Archives la question du journal: mars 2008

12. décalage horaire

J'ai un retard d'une semaine à rattraper. Cette photo, je l'ai prise samedi dernier, rue Foucher. Mais en regardant dehors ce matin, je me suis dit que je pourrais en faire une presque pareille. Même petite neige folle qui s'est déposée en occupant le moindre espace libre, en s'accrochant et se liant à tout le reste. Du blanc comme du sucre en poudre tamisé sur un gâteau des anges.

2008.03.08_ruefoucher.jpg

Je crois avoir eu une bonne idée pour tenir ma promesse d'écrire tous les jours. Aujourd'hui, j'écrirai la page du 9 mars et celle du 16. Demain je ferai pareil pour les deux lundis et ainsi de suite jusqu'à samedi prochain, samedi saint, jour où je serai à jour parce qu'ayant vaincu mon vilain décalage horaire.

Je sais qu'avec un peu de persévérance sinon d'entêtement, et avec tous les encouragements que je reçois, surtout, et merci de m'écrire, je reprendrai le fil joyeux et inspiré de mon journal en ligne formerly known as a blog. On se remettra pas à chiquer la guénille terminologique même si ça me tente encore un peu des fois parce qu'y a des mots que j'aime pas, j'ai beau essayer, je m'habitue pas. Le mot blog en est un. À cause du son glog, peut-être, ok j'arrête.

Pour en revenir à samedi et dimanche dernier, je me suis levée sur la rue Foucher, de bonne humeur, bien dormi. En grande forme. Le soir, la tempête faisait ravages et raffales, les rues n'étaient que peu ou pas déneigées. Mais j'avais réservé une table Au pied du de cochon pour fêter deux jours à l'avance l'anniversaire de mon Renaud, alias Éloi, alias Arthur (pour ne nommer que ses premiers alias). Alors je suis passée le prendre chez lui avec sa chérie et on est descendus en se laissant rouler tout doucement et en rigolant jusqu'à la rue Duluth, ne voyant rien d'autre que du blanc, les vitres embuées tout le tour. Failli écraser quelques pieds et des bicyclettes enlisées. Ce fut une grande bouffe pour un dîner d'anniversaire intime, mais heureux.

Il n'est pas encore dix heures du matin et c'est dimanche, 16 mars. La neige tombe encore, épaisse. J'ai des choses à faire : mon lit, aller chercher des buches, alimenter le feu, prendre une douche, manger un demi pamplemousse, écrire à Mario et plus tard, revenir au journal pour finir de mettre dimanche passé sur papier.

Je cherche une façon d'écrire un journal en ligne qui serait quotidienne, ferait partie de mes activités de tous les jours comme les repas que je prends matin, midi et soir, comme les nuits de huit à dix heures de bon sommeil dont j'ai besoin pour me tenir en forme, comme les randonnées en raquette quand le vent ne charrie pas trop fort la neige folle et que je n'y vois rien devant, comme la douche chaude vaporeuse du matin, comme mes journées de travail de sept heures, cinq jours par semaine, qui se trouvent encore à mon horaire jusqu'au 31 mars. Écrire tous les jours, j'en ai envie. J'y pense et je ne le fais pas. J'essaie juste de comprendre pourquoi je me prive de cela [aussi]. Je travaille moins à mon livre, normal. Et ça, je sais pourquoi. Manque de concentration pour la fiction. Mais la réalité, la vie de tous les jours, je devrais pouvoir la déposer ici. Me semble que ça ferait du bien. Pour alléger, et peut-être trouver, en les écrivant, des réponses à toutes les questions laissées en suspens. Ou juste d'autres questions.

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mon te deum

Ce ne sont des victoires
que je chante
je n'en ai pas,
mais le soleil qui brille pour tous,
la brise,
les largesses du printemps.

Non la victoire,
mais le travail quotidien accompli
du mieux que je pouvais ;
non un siège sur l'estrade,
mais à la table commune.

[Reznikoff, Te Deum]

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