Archives annie: juin 2008
Peut-être juste parce que réconfort après décision de voyager léger. Ou bedon je m'en enlevais de sur les épaules, acceptais que tu m'arrives. Ou bedon je ployais encore un peu plus sous le fardeau de la précarité et de l'isolement, du manque affectif, physique et intellectuel, littéraire et culturel aussi. Quoi qu'il en soit, je pense à demain et je suis soulagée. Et triste un peu. C'est ainsi que j'arrive à toi. Ça va passer. Si j'avance par en avant, c'est pour me mettre dans une meilleure situation, avoir ce qu'il me faut pour être capable de continuer à faire mon miel avec ce qui me tombe du ciel. Escale obligée en la poésie de La source, chanson du grand Gilles :
La source qui fait le ruisseau / N'en demande pas son salaire / La source qui fait le ruisseau / La source ne vend pas son eau
Le ruisseau d'entre les cailloux / Le ruisseau qui fait la rivière / Qui donne à boire au lièvre, au loup / Ne leur demande rien du tout
Et c'est ainsi que tu m'arrives / C'est ainsi que j'arrive à toi
La rivière qui va rêvant / D'avoir son dos plein de navires / Comme le fleuve au loin devant / La rivière coule en rêvant
Le fleuve accueille les poissons / Et la marée, et les épaves / Les oiseaux et les vents qui sont / Les capitaines des saisons
Et c'est ainsi que tu m'arrives / C'est ainsi que j'arrive à toi
Et la mer met son grain de sel / Et ses berceaux, et ses tempêtes / Comme une abeille fait son miel / De tout ce qui tombe du ciel
Écume, embruns, brume et brouillard / C'est de vous que ma source est faite / Écume, embruns, brume et brouillard / Et de vos nuages fuyards
Et c'est ainsi que tout arrive / C'est ainsi que je meurs en toi / Et c'est ainsi que tout m'arrive / C'est ainsi que j'espère en moi...
La source qui fait le ruisseau / Ne demande pas son salaire / La source qui fait le ruisseau / Ma source ne vend pas son eau
J'ai pris deux semaines de vacances. J'en avais grand besoin. J'ai passé du temps à Montréal. Reçu de la belle visite ici, et lu un peu. Malheureusement, il a plu deux jours sur trois.
Habituellement, j'aime bien la pluie. Sauf que les jours où j'étais seule, j'avais des envies furieuses de jardinage et j'ai dû rester en dedans et ronger mon os. J'ai fait quatre pots de confitures de rhubarbe-fraises et quatre de framboises.
Encore un dimanche de pluie à dominance gris mais bien beau pareil. J'ai entrepris le grand inventaire de mes vêtements. Je veux me corriger, me délester, me guérir de garder tout. Vieux vestons démodés, jupes et chandails d'un autre siècle. Même les chaussettes orphelines ou les encore en paire avec une de trouée [mais comme il y en a tout de même une de bonne et que je les aimais tant, je ne me résigne pas à m'en séparer] même chose pour les bobettes aux élastiques béants - que je ne porte plus bien évidemment [mais comment me résigner à jeter les vestiges de si jolis et doux tissus et couleurs et dentelles].
C'est ainsi que, par manque de goût pour faire le vide, le plein de trucs inutilisables se crée et s'installe à demeure, jusqu'à ce qu'une pagaille folle envahisse tout et que je n'aie plus de place pour le reste dans les tiroirs et sur les tablettes de la grande armoire en pin que j'ai achetée lorsque j'ai emménagé dans cette maison.
J'ai donc pris une grande respiration, et une décision : ouvrir portes et tiroirs et ramasser ce joyeux butin pour le placer sur mon lit. Restera plus qu'à faire quatre paquets : 1) jeter/recycler [je ne sais même pas si on peut mettre les vêtements dans le bac à recyclage, la honte, je cours me renseigner...], 2) donner, 3) garder. Et puis quand j'aurai fini, attaquer les paniers à linge qui débordent.
pour moi, écrire c'est aimer et désirer. faire mon miel de tout, y compris des chagrins et des misères. des fleurs et du labeur. d'un thé vert, d'un bain bouillant. d'un amour qui meurt sans perdre sa voluptueuse mémoire.
c'est dimanche, il pleut. jeu : deux fragments d'art intime à l'heure. il est midi et demie et des poussières. à tout à l'heure, treize heures trente, pour deux autres.
elle aimait à faire étriver son chat avec un rameau d'olivier. distraitement.
il lui était arrivé de tomber amoureuse d'une histoire plus que d'un être. l'homme comme désintégré par la scène qu'il avait créée pour se l'attirer.
il reste du saumon d'hier, je pourrais le manger froid. dans sa gelée.
la tiède et subtile mélancolie du jour faisait son oeuvre en elle. je ne peux plus vivre dans la tristesse avait-elle pensé. demain, elle irait jusqu'au fleuve.
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même dans la pureté nue d'une phrase abstraite, quelque chose se profile. en filigrane.
après l'averse, couleurs et parfums s'épaississent, se densifient. après l'averse, elle dort dans les circonvolutions de l'âme.
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encore et toujours, épaissir et préciser le cahier de charges. envie de composer un grand mâchicoulis littéraire.
un mâchicoulis érigé à l'incohérence autobiographique du monologue intérieur. avec plusieurs petits romans en désordre dedans et une mise en abîme au milieu. une sorte d'uroborus rouge et noir.
La dame qui vit de l'autre côté de la rue, ma voisine véra, a vu un siffleux chez moi. Pas directement chez moi, mais il a traversé tout le terrain derrière la maison et il a descendu jusqu'à la rue et elle dit qu'il a mis ses pattes sur sa clôture à elle et qu'il a grogné en montrant les dents d'un air menaçant.
Son fils pi m'a raconté cette histoire en spécifiant bien ceci : votre chat est mieux de pas aller dans le tas de roches là-bas parce que c'est là que le siffleux a fait son trou. C'est là qu'il est, dans son trou de siffleux, pis on a vu votre chat se promener par là, il y va souvent avec le chat blanc de monsieur do, vous savez, et s'il se fait mordre il va attraper la rage. Vaudrait mieux pas qu'il aille se promener par là. Et le siffleux pourrait même le manger, c'est gros un siffleux.
Je dis à pi, c'est quoi un siffleux ? Un chat sauvage ? Une marmote ? pi dit je le sais pas. Moi : mon chat, ben c'est un chat. Il va où il veut. Penses-tu que je peux lui défendre d'aller par là en disant vas-y pas minou tu vas te faire attaquer par un siffleux ? Pour lui, les interdictions et les défense de et tout ça, ça veut rien dire. Il s'en fiche de ce que je peux lui dire, il va où il veut et j'ai aucun contrôle là-dessus.
Pi : oui, je sais, mais en tout cas y'a un gros siffleux et c'est dangereux pour votre chat. Moi : faudrait d'abord que je sache c'est quoi un siffleux et pourquoi c'est dangereux. Peut-être juste une pauvre bête qui a faim.
Quelques jours plus tard c'est dimanche matin. Il pleut depuis vendredi soir. Résultats d'une rapide recherche via google :
1/ le premier lien en liste, bestioles.ca explique : La marmotte est communément appelée Siffleux, à cause de son sifflet strident qui lui sert à avertir d'un danger. Elle fait partie des animaux rongeurs au même titre que la souris, le rat, l'écureuil etc... Son corps est trapu, elle a de petites oreilles, et à ses pattes des griffes très puissantes et aussi coupantes que des ciseaux.
2/ ensuite, 2e lien, le mot siffleux renvoie à marmotte, - l'encyclopédie canadienne : La marmotte est un grand RONGEUR diurne qui creuse des terriers. Les marmottes font partie de la famille des ÉCUREUILS et sont indigènes en Eurasie et en Amérique du Nord. Elles sont rondelettes et trapues, pèsent entre 2 et 9 km [sic], ont une fourrure épaisse, une queue courte et touffue et de petites oreilles. Jolie coquille, une marmotte de 9 kilomètres ! Arf.
Et qui mange même pas de viande. Le gros siffleux c'est une marmotte. Juste un gros écureuil qui chipe des légumes dans les jardins et qui dort toute la journée. J'en ai vu une l'an passé, près de la source. J'avais même réussi à la prendre en photo et écrit une petite page de journal parce que j'étais trop contente. Non, ça fait deux ans de ça. Déjà. Je fouille et je copie colle l'image. Mais d'abord un lien vers la page du 25 avril 2006. L'image était un peu sur-exposée.
3/ Suite et fin de la recherche : des trucs sur la chasse aux siffleux, un repas de siffleux, et aussi un joli diaporama.