Récemment dans la catégorie écrire

26. c'est dimanche, il pleut

pour moi, écrire c'est aimer et désirer. faire mon miel de tout, y compris des chagrins et des misères. des fleurs et du labeur. d'un thé vert, d'un bain bouillant. d'un amour qui meurt sans perdre sa voluptueuse mémoire.

c'est dimanche, il pleut. jeu : deux fragments d'art intime à l'heure. il est midi et demie et des poussières. à tout à l'heure, treize heures trente, pour deux autres.

2008.06.15_lafavorite_fragment.jpg

elle aimait à faire étriver son chat avec un rameau d'olivier. distraitement.

il lui était arrivé de tomber amoureuse d'une histoire plus que d'un être. l'homme comme désintégré par la scène qu'il avait créée pour se l'attirer.

2008.06.15_myosotis_fragment.jpg

il reste du saumon d'hier, je pourrais le manger froid. dans sa gelée.

la tiède et subtile mélancolie du jour faisait son oeuvre en elle. je ne peux plus vivre dans la tristesse avait-elle pensé. demain, elle irait jusqu'au fleuve.

*

même dans la pureté nue d'une phrase abstraite, quelque chose se profile. en filigrane.

après l'averse, couleurs et parfums s'épaississent, se densifient. après l'averse, elle dort dans les circonvolutions de l'âme.

*

encore et toujours, épaissir et préciser le cahier de charges. envie de composer un grand mâchicoulis littéraire.

un mâchicoulis érigé à l'incohérence autobiographique du monologue intérieur. avec plusieurs petits romans en désordre dedans et une mise en abîme au milieu. une sorte d'uroborus rouge et noir.

uroboros.png

22. pendant propos

Et enfanta aussi légèrement que la brebis son agneau, sans rupture ni grands efforts. Même le nouveau-né se trouva recueilli par un oiseau qui d'une aile faisait sa couche et de l'autre l'éventait.

un journal personnel, vraiment de soi, c'est toute une tragédie. ça prend plus que des tripes et du coeur pour le mener à son terme. quand arrivent les doutes et la peur, tu t'en rends compte assez vite. y'a plus personne de vivant

quelques empreintes dérobées au temps, par grands morceaux. cela peut devenir une matière pesante et puante et totalement inerte. une puissante force à t'immobiliser. rien ne bouge. et puis d'un seul coup ça se met à débouler. le jeu du je se précipite. tu t'abîmes, plonge dans un état dangereux. agnelage dans les ronces au fond d'un précipice

il ne s'agit pas de déréliction, ou d'errances. loin du mépris et de ses soeurs les envies. dégoût viscéral pour l'épidémie galopante de se vendre. juste incapable du moindre cabotinage pour semer et récolter du commentaire des petits z'amis virtuels. il s'agit d'habiter le siège réservé à son être. dire oui à son histoire. la vivre là où elle se manifeste têtue. être sagesse et maîtresse du seul trône de soi. accepter que la mienne vie n'en soit pas une de perdue mais mille et une disséminées au travers celle des autres. une qui résumerait et enfermerait en elle seule l'univers et tout le reste. si je l'écris

ne livrant jamais de soi que de tout petits fragments décevants. à la limite de l'indéchiffrable, mais heureux. jubilatoires et aimants. aux antipodes de la vengeance et du ressentiment. avec des fleurs et des oiseaux. des miriades d'étoiles

[L'épigraphe est de Victor Segalen, in Stèles : « Éloge d'une vierge occidentale »]

5. sans presque aucun répit

Ma vie n'est pas facile, vous n'avez pas idée. Il y a des jours, je traverse des forêts de lumières et d'étoiles et je voyage légère et pelucheuse, je glisse et roule et déambule dans et parmi le monde et les choses et je chanterais la vie est belle si je savais chanter et puis soudain je plonge dans un trou noir profond et la tempête me charrie dans les bancs de neige et je m'enfonce lourde et pesante et je remonte pour reprendre le chemin de l'errance sur le fleuve en canot d'écorce dans la marée écarlate je ne vois plus rien et je souffre tous feux éteints des angoisses de tous les diables, à froid, je brûle dans les cercles de l'enfer et puis un autre beau matin j'émerge de la nuit d'encre enfin et toute étonnée de me retrouver encore ancrée au creux de mon livre.
Il fait et le soleil me chauffe.
et la neige me blanche.
et la glace me craque.
j'écris.
te deum.
mener à son terme ce gros roman je travaille sans presque aucun répit depuis bientôt deux ans quand le printemps sera venu je le ferai en pleine lune blanche.
et je sais comment y croire,
le montrer,
le donner à lire.
ce jour sera un silencieux dimanche.
il n'y aura plus de guerres.
et je mettrai des roses blanc crème dans des vases de lait cru.
d'ici là j'ai amplement pain sur la planche.

À propos de cette archive

Cette page est une archive des billets récents dans la catégorie écrire.

côté jardins est la catégorie suivante.

Retrouvez le contenu récent sur l'index principal ou allez dans les archives pour retrouver tout le contenu du volume 8 (janvier 2008 à ce jour).

écrire: archives Mensuelles

notes et commentaires

après lecture, vous pouvez contribuer au journal en écrivant un mot, il suffit de cliquer sur le lien en bas de page. le bidule fait la job pour éliminer le spam. et moi je m'engage à ne rien censurer, à vous de mesurer ou démesurer. c'est comme vous voulez. je réponds/réagis quand je suis en ligne. c'est pas souvent ces temps-ci, snif.

mon te deum

Ce ne sont des victoires
que je chante
je n'en ai pas,
mais le soleil qui brille pour tous,
la brise,
les largesses du printemps.

Non la victoire,
mais le travail quotidien accompli
du mieux que je pouvais ;
non un siège sur l'estrade,
mais à la table commune.

[Reznikoff, Te Deum]

&...

miscellanées

recherche

méli-méliens