6. le jour où j'ai trouvé mes bottines mallarméennes

Longtemps, je me suis [lu des blogs] de bonne heure. Sans vouloir et c'est voulu paraphraser maladroitement l'inoubliable incipit de vous savez qui, voici ma petite histoire de bottines en moins de mille mots, ma presque légende du jour de la marmotte 2008.

Ainsi donc, le jour où je constatais tristement que mon unique paire de bottes avait pris l'eau et que par conséquent elles ne traverseraient pas la saison, sans compter les jours de pluies torrentielles et verglaçantes, passés et à venir, de mes trop longs et follement froids et anarchiques hivers québécois, je lisais de blogs en me disant qu'au lieu de m'adonner à cette solitaire et improductive et masturbatoire activité je ferais mieux de remonter dans ma toyota noire et de me rendre à l'une ou l'autre des deux villes les plus proches [Québec ou Rivière-du-Loup] magasiner [pour] des bottes.

Cela m'est arrivé tout à l'heure, un beau samedi en début d'après-midi. Je lisais en mangeant mon sandwich au jambon et en buvant un verre de Rioja, traînant par devers moi une culpabilité fatigante ; n'aurait-il pas mieux valu que je m'adonnasse à la lecture ou au ménage ? Ou à du magasinage, chercher de nouvelles bottes ? J'ai néanmoins continué mon odyssée bloguienne jusqu'à ce que je mette le pied, via la liste de liens de l'alter et ego, sur le blog de la très talentueuse telle [lire son billet du 23 janvier]. Miracle : elle avait les bottes de mes rêves. Des bottines « mallarméennes », pratiquement introuvables en France. Jamais rien vu de semblable par ici. Telle disait ne pas en avoir trouvé dans Internet. J'ai cherché.

Il y en avait bien quelques rares paires, mais jamais la bonne pointure ni la bonne couleur. J'en voulais des noires, je n'ai jamais porté que des bottes noires, pourquoi changer ?

bottes neosens.jpg

Une bonne heure de googlage plus tard, j'en ai trouvé en Angleterre (chez Raw Shoes). J'ai commandé et payé en ligne. J'attends maintenant mes bottines neuves qui feront depuis l'Angleterre jusque dans le Bas-du-fleuve un voyage pour le moins poétique.

J'aime que mes futures bottines aient l'air rococo, l'air d'avoir marché la Via Tolosana, depuis Arles jusqu'à Santiago de Compostela, ou d'avoir trotté dix ans dans les magasins. Ou dansé la gigue sur le Titanic avant de tomber dans la mer et d'avoir été repêchées par Huckleberry Finn. Je les adore. Et je les aurai aux pieds bientôt. Photo à l'appui. Promis.

C'est peut-être une folie. Ça va me coûter cher [£104.99 = $223.18, plus les frais de poste]. Tant pis. Tant et aussi longtemps que je n'aurai qu'une seule paire de bottes, je mériterai d'avoir les pieds poético philosophiquement chaussés.

Mes futures bottines Art Neosens sont espagnoles, de la Rioja, comme le grand vin. Du grunge philosophique ? Belle idée. Mais pas de hasard. Lire des blogs mène loin parfois, et dans cet univers-là, je vois émerger de temps en temps, traversant toute la mélasse polluante qui me sert à rien, des beaux flashs, des découvertes inattendues et des coups foudre.

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Que tu les aies acheté grâce à mon billet m'émeut beaucoup, d'autant plus que je les avais achetées grâce au billet de Frieda. Même quête quasi désespérée...

Tu ne regretteras pas ton achat, aucun risque. Elles sont très confortables. Le talon s'abîme un peu si tu conduis beaucoup mais pour le reste, elles sont parfaites, en noir comme en brun !

J'aime ton paragraphe sur leurs pérégrinations imaginaires.

A bientôt !

le 3 février 2008 à 22h51 [UTC-5], annie Author Profile Page a écrit :

Oups. Tu as trouvé ma page avant que je n'aie le temps de t'envoyer un mot pour te dire que j'avais mis un lien vers ton journal et pour te remercier, je croyais avoir le temps ce soir mais je vois que j'arrive un peu tard...

Je suis ravie de ma découverte, et c'est grâce à toi. Sourires et gratitude. Merci aussi à Frieda.

Et puis d'avoir trouvé ces bottes, cette longue route d'une page à l'autre, et d'un pays à l'autre, c'est un peu fou et tout à fait magique. Mais bourré de vie et de sens. En tout cas, ça me fait rêver.

Eh oui, je conduis beaucoup et je ferai attention aux talons : tu as bien fait de me prévenir.

A+

À propos de ce billet

Cette page contient un billet unique publié le 2 février 2008 15h22.

5. sans presque aucun répit est le billet précédent.

7. mes bottines mallarméennes, la suite est le billet suivant.

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mon te deum

Ce ne sont des victoires
que je chante
je n'en ai pas,
mais le soleil qui brille pour tous,
la brise,
les largesses du printemps.

Non la victoire,
mais le travail quotidien accompli
du mieux que je pouvais ;
non un siège sur l'estrade,
mais à la table commune.

[Reznikoff, Te Deum]

marginalia

mise à jour : de gros changements en vue, enfin, pour ce journal. je suis en voie de me convertir à dotclear si, si. parce que le français. parce que la dernière version [2.0.2] est fabuleuse exactement ce qu'il me fallait la seule qui...

zen : il ne faut pas laisser les autres nous définir (dixit un moine bouddhiste)...

et tes chenilles ? : une grand ami m'écrit tout à l'heure. pour me demander qu'est-ce qui est arrivé à mes chenilles, où en est rendu mon projet de recherche commencé il y a quelques années. réponse fut faite. qui sera rendue publique très bientôt....

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