Archives annie: mars 2008

14. une heure pour la terre

Ce soir à 20 heures, j'éteins les lumières. Plus. Je coupe le courant et plus rien ne fonctionnera, rien. Même pas l'ordi, ni la radio, ni le frigo, ni tout le reste. J'allumerai des bougies. Et je donnerai une heure pour ma terre mère ma terre amante.

L'information m'est arrivée par email avec la mention « passer le mot ». D'habitude, je suis plutôt rebelle aux consignes de ce genre et je les ignore, me disant que je n'ai pas à transporter toutes les bonnes causes [que l'on trouve bonnes pour moi ou que moi je trouve bonnes] et que chacun fera bien ce qu'il veut, où et quand il le veut pour s'informer, agir ou pas.

Mais ce matin, un je ne sais quoi dans cette missive m'a empêchée de l'ignorer, et donné envie de faire ma petite part. Alors au lieu de transmettre le courriel en question à la poubelle ou à tout mon carnet d'adresses, j'ai songé à le publier dans mon cher journal, qui risque de toucher beaucoup plus de monde et de faire ricochets plus loin sur la douce et violente planète que nous voulons sauver en la détruisant chaque jour un peu plus, sans le vouloir.

J'ai pris un peu de temps pour m'informer des « Heures de la Terre » qui auront lieu à travers le monde sur le site www.earthour.org et ailleurs. Voyez ce document :

Et le contenu du message en question :

Samedi 29 mars - Toutes lumières éteintes pour la planète

Comme chaque année, c'est l'Heure de la Terre (Earth Hour). Le 29 mars 2008, à 20 h, heure de l'Est, le Fond mondial pour la nature vous invite à éteindre pendant 60 minutes vos lumières et faire comme des millions de personnes partout sur la planète qui veulent ainsi signifier toute l'importance de la lutte aux changements climatiques. La grande nouveauté est que cette année, Montréal s'ajoute officiellement aux villes participantes.

Le 31mars 2007 à Sydney en Australie, à l'initiative du Fond mondial pour la nature, plus de 2 millions de commerces et résidences ont éteint leurs lumières une heure durant - l'Heure de la Terre - en envoyant un message clair au gouvernement australien : lutter contre les changements climatiques, c'est possible !

Le 29 mars 2008 à 20 h, l'Heure de la Terre va se célébrer partout sur la planète. Plusieurs villes et métropoles, dont Bangkok, Chicago, Copenhague, Dublin, Ottawa, San Francisco, Sydney, Toronto, Vancouver et Montréal, vont prendre position contre la menace la plus grave à l'heure actuelle : le réchauffement global. Des millions de personnes à travers le globe feront front commun pour passer ce message (voir le communiqué de la Ville de Montréal pour annoncer l'événement).

Quand : samedi, le 29 mars 2008 à 20 h.
Où : Là où vous serez, peu importe où
Quoi : éteindre les lumières pendant une heure
Ce que vous pouvez faire :

  • Convaincre votre municipalité à participer
  • Convaincre votre entreprise à s'inscrire parmi les compagnies participantes
  • Organiser des événements « l'Heure de la Terre » dans votre quartier, dans votre école, au travail, dans votre immeuble
  • Convaincre les restaurants où vous mangez et les commerces où vous magasinez de participer à l'Heure de la Terre
  • Passer le mot !

N'est-ce-pas ?

Ils ont dit que c'était le printemps. Il neige tout le temps. Avec des grands vents. Et j'attends.

Vendredi matin. Je lis un peu de Prévert. Et si j'essayais de « peindre un oiseau » est-ce que l'oiseau s'envolerait, que ça marcherait, que je signerais ? Et si je recopiais les « Grifouilis dans le fouillis gris », extrait de Soleil de nuit, je dirais que des fois... :

La douleur
des fois c'est à vomir, trop à voir, à ressentir,
des haut-le-cœur.
Mais les amibes de nos amis sont nos amibes, et
quand ceux que j'aime s'abîment et tombent
dans leurs petits abîmes, avec eux je tombe
et j'ai peur de les perdre,
c'est toujours pareil, un beau jour de
calendrier, il y a eu quelque chose
de cassé,
aucune vitre ne me reste tellement elle
a été brisée, qui, la vitre,
quelle vitre, quelle huître,
le vitrier est un ouvrier,
l'huîtrier est un oiseau,
et les huîtriers du Congo tombent
de vertige des roseaux,
rien à faire quoi qu'on dise,
se taire,
je ne suis pas le aujourd'hui, je suis
le hier, et demain je
le refuse des deux mains.
Dès demain, j'essaierai
mais qu'est-ce que j'essaierai...

12. décalage horaire

J'ai un retard d'une semaine à rattraper. Cette photo, je l'ai prise samedi dernier, rue Foucher. Mais en regardant dehors ce matin, je me suis dit que je pourrais en faire une presque pareille. Même petite neige folle qui s'est déposée en occupant le moindre espace libre, en s'accrochant et se liant à tout le reste. Du blanc comme du sucre en poudre tamisé sur un gâteau des anges.

2008.03.08_ruefoucher.jpg

Je crois avoir eu une bonne idée pour tenir ma promesse d'écrire tous les jours. Aujourd'hui, j'écrirai la page du 9 mars et celle du 16. Demain je ferai pareil pour les deux lundis et ainsi de suite jusqu'à samedi prochain, samedi saint, jour où je serai à jour parce qu'ayant vaincu mon vilain décalage horaire.

Je sais qu'avec un peu de persévérance sinon d'entêtement, et avec tous les encouragements que je reçois, surtout, et merci de m'écrire, je reprendrai le fil joyeux et inspiré de mon journal en ligne formerly known as a blog. On se remettra pas à chiquer la guénille terminologique même si ça me tente encore un peu des fois parce qu'y a des mots que j'aime pas, j'ai beau essayer, je m'habitue pas. Le mot blog en est un. À cause du son glog, peut-être, ok j'arrête.

Pour en revenir à samedi et dimanche dernier, je me suis levée sur la rue Foucher, de bonne humeur, bien dormi. En grande forme. Le soir, la tempête faisait ravages et raffales, les rues n'étaient que peu ou pas déneigées. Mais j'avais réservé une table Au pied du de cochon pour fêter deux jours à l'avance l'anniversaire de mon Renaud, alias Éloi, alias Arthur (pour ne nommer que ses premiers alias). Alors je suis passée le prendre chez lui avec sa chérie et on est descendus en se laissant rouler tout doucement et en rigolant jusqu'à la rue Duluth, ne voyant rien d'autre que du blanc, les vitres embuées tout le tour. Failli écraser quelques pieds et des bicyclettes enlisées. Ce fut une grande bouffe pour un dîner d'anniversaire intime, mais heureux.

Il n'est pas encore dix heures du matin et c'est dimanche, 16 mars. La neige tombe encore, épaisse. J'ai des choses à faire : mon lit, aller chercher des buches, alimenter le feu, prendre une douche, manger un demi pamplemousse, écrire à Mario et plus tard, revenir au journal pour finir de mettre dimanche passé sur papier.

11. ironie suprême

À Montréal depuis hier après-midi. Oublié mes lunettes à la maison. En plus, oublié mes carnets et le cordon pour connecter mon nouvel ordi tout mince et léger. J'ai même oublié ma clé usb avec le grand roman du siècle en chantier dont je suis l'auteure manuscrit dessus u, uh, hu et avec ça toute ma poésie, i, ih, hi. Ironie, Ô ironie ma belle, irai-je jusqu'à m'échouer par ce cotonneux soleil du samedi matin, m'échouer dans un cyber café pour tenir mon journal en ligne tel qu'annoncé promis tous les jours [almost] hier ? Pas certaine. Trop à faire. Mais j'en aurais envie, on peut toujours grossir les caractères. Sauf que sans mes lunettes, je peux même pas lire mon Vandal Love. Livre que j'ai pris soin de placer en premier dans mon grand sac en cuir. Noir.

Je cherche une façon d'écrire un journal en ligne qui serait quotidienne, ferait partie de mes activités de tous les jours comme les repas que je prends matin, midi et soir, comme les nuits de huit à dix heures de bon sommeil dont j'ai besoin pour me tenir en forme, comme les randonnées en raquette quand le vent ne charrie pas trop fort la neige folle et que je n'y vois rien devant, comme la douche chaude vaporeuse du matin, comme mes journées de travail de sept heures, cinq jours par semaine, qui se trouvent encore à mon horaire jusqu'au 31 mars. Écrire tous les jours, j'en ai envie. J'y pense et je ne le fais pas. J'essaie juste de comprendre pourquoi je me prive de cela [aussi]. Je travaille moins à mon livre, normal. Et ça, je sais pourquoi. Manque de concentration pour la fiction. Mais la réalité, la vie de tous les jours, je devrais pouvoir la déposer ici. Me semble que ça ferait du bien. Pour alléger, et peut-être trouver, en les écrivant, des réponses à toutes les questions laissées en suspens. Ou juste d'autres questions.

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notes et commentaires

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mon te deum

Ce ne sont des victoires
que je chante
je n'en ai pas,
mais le soleil qui brille pour tous,
la brise,
les largesses du printemps.

Non la victoire,
mais le travail quotidien accompli
du mieux que je pouvais ;
non un siège sur l'estrade,
mais à la table commune.

[Reznikoff, Te Deum]

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