Archives la vie matérielle: septembre 2008
Eh oui. Retour à la case départ. La case go une fois de plus. Mais sans mettre la main sur les 200 dollars du jeu. L'autre jour c'était une lettre de l'impôt qui m'a tirée au sort pour une vérification de l'année 2005. J'ai pataugé dans mes vieux papiers pendant deux jours, fait faire des photocopies et je leur ai posté le tout. Pas de réponse. Ma vie ressemble de plus en plus à un jeu de monopoly dans lequel je perds plus que je ne gagne lorsque l'acheteur de la maison avenue ventnor ventrenoir décide de passer son chemin. Va pas acheter ma maison, finalement. Peut-être au mois de juin 2009. Never. Si c'est pas maintenant ce sera jamais. Déception. Ça fait un mois que je me préparais mentalement à partir d'ici le premier novembre et puis plouc. Je reste. Va falloir que j'apprenne à vivre autrement. Que j'aille plus souvent à Montréal. Surtout, me discipliner pour le travail, arrêter de faire des journées de huit et neuf heures sans prendre le temps de manger le midi. Aujourd'hui je me sentais un peu malade, nausées et frissons, quelque chose comme un rhume ou une allergie, il faisait un froid de loup dans la maison, gelée blanche dehors. J'ai pris congé. Par chance, le mercure a remonté un peu et cet après-midi il fait beau soleil. Je ne me poserai même pas la question qu'est-ce que je fais maintenant. Je vais le faire. Passer un autre hiver. C'est le temps de récolter les pommes de terre, bientôt les carottes et les raisins. Les prunes sont mûres. Faire d'autres pots de confitures et de liqueurs avec les petits fruits sauvages. Rouges. Tout cela me donne furieusement envie de changer le design du journal. Encore. Failli ne pas me rendre compte qu'il a huit ans aujourd'hui. Oserai-je entamer un neuvième volume tout de suite ou attendre janvier 2009 ? Je n'écris plus beaucoup, seulement 47 pages depuis janvier. C'est pas une grosse moyenne au bâton comme diraient les sportifs de salon. Tiens, je vais aller nous chercher un gâteau d'anniversaire genre gif animé full kitsch. Et vous remercier tous qui lisez, de près ou de loin. Love.
Oups. Y manque une bougie.
La maison n'est pas encore vendue, il y a eu quelques visites. À chaque fois ça me brise un peu le coeur. Ne pas oublier que je pars pour enfin m'autoriser à l'écriture à plein temps. Ne traîner avec moi aucuns regrets. J'essaie.
Je vendrai cette maison que j'aime. Peut-être je n'ai pas de coeur. Négociations en cours sur le prix et autres détails. J'attends des nouvelles en début de semaine.
J'ai accepté un autre contrat [que je peux annuler à deux semaines d'avis]. Eh oui, je travaille encore pour gagner des sous. Mêm si ce n'est que deux et des fois trois jours par semaine, ce n'est pas bon du tout pour ma santé mentale, je sais. Le soir, quand je rentre, c'est la grosse angoisse noire et mauve. Je mange. Je m'assois et végète devant les insignifiants qui s'agitent à la télé. Je me couche. Je dors. Les jours de congé, je ne lis pas et n'écris pas, ou si peu. Je m'accroche pour survivre. J'ai appris que ma grande soeur se paie le luxe d'un cancer généralisé. Qu'elle fait le voyage souffrant et sans retour de la chimiothérapie juste pour prolonger ses jours. Je ne comprends pas. Si cela m'arrivait à moi, je crois que je me coucherais et que j'attendrais la mort.
De temps en temps, tôt le matin, j'ouvre mon manuscrit et je relis les premières pages. Je les ai peaufinées jusqu'à la page ving-trois trente-six. Il ne faut pas que je perde courage, c'est ce que je me dis chaque matin en buvant le café jamais assez bouillant, en mangeant les tartines jamais assez dégoulinantes de beurre et de confitures.
J'aimerais savoir où je vais aller habiter sans désirer un endroit en particulier. Comme s'il fallait que cela me tombe du ciel.
Hier je suis allée acheter des bacs pour entreposer et transporter facilement les légumes du jardin quand je vais partir d'ici. En passant dans ce magasin où ils vendent de tout, j'ai trouvé un beau petit tapis de bain ovale réversible vert avocat cent pour cent coton. Fabriqué en Inde. Avec une notice d'entretien en anglais et en français. Et vive le bilinguisme.
La version anglaise : Machine wash separately in cold water. Use mild detergent. Do not bleach or dry clean. Rinse thoroughly in cold water. Tumble dry low or line dry. Remove rug from dryer and shake well while damp. Keep away from flame.
La traduction [j'ai rien changé, juré] : La machine se lave séparément dans l'eau froide, l'Usage détergent doux. Ne pas blanchir ou sécher propre. Rincer à fond dans l'eau froide. La chute sèche le niveau bas ou la ligne sèche. Enlève le tapis de plus sec et lasecousse pendant qu'étouffe bien. Éviter la flamme.
Si la vie n'était pas si drôle, j'en pleurerais. Dire qu'il y a des grandes pouètesses qui se bourrent les veines d'inspiration avec des [en termes scientifiques] substances susceptibles de modifier une ou plusieurs fonctions physiologiques ou psychiques - comportements, pensées, émotions, humeur... et pouvant entraîner une dépendance physique ou psychologique, pour trouver des formulations aussi suintantes... Bref, faut le lire pour le croire.
Si la vie était pas si belle il faudrait l'inventer. J'écoute Espace musique. À l'instant, François Dompierre fait jouer That's amore. Qui dit mieux ? Je cours chez ioutioube. Voilà. C'est complet. Bonne journée de la paix. Et dansons avec la lune pendant qu'étouffe bien la pizza tarte, les coeurs vont jouer tippy-tippy-tay, tippy-tippy tay comme une tarentelle gay.
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