52. rêver à rien

C'est peut-être déjà l'automne, mais il y a encore beaucoup de verdures tout partout. Beaucoup à cueillir. Je ne passe pas une seule journée sans sortir marcher. Je monte la côte. On voit mieux d'en haut.

2008.10.03_foret1.jpg

Les petites fleurs blanches duveteuses sur la photo, je ne les cueille pas. Par ici, on les appelle des fleurs de coton. D'habitudes elles sont floues à cause du vent, hier, elles ont bien voulu faire les belles pour le journal. Ne pas avancer trop vite. Ça monte. Le coeur pompe. Penser à respirer.

2008.10.03_foret2.jpg

Mon banc de parc préféré. Un rocher accueillant, arrondi comme le dos d'une grosse baleine. Couvert de mousse d'un vert pâle qui n'existe pas. S'y poser, le temps de rêver à rien. Sortir un carnet. Des fois je m'allonge par terre pour faire une sieste bienheureuse au soleil. Au réveil, le monde change de forme. Il s'étire dans plein d'autres perspectives.

2008.10.03_foret6.jpg

Ça sent la fougère et la mousse mouillée, âcre, et les feuilles de bouleau jaune en décomposition. Arriver au petit boisé, marcher sur une branche. Crac.

2008.10.03_foret5.jpg

Il me vient des envies de prendre un fusil et de tirer sur des cannes de bines, de chasser le gibier à l'aube, d'attendre des heures pour attraper une perdrix, un lièvre ou un jeune chevreuil en plein coeur, faire des réserves pour l'hiver. C'est bien mystérieux ces envies-là puisque je mange de moins en moins de viande. J'en ai plus tellement besoin. Réflexe archaïque de survie, j'imagine.

2008.10.03_foret3.jpg

Comme chaque automne, silence en forêt pour pas faire peur aux animaux.

2008.10.03_foret4.jpg

Je scrute les sous-bois. Me surprends à penser : des fois que quelqu'un aurait fait pousser du pot par ici et que je tombe dessus. Sourire. J'en ferais quoi, vous pensez ? Pas question d'inhaler la petite fumée bleue. Ça risquerait de m'endormir pour trois siècles et quart.

2008.10.03_foret7.jpg

Et puis je sors du bois et je rentre par les sentiers parfumés traversant les terres de mes voisins. Je redescends la côte. Retraverse les champs de trèfles les yeux dans le fleuve en longeant les clôtures, les fossés et les ruisseaux. Les grands vents d'automne s'en viennent.

À propos de ce billet

Cette page contient un billet unique publié le 4 octobre 2008 17h11.

51. dan's words est le billet précédent.

53. permaculture est le billet suivant.

Retrouvez le contenu récent sur l'index principal ou allez dans les archives pour retrouver tout le contenu du volume 8 (janvier 2008 à ce jour).

mon te deum

Ce ne sont des victoires
que je chante
je n'en ai pas,
mais le soleil qui brille pour tous,
la brise,
les largesses du printemps.

Non la victoire,
mais le travail quotidien accompli
du mieux que je pouvais ;
non un siège sur l'estrade,
mais à la table commune.

[Reznikoff, Te Deum]

marginalia

mise à jour : de gros changements en vue, enfin, pour ce journal. je suis en voie de me convertir à dotclear si, si. parce que le français. parce que la dernière version [2.0.2] est fabuleuse exactement ce qu'il me fallait la seule qui...

zen : il ne faut pas laisser les autres nous définir (dixit un moine bouddhiste)...

et tes chenilles ? : une grand ami m'écrit tout à l'heure. pour me demander qu'est-ce qui est arrivé à mes chenilles, où en est rendu mon projet de recherche commencé il y a quelques années. réponse fut faite. qui sera rendue publique très bientôt....

recherche

méli-méliens