Archives septembre 2008

Voici un premier clip, élu parmi tous les autres diffusés sur UnissonsNosVoix.ca : Marcel Barbeau. Par reconnaissance. Par respect. Par devoir de mémoire. Et parce que le je m'ensouvienisme québécois l'a un peu courte.


Je retiens de ce message ce que je sentais déjà, qui me mettait dans un état de rage muette blanche, et que je n'arrivais pas à formuler posément : l'obscurantisme est revenu en force. Et il paraît augmenter au rythme où s'accroît l'apparente facilité des communications, avec le foisonnement d'informations la plupart du temps incohérentes et erronées sur le web et ailleurs dans les médias. Grossière erreur que de croire les gens trop bêtes pour penser par eux-mêmes. De croire qu'ils aiment se laisser influencer et berner. De chercher à restreindre les droits humains. De mépriser l'art et la culture.

L'obscurantisme occulté d'aujourd'hui sera encore plus difficile à dévoiler, dénoncer, refuser et combattre, sinon harponner [harponner harper, arf], qu'au temps des grandes noirceurs dont parle Barbeau, époque qui a conduit un petit groupe d'artistes vaillants et talentueux à prendre la parole. Qui a lu le Refus Global ?

Sources : j'ai appris l'existence de UnissonsNosVoix.ca en écoutant les informations de radio-can [tété].

Message de solidarité contesté. Qui dérange. Raison de plus pour l'essaimer.

L'avantage de me retrouver à la case départ, c'est de savoir exactement où j'en suis. Je paraphrase. Entendu quelque chose comme ça tomber de la bouche de Stanley Péan, qui citait je ne sais plus trop qui, je n'ai pas compris. Un livre, je crois. C'était à la radio, j'étais occupée à répondre à un commentaire sur le précédent billet. Justement au sujet de ma propre case départ d'hier ou d'un autre jour. Je n'ai saisi que cette phrase parmi d'autres. Que je cite sans doute de travers, comme si je l'avais détachée du discours. Perles échappées d'un collier.

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Reste plus qu'à enfiler les perles. Ouvrir la porte. Sortir dehors.

Petite promenade matinale au jardin. Avais-je oublié d'écrire au sujet de mes tournesols ? Heureusement que j'ai semé la variété naine. Mis aucun engrais, aucune forme d'amendement. Terre à peine retournée, sinon pas du tout. Eh bien ils sont plus grands que moi de quelques pieds. Des géants.

L'avantage de semer des tournesols, c'est de ne plus avoir besoin de mettre des mangeoires aux oiseaux. Ainsi, ils ne perdent pas le réflexe [ou l'habitude?] de travailler fort pour dénicher leur nourriture directement du producteur. Et ils demeurent capables de capter le signal quand il est temps de partir vers des régions plus chaudes lorsque les grands froids s'installent et que les réserves s'épuisent. Ou presque. Les nourrir artificiellement les affaiblit. Sauf en plein coeur de l'hiver, pour ceux qui vivent ici ou qui n'ont pu partir.

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Illusione. Bouquet de tournesols plus grands que la maison. Avec fenêtre du bureau de l'auteure [& qui d'autre], côté sud, 2e étage.

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Cette dernière photo, je l'ai prise il y a un mois. Ce sont les tournesols de ma voisine, devant la maison.

Au fond, ce n'est peut-être pas tant la maison qui m'empêche de partir, mais ce fleuve-là. Et mon petit lopin de terre par ici.

Eh oui. Retour à la case départ. La case go une fois de plus. Mais sans mettre la main sur les 200 dollars du jeu. L'autre jour c'était une lettre de l'impôt qui m'a tirée au sort pour une vérification de l'année 2005. J'ai pataugé dans mes vieux papiers pendant deux jours, fait faire des photocopies et je leur ai posté le tout. Pas de réponse. Ma vie ressemble de plus en plus à un jeu de monopoly dans lequel je perds plus que je ne gagne lorsque l'acheteur de la maison avenue ventnor ventrenoir décide de passer son chemin. Va pas acheter ma maison, finalement. Peut-être au mois de juin 2009. Never. Si c'est pas maintenant ce sera jamais. Déception. Ça fait un mois que je me préparais mentalement à partir d'ici le premier novembre et puis plouc. Je reste. Va falloir que j'apprenne à vivre autrement. Que j'aille plus souvent à Montréal. Surtout, me discipliner pour le travail, arrêter de faire des journées de huit et neuf heures sans prendre le temps de manger le midi. Aujourd'hui je me sentais un peu malade, nausées et frissons, quelque chose comme un rhume ou une allergie, il faisait un froid de loup dans la maison, gelée blanche dehors. J'ai pris congé. Par chance, le mercure a remonté un peu et cet après-midi il fait beau soleil. Je ne me poserai même pas la question qu'est-ce que je fais maintenant. Je vais le faire. Passer un autre hiver. C'est le temps de récolter les pommes de terre, bientôt les carottes et les raisins. Les prunes sont mûres. Faire d'autres pots de confitures et de liqueurs avec les petits fruits sauvages. Rouges. Tout cela me donne furieusement envie de changer le design du journal. Encore. Failli ne pas me rendre compte qu'il a huit ans aujourd'hui. Oserai-je entamer un neuvième volume tout de suite ou attendre janvier 2009 ? Je n'écris plus beaucoup, seulement 47 pages depuis janvier. C'est pas une grosse moyenne au bâton comme diraient les sportifs de salon. Tiens, je vais aller nous chercher un gâteau d'anniversaire genre gif animé full kitsch. Et vous remercier tous qui lisez, de près ou de loin. Love.

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Oups. Y manque une bougie.

La maison n'est pas encore vendue, il y a eu quelques visites. À chaque fois ça me brise un peu le coeur. Ne pas oublier que je pars pour enfin m'autoriser à l'écriture à plein temps. Ne traîner avec moi aucuns regrets. J'essaie.

Je vendrai cette maison que j'aime. Peut-être je n'ai pas de coeur. Négociations en cours sur le prix et autres détails. J'attends des nouvelles en début de semaine.

J'ai accepté un autre contrat [que je peux annuler à deux semaines d'avis]. Eh oui, je travaille encore pour gagner des sous. Mêm si ce n'est que deux et des fois trois jours par semaine, ce n'est pas bon du tout pour ma santé mentale, je sais. Le soir, quand je rentre, c'est la grosse angoisse noire et mauve. Je mange. Je m'assois et végète devant les insignifiants qui s'agitent à la télé. Je me couche. Je dors. Les jours de congé, je ne lis pas et n'écris pas, ou si peu. Je m'accroche pour survivre. J'ai appris que ma grande soeur se paie le luxe d'un cancer généralisé. Qu'elle fait le voyage souffrant et sans retour de la chimiothérapie juste pour prolonger ses jours. Je ne comprends pas. Si cela m'arrivait à moi, je crois que je me coucherais et que j'attendrais la mort.

De temps en temps, tôt le matin, j'ouvre mon manuscrit et je relis les premières pages. Je les ai peaufinées jusqu'à la page ving-trois trente-six. Il ne faut pas que je perde courage, c'est ce que je me dis chaque matin en buvant le café jamais assez bouillant, en mangeant les tartines jamais assez dégoulinantes de beurre et de confitures.

J'aimerais savoir où je vais aller habiter sans désirer un endroit en particulier. Comme s'il fallait que cela me tombe du ciel.

Hier je suis allée acheter des bacs pour entreposer et transporter facilement les légumes du jardin quand je vais partir d'ici. En passant dans ce magasin où ils vendent de tout, j'ai trouvé un beau petit tapis de bain ovale réversible vert avocat cent pour cent coton. Fabriqué en Inde. Avec une notice d'entretien en anglais et en français. Et vive le bilinguisme.

La version anglaise : Machine wash separately in cold water. Use mild detergent. Do not bleach or dry clean. Rinse thoroughly in cold water. Tumble dry low or line dry. Remove rug from dryer and shake well while damp. Keep away from flame.

La traduction [j'ai rien changé, juré] : La machine se lave séparément dans l'eau froide, l'Usage détergent doux. Ne pas blanchir ou sécher propre. Rincer à fond dans l'eau froide. La chute sèche le niveau bas ou la ligne sèche. Enlève le tapis de plus sec et lasecousse pendant qu'étouffe bien. Éviter la flamme.

Si la vie n'était pas si drôle, j'en pleurerais. Dire qu'il y a des grandes pouètesses qui se bourrent les veines d'inspiration avec des [en termes scientifiques] substances susceptibles de modifier une ou plusieurs fonctions physiologiques ou psychiques - comportements, pensées, émotions, humeur... et pouvant entraîner une dépendance physique ou psychologique, pour trouver des formulations aussi suintantes... Bref, faut le lire pour le croire.

Si la vie était pas si belle il faudrait l'inventer. J'écoute Espace musique. À l'instant, François Dompierre fait jouer That's amore. Qui dit mieux ? Je cours chez ioutioube. Voilà. C'est complet. Bonne journée de la paix. Et dansons avec la lune pendant qu'étouffe bien la pizza tarte, les coeurs vont jouer tippy-tippy-tay, tippy-tippy tay comme une tarentelle gay.

Pioché au Printemps des poètes. Libre de droits. Ce poème de Pablo Neruda :

Aujourd'hui combien d'heures tombent, tombent
dans le puits, dans la nasse, dans le temps :
elles sont lentes mais ne prennent de repos,
elles tombent, se rassemblant
au début comme des poissons,
puis comme des pierres lancées ou des bouteilles.
En bas, les heures
avec les jours s'entendent,
avec les mois,
avec les souvenirs fumeux,
avec des nuits désertes,
des femmes, des habits, des trains et des provinces,
le temps
s'accumule, et chaque heure
se dissout en silence,
s'effrite et choit
dans l'acide aux vestiges,
dans les eaux noires
dans la nuit sens dessus dessous.

Pablo Neruda. La rose détachée, traduction de Claude Couffon, Gallimard, 1979.

Matin au potager. Cueillette de tomates, courgettes et tout ce qui est mûr. Devinez qui mange mon persil ?

N'est-elle pas mignonne avec ses petits pois jaunes ? Serait-ce une petite cousine de nos chenilles diaristes qui veut participer au projet de recherche de Script et Lady A. ?

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Après avoir pris quelques photos de la belle, j'ai pris une brindille et j'ai essayé de la faire grimper dessus. Elle a alors levé la tête (le gros bout, sur la photo) vers moi et elle a sorti deux mignonnes antennes du jaune orange le plus éclatant qu'il m'a été donné de voir sur un animal.

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Il faudrait pouvoir tout lire.

Je ne lirai jamais assez. Jamais trop. Jamais tout. Cela m'attriste. Écrire c'est peut-être une perte de temps.

Une perte de temps qui donne mal au ventre.

Écrire ce n'est pas seulement gribouiller dans son coin en se pensant ben fin.

Écrire c'est d'abord lire. Lire et avoir la capacité doublée d'un grand et fort vouloir de donner l'écrit au monde, au plus de monde possible, malgré quelques impuretés et imperfections qu'on ne voit pas mais qui, on le soupçonne d'avance, s'y cachent sournoisement et nous reviendront en pleine figure dans quelques années ou grâce à la plume aiguisée d'un critique payé à la ligne.

Donner à lire au plus de monde possible, donc. Peut-être par pure envie de partager la jouissance d'avoir eu à l'écrire, ce damné livre qui vous a aussi fait damner et virer fous la moitié de vos proches incluant soi-même.

Et donner à lire au plus de monde possible, donc. Sans être obligé de se vendre l'âme, le corps, le cul pour publier un livre en papier_ autant que possible.

Et lire les vieux écrivains morts. Aujourd'hui, Baudelaire.

« La fameuse doctrine de l'indissolubilité du Beau, du Vrai et du Bien [cette doctrine fut professée par Victor Cousin de 1815 à 1821 et publiée par la suite] est une invention de la philosophaillerie moderne (étrange contagion, qui fait qu'en définissant la folie on en parle le jargon!). Les différents objets de la recherche spirituelle réclament des facultés qui leur sont éternellement appropriées ; quelquefois tel objet n'en réclame qu'une, quelquefois toutes ensemble, ce qui ne peut être que fort rare, et encore jamais à une dose ou à un degré égal. Encore faut-il remarquer que plus un objet réclame de facultés, moins il est noble et pur, plus il est complexe, plus il contient de bâtardise. Le Vrai sert de base et de but aux sciences ; il invoque surtout l'intellect pur. La pureté de style sera ici la bienvenue, mais la beauté de style peut y être considérée comme un élément de luxe. Le Bien est la base et but des recherches morales. Le Beau est l'unique ambition, le but exclusif du Goût. Bien que le Vrai soit le but de l'histoire, il y a une Muse de l'histoire, pour exprimer que quelques-unes de qualités nécessaires à l'historien relèvent de la Muse. Le Roman est un de ces genres complexes ou une part plus ou moins grande peut être faite tantôt au Vrai, tantôt au Beau. »

La suite est à lire. J'ai recopié ici un extrait de Théophile Gautier, de Charles Baudelaire. Paru le 13 mars 1859 dans l'Artiste, puis en plaquette chez Poulet-Malassis, précédé d'une lettre de Victor Hugo, du 6 octobre 1859 et qui contient les formules si souvent citées : « Vous dotez le ciel de l'art d'on ne sait quel rayon macabre. Vous créez un frisson nouveau. »

In Baudelaire, Oeuvres complètes, Seuil, 1970, pages 458-469.

J'aimerais continuer, mais j'ai trop mal au ventre.

Ah, mes chères petites chenilles sexy, comme j'ai du plaisir à les retrouver.

Prêts pour la suite ? Écrite le 16 mars 2001. Dans la joie.

30. Deuxième partie de la Table des matières des Nouveaux Entretiens de Script avec les deux Chenilles et cætera... (pourquoi ses titres sont-ils toujours aussi longs?)

Deuxième partie





1. Outils de mesure pour une observation rigoureuse des manifestations cliniques des états d'âme des chenilles grises poilues au repos [entre deux entrées de journal] : description et ventilation des variables directement ou faussement mathématiques et ethnobiologiques.

2. Éléments de réflexion pour l'amélioration et l'adaptation de la base de données PCPIP.LINEAXO, v.2.0.

3. Critique de la mesure qualitative et quantitative des différents modes d'émergence et de prolifération du sublime lors de la période d'incubation, prédiaristique.

4. Nouveau regard sur l'émergence et la prolifération du sublime lors de la période d'incubation prédiaristique et pendant la ponte, ou phases intensives de reproduction des différentes particules adénocholinergiques de la sève (communément appelées phases de copiage).

5. Analyse des différents axes et données recueillis par PCPIP.LINEAXO .

6. Constatations préliminaires sur l'étiologie et la prévalence génétique des pratiques onanistes aseptisées ayant cours chez les chenilles grises poilues : hédonisme ou néofreudisme décadent ?

7. Parcours mythologique : bases théoriques et conceptuelles.

8. Éros et Thanatos au seuil de l'émergence du sublime dans le diarisme virtuel non transmissible sexuellement (DVNTS).

9. Les chenilles poilues Miroir de soi, ou : Narcisse et l'onanisme aseptisé du DVNTS. Signalement des premiers cas de contamination. Signes et symptÔmës.

10. Fabrication d'un vaccin contre une possible épizootie du chat domestique des DV transmissible par fichiers attachés aux e-mails de réponse aux lecteurs. Les chenilles pas poilues recommandent de désinfecter soigneusement son écran et son clavier tous les jours ou plus simplement de le recouvrir d'un cellophane.

11. Recherche et prévention : Pour une meilleure définition des six principaux schèmes et pictogrammes narcissiques sous-jacents.

12. Recherche et prévention : Schèmes et pictogrammes visuels (gif, jpeg, bitmap, webcam et autres) des chenilles chauves ou poilues.

13. Recherche et prévention : Schèmes et pictogrammes auditifs (wav, midi, mp3,...) : chenilles chauves seulement.

14. Schèmes et pictogrammes subliminaux (les écrits entre les lignes, exposants, clignotants,flash, java et caetera) : toutes espèces confondues.

15. À titre de référence : Le questionnaire d'entrevue devant servir de guide aux 135 entretiens qui se dérouleront systématiquement les jours de pluie, à l'aube, durant la période du 21 mars au 21 juin 2001.

Fiou. J'ai terminé. Ne reste plus qu'à faire les entretiens et à écrire le satané bouquin.

Lady A. n'a pas pensé une minute à cet aspect de la question, mais je ne pourrai pas faire tout le travail toute seule. Je vais lui demander de faire vite et d'afficher bientôt des postes d'assistants de recherche (3), grâce à la généreuse subvention. Surveiller la rubrique Offres d'emploi.

Avec le reste de l'argent, je vais acheter le portable et les billets d'avion pour MON séjour en France, chez l'éminent Professeur Llalalakalioukiss Liu. Oui. Je parle de mon éminent professeur du Haut Conseil des Sciences et des Lumières de l'Université Les-algues-Sushi-les-bains. N'est-il pas mignon de me prêter sa maison pendant qu'il sera en vacances au Québec? Mais chut, faut pas le dire à Lady A., je m'en vais rejoindre Prospero [en juillet]. C'est un secret. Gnac, gnac.

Pour la suite d'hier :

Avant d'enchaîner avec ladite page du vendredi 16 mars [2001], signaler l'ajout en fin de journée hier d'une nouvelle WebCam, [n'est-elle pas magnifique?] pour le numéro 28, et de quelques papillons.point.gif, pour le mailto, cadeau de ma grande amie Lady L. qui s'enligne pour vivre ce printemps 2001 la pédale au plancher, pis pas à peu près. Voilà pour la genèse du geste.

[next]



Ce matin, à la demande générale, je terminerai la Table des matières de mon Entretien avec les chenilles. Je traîne ce projet depuis trop longtemps déjà, je finirai pas perdre ma subvention si je ne donne pas un sérieux coup de collier pour avancer cette recherche.

On se souviendra de la page du 1er février 2001. Non? Alors, pour éviter un retour en arrière fatiguant, en voici les grandes lignes :

Le 1er février donc, je m'étais littéralement et délicieusement plongée dans la rédaction d'un nouvel et passionnant ouvrage pour lequel j'avais obtenu une bourse de recherche du Haut Conseil des Sciences et des Lumières de l'Université Les-algues-Sushi-les-bains, grâce à la recommandation de mon vieil ami, l'éminent Professeur Llalalakalioukiss Liu.

Mon projet avançait rondement. J'avais d'abord trouvé le titre :

Nouveaux Entretiens de Script avec les deux Chenilles vert lime tachetées de noir et orangé pas poilues sur l'émergence du sublime et des états d'âmes des chenilles grises poilues dans la pratique onaniste aseptisée du diarisme virtuel non transmissible sexuellement (l'hypothèse est à vérifier)

Je l'avais un peu oublié, mais ceci était plutôt l'oeuvre de Script, et dans le but d'éviter des poursuites, je lui ai écrit. Voici une copie du e-mail qu'elle m'a envoyé en guise de réponse. J'avoue que ça m'a enlevé un poids de sur les épaules. Franchement, j'ai été soulagée. Pour que ce soit plus clair, je mets aussi une copie du mail que je lui ai envoyé avant hier.

De : "Lady A" lady.a@outmail.com
Adresse de réponse : lady.a@outmail.com
À : "Script" script@ticotico.ca
Objet : Coucou Script
Date : Wed, 14 Mar 2001 15:51:45

[...] Pour terminer, j'aimerais te poser juste une question: pourquoi tu demandes aux lecteurs de ne pas reproduire tout ou partie de ton site ? Je comprends bien que tu veuilles protéger tes droits d'auteurs, mais, pour un court extrait, avec référence à ton site, cela ne me semble pas te porter préjudice?... Réponds moi vite [...]

[...]

De : "Script" script@ticotico.ca
Adresse de réponse : "Script" script@ticotico.ca
À : "Lady A" lady.a@outmail.com
Objet : Re: Coucou Script
Date : Wed, 14 Mar 2001 20:09:45

Tu sais, ce que j'ai écrit, le Copyright ou l'interdiction de reproduction totale ou partielle ne concerne QUE la VRAIE reproduction. Pour ceux qui voudraient s'approprier carrément la chose pour eux. Un © n'interdit pas la citation (qui n'est pas du tout une reproduction) qui n'a pas besoin d'être demandée à l'auteur, du moment qu'on indique la source et que le texte est entre guillemets (imagine s'il fallait toujours demander, je serais malheureuse avec Shakespeare & Cie? et tous ceux que je cite sur mon site, héhé!). C'est comme pour les livres. Alors, si tu veux citer, bien évidemment, te gênes pas. Quand je cite un extrait de texte qui provient du net ou d'un livre (ou revue), je ne mets pas toujours d'hyperlien, je donne le nom de la personne ou du site. Le lecteur n'a qu'à faire le reste. Et parfois, je place un lien. Mais pas toujours. J'aime bien le faire Et blablabla [...]

Alors, puisque rien ne s'y oppose, je ferai un copier/coller et des guillemets et un hyperlien.

«Quelques éléments de la « Table des Matières » éclaireront mes savants lecteurs sur l'importance capitale de cette étude terrain (prendre note que ce ne sont que mes premiers balbutiements, la chose va se développer dans les prochaines semaines) :

Première Partie

«1. Les chenilles se suivent et ne se ressemblent pas; pourquoi la plus petite est en avant; la grosse est-elle le/la mâle ; si oui, est-elle fatiguée?

«2. Petites chenilles vous venez de loin : c'est pas une raison pour finir dans mes Sushi ; ni dans ma soupe ; et puis laissez moi donc travailler.

«3. Les deux chenilles ne sont pas poilues, première partie : comment elles se sont débarrassées de leurs soies dorsales à force d'introspection : introduction et conclusion.

«4. Les deux chenilles ne sont pas poilues, deuxième partie : pourquoi, ou, l'élément déclencheur de la mue serait-il relié à une visibilité accrue dans les médias ?

«5. Sur les relations de causalité entre les ventouses et les taches noires affectant la longueur des soies sublinguales et sinusoïdales ; lesdites relations de causalité mettraient elles en évidence les six principaux schèmes et pictogrammes narcissiques sous-jacents ?

«6. Les Chenilles vertes développeront-elles un goût d'épinard lorsque laissées quelques jours au soleil principalement lorsqu'elles se retrouveront face à face avec les chenilles grises poilues lors des cent-trente-cinq entretiens prévus avec Script? »

Par manque de temps, la chose s'arrêtait ici. Voici la suite. Mais c'est plus, voire même trop compliqué. J'ai demandé à Script de le faire. Moi, j'ai assez écrit dans ce journal pour aujourd'hui. Je retourne à l'écriture de mon roman et lui laisserai les Entretiens... Tourelou. Bisous.

Deuxième partie

1.

3.

7.

8.

9.

15.

Elle en a un sacré culot la Lady A. de me planter là avec tout le travail sur les bras. Quinze chapitres à trouver, c'est pas rien! Je vais me prendre une petite pause. Une amie vient justement de m'inviter à aller boire un pot avec elle sur une terrasse de la rue Bernard. On va faire nos madames. Un [autre] petit sondage avec ça ?

[juste en attendant]

Sondage préliminaire :

VOTER en cliquant sur le [...] de votre choix

J'ai oublié les questions

Je lis pas les réponses

J'ai perdu le bidule qui fait pop

On me reprochait la longueur de mon titre?

Je n'ai toujours pas compris pourquoi.

Grâce à mon vieil ami, qui préfère garder l'anonymat, [voir la dernière note dans la marginalia, première colonne de droite en haut] j'ai cherché où j'avais bien pu mettre la fin de mon histoire de chenilles commencée en février 2001. Pas trouvé. Alors à défaut de trouver la fin, de raconter la conclusion, j'ai décidé de tout reprendre du début.

Voici donc une réédition intégrale juste un peu corrigée de la page du 1er février 2001, pour les ceux et ceusses qui lisaient pas mon cher journal à l'époque où je répondais au joli et néanmoins fort populaire [hum, hum] pseudo de Script :

[09:29] Quand l'envie me prend d'illustrer ma page avec les chenilles de Grosse Fatigue, c'est que mon bel être moderne commence à se désagréger.

Comment je le sais? Aucune idée. Je le sais. Si je commençais à m'imaginer que je pense donc je suis c'est que je ne serais pas loin de conclure que la vie est une petite chose passionnante alors n'est-ce-pas, n'oublions pas de la dévorer à belles dents.



Je suis plongée, depuis hier après-midi, dans la rédaction de mon prochain ouvrage, pour lequel j'ai obtenu une bourse de recherche du Haut Conseil des Sciences et des Lumières de l'Université Les-algues-Sushi-les-bains, grâce à la recommandation de mon vieil ami, l'éminent Professeur Llalalakalioukiss Liu. Mon projet avance rondement. J'ai déjà trouvé le titre :

« Nouveaux Entretiens de Script avec les deux Chenilles vert lime tachetées de noir et orangé pas poilues sur l'émergence du sublime et des états d'âmes des chenilles grises poilues dans la pratique onaniste aseptisée du diarisme virtuel non transmissible sexuellement (l'hypothèse est à vérifier) »

Quelques éléments de la « Table des Matières » éclaireront mes savants lecteurs sur l'importance capitale de cette étude terrain (prendre note que ce ne sont que mes premiers balbutiements, la chose va se développer dans les prochaines semaines) :

Première Partie

   1. Les chenilles se suivent et ne se ressemblent pas ; pourquoi la plus petite est en avant ; la grosse est-elle le/la mâle ; si oui, est-elle fatiguée ?

   2. Petites chenilles vous venez de loin : c'est pas une raison pour finir dans mes Sushi ; ni dans ma soupe ; et puis laissez moi donc travailler

   3. Les deux chenilles ne sont pas poilues, première partie : comment elles se sont débarrassées de leurs soies dorsales à force d'introspection : introduction et conclusion

   4. Les deux chenilles ne sont pas poilues, deuxième partie : pourquoi, ou, l'élément déclencheur de la mue serait-il relié à une visibilité accrue dans les médias ?

   5. Sur les relations de causalité entre les ventouses et les taches noires affectant la longueur des soies sublinguales et sinusoïdales ; lesdites relations de causalité mettraient-il en évidence les six principaux schèmes et pictogrammes narcissiques sous-jacents ?

   6. Les Chenilles vertes développeront-elles un goût d'épinard lorsque laissées quelques jours au soleil principalement lorsqu'elles se retrouveront face à face avec les chenilles grises poilues lors des cent-trente-cinq entretiens prévus avec Script ?

Par manque de temps, je dois m'arrêter ici. Ne pas s'inquiéter, la deuxième partie sera mise en ligne plus tard aujourd'hui.

Sondage préliminaire :

VOTER

           1. J'ai oublié les questions
           2. Je lis pas les réponses
           3. J'ai perdu le bidule qui fait pop

On me reproche la longueur de mon titre. Je ne comprends pas.

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[09:57] Désolée de m'être laissé aller à un tel étalage de savoir. C'est le stress. Tout ce que j'essayais de confier à mon journal c'est que je me suis enfin placée dans l'écriture du roman commencé le 26 décembre 2000. Le titre provisoire est : Shâhrazâd t'es pas docile. C'est vrai [pourquoi dire c'est vrai quand personne dit que c'est faux ?]. Le cahier à reliure spirale débordait. Alors j'ai ouvert un dossier dans l'ordi. Page titre. Division des chapitres, les trois parties, les fondations. Première page et suivantes. Next. Je me suis mise au clavier si furieusement hier que je me suis fait une tendinite au poignet droit. Pas grave. L'autre, le volumineux manuscrit gribouillé en l'an 2000 a été déposé le même jour chez l'éditeur, (j'sais pas encore si j'ai bien fait, merde) entre les mains d'une secrétaire vachement pincée qui s'en foutait et qui perlait à la fronçaise (c'est quoi l'idée, man ?)

GRAPHOMANIE. N'est pas la manie « d'écrire des lettres, des journaux intimes, des chroniques familiales (c'est-à-dire d'écrire pour soi ou pour ses proches), mais d'écrire des livres (donc d'avoir un public de lecteurs inconnus) » (Le Live du rire et de l'oubli). N'est pas la manie de créer une forme mais d'imposer son moi aux autres. Version la plus grotesque de la volonté de puissance.

Définition retrouvée ce matin. Non par hasard, mais parce qu'elle m'attendait dans L'art du roman (Milan Kundera, 1986).

Après ça j'ai fait du café, mis le pot d'anémones dans l'herbe et je l'ai photographié avant d'assouvir ma volonté de puissance (dans sa version la plus grotesque) en écrivant une autre page de journal en ligne.

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mon te deum

Ce ne sont des victoires
que je chante
je n'en ai pas,
mais le soleil qui brille pour tous,
la brise,
les largesses du printemps.

Non la victoire,
mais le travail quotidien accompli
du mieux que je pouvais ;
non un siège sur l'estrade,
mais à la table commune.

[Reznikoff, Te Deum]

marginalia

et tes chenilles ? : une grand ami m'écrit tout à l'heure. pour me demander qu'est-ce qui est arrivé à mes chenilles, où en est rendu mon projet de recherche commencé il y a quelques années. réponse fut faite. qui sera rendue publique très bientôt....

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