54. les voix

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J'essaie de concilier travail pour gagner mon pain et travail d'écriture. Je manque de temps et de liberté, oui. J'essaie de ne pas sacrifier le journal au profit du roman en chantier. Je l'ai déjà écrit, je progresse très lentement. Un peu plus de cent dix pages avec un titre temporaire pas beau. Et il manque autant de pages pour que l'histoire en question soit digne du nom avec un commencement, une fin et une grosse tarte aux pommes pour se faire plaisir au milieu [je simplifie, pour l'image]. Autant dire qu'il me reste une autre année de dur labeur. Sauf que j'aime ça à la folie et je sais que je vais en voir l'aboutissement. Que je ferai tout pour que le livre soit publié et lu. Qu'on sera content de le lire. Que j'aurai en même temps créé une forme, pas juste un petit roman arlequin ou une saga familiale plate comme il s'en est écrit mille et une. J'aime écrire. Travailler le matériau, fouiller l'imaginaire. Quand Elle me demande pourquoi j'écris, je dis n'importe quoi. Je dis pourquoi pas. Je lui parle des voix que j'entends tout le temps. La vérité est que j'ai ça dans la peau. C'est le désir. Le plus grand et le plus cher désir. Qui coûte cher. Très cher. Qui fait parfois, souvent, plus de mal que de bien. Toujours trop de voix qui veulent parler en même temps. YM m'a fortement conseillé l'été passé d'apprendre à les faire taire, sinon... Ce n'est pas que je fais ma têtue et que je ne réfléchis pas à comment taire la prétention des paroles folles en moi et autour de moi. C'est juste que je commence simplement à réaliser, et admettre que ces voix-là contaminent ma vision de ce qui est en train d'advenir, je vois comment elles prennent le récit en otage au fur et à mesure qu'il s'écrit. J'aurai peut-être à sacrifier une quarantaine de pages. Pas parce qu'elles sont nulles à chier, non, mais parce qu'elles sont de trop. Une manière de dent surnuméraire, une excroissance inutile qui, si je la laisse en place, fera pourrir tout le reste. Pas facile de sacrifier des bonnes pages. Mais quand elles n'ont pas d'affaire là, faut faire du ménage. Exit le papier contaminé. Ouf.

La vie continue. Le journal en ligne aussi, pas fort cette année. Les framboisiers produisent encore même si les feuilles ont été rongées par je ne sais quoi ou qui [le gel?]. Photo prise dans mon jardin le 5 octobre 2008. J'ai même cueilli de quoi faire une tarte. À la framboise.

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Cette page contient un billet unique publié le 6 octobre 2008 10h08.

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mon te deum

Ce ne sont des victoires
que je chante
je n'en ai pas,
mais le soleil qui brille pour tous,
la brise,
les largesses du printemps.

Non la victoire,
mais le travail quotidien accompli
du mieux que je pouvais ;
non un siège sur l'estrade,
mais à la table commune.

[Reznikoff, Te Deum]

marginalia

mise à jour : de gros changements en vue, enfin, pour ce journal. je suis en voie de me convertir à dotclear si, si. parce que le français. parce que la dernière version [2.0.2] est fabuleuse exactement ce qu'il me fallait la seule qui...

zen : il ne faut pas laisser les autres nous définir (dixit un moine bouddhiste)...

et tes chenilles ? : une grand ami m'écrit tout à l'heure. pour me demander qu'est-ce qui est arrivé à mes chenilles, où en est rendu mon projet de recherche commencé il y a quelques années. réponse fut faite. qui sera rendue publique très bientôt....

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