagnies participantes
  • Organiser des événements « l'Heure de la Terre » dans votre quartier, dans votre école, au travail, dans votre immeuble
  • Convaincre les restaurants où vous mangez et les commerces où vous magasinez de participer à l'Heure de la Terre
  • Passer le mot !

N'est-ce-pas ?

8. oui je le veux

Pour le meilleur et pour le pire. Je vous présente mon nouvel ordi.




La chanson. Le coup de l'enveloppe de courrier interne brune avec la cordelette rouge que j'entortille cinquante fois alentour des petits cercles, et les centaines de noms que j'ai mille fois graffitiés dessus. belles trouvailles. beau flash. Toutes ces enveloppes quand elles sont pleines de noms et vides de littérature grise à transporter, on en fait quoi ? Toujours rêvé de les collectionner pour en faire une sculpture géante plate et légère qui j'irais coller avec de la colle faite d'eau et de farine cuite sur des rochers en Gaspésie, aux Îles de la Madeleine, au Îles Caïmans et aux Îles Galapagos et sur toutes les autres Îsles avec des rochers escarpés et de oiseaux qui pondent des petits oeufs bleus picotés rose.

Sans chercher à me justifier, j'explique et justifie par le fait même et à mon insu ma folle dépense.

Argument 1. J'ai un deuil de bottines mallarméennes à faire et ce n'est pas rien ;
Argument 2. Je travaille bien. beaucoup. trop. souffert. Je l'ai mérité. le meilleur ;
Argument 3. J'en ai be.soin ;
Argument 4. Y'est beau. bon. capab. on le sait ;
Argument 5. La chanson. Fait craquer, mais c'est pas pour cette raison que... lui... et la la la la la la la... ;
Argument 6. Il est mince et je l'aime ;
Argument 7. Il n'est pas lourd. ne pèse pas. j'épouse sa légèreté qui m'apesantira. j'abolirai le mal au dos de traîner mon vieux portable de trois mille briques ;
Argument 8. Ça fait cent trois ans que j'en veux un.
Argument 9. Je l'aime. il sait qu'il me plaît. avec lui je peux faire. dire ce que je veux.
Argument 10. Mon mac c'est lui. pour le meilleur et pour le pire.
Argument 11. Je sais compter jusqu'à onze.

Emma Bovary, ne sortez pas de ce corps.

and separates the widow from the bride



C'était hier soir. J'ai passé plusieurs heures devant l'écran à regarder ce film. Non, pas The Doctor and Rose. Non. J'ai revu Retour à Cold Mountain pour la troisième fois, pour rester attachée à mon fauteuil jusqu'à la chanson de la fin. La ultima.

fonds6.jpg

J'ai patiemment regardé défiler tout le générique jusqu'à The Scarlet Tide. De Elvis Costello et Henri Burnett interprétée par Alison Krauss. Envoûtante, mmm. J'ai cherché puis acheté la toune sur Itounes (0.99 cents, hé) et je l'ai écoutée en boucle une partie de la matinée au soleil et dans la neige fondante, et ensuite j'ai fureté sur youtube jusqu'à ce que je découvre ce petit bijou. Avec des images de Rose and The Doctor (who ?). And separates the widow from the bride

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mon te deum

Ce ne sont des victoires
que je chante
je n'en ai pas,
mais le soleil qui brille pour tous,
la brise,
les largesses du printemps.

Non la victoire,
mais le travail quotidien accompli
du mieux que je pouvais ;
non un siège sur l'estrade,
mais à la table commune.

[Reznikoff, Te Deum]

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