5. sans presque aucun répit

Ma vie n'est pas facile, vous n'avez pas idée. Il y a des jours, je traverse des forêts de lumières et d'étoiles et je voyage légère et pelucheuse, je glisse et roule et déambule dans et parmi le monde et les choses et je chanterais la vie est belle si je savais chanter et puis soudain je plonge dans un trou noir profond et la tempête me charrie dans les bancs de neige et je m'enfonce lourde et pesante et je remonte pour reprendre le chemin de l'errance sur le fleuve en canot d'écorce dans la marée écarlate je ne vois plus rien et je souffre tous feux éteints des angoisses de tous les diables, à froid, je brûle dans les cercles de l'enfer et puis un autre beau matin j'émerge de la nuit d'encre enfin et toute étonnée de me retrouver encore ancrée au creux de mon livre.
Il fait et le soleil me chauffe.
et la neige me blanche.
et la glace me craque.
j'écris.
te deum.
mener à son terme ce gros roman je travaille sans presque aucun répit depuis bientôt deux ans quand le printemps sera venu je le ferai en pleine lune blanche.
et je sais comment y croire,
le montrer,
le donner à lire.
ce jour sera un silencieux dimanche.
il n'y aura plus de guerres.
et je mettrai des roses blanc crème dans des vases de lait cru.
d'ici là j'ai amplement pain sur la planche.

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le 29 janvier 2008 à 0h33 [UTC-5], kali Author Profile Page a écrit :

Et nous serons au rendez vous comme promis, rien ne pourra me faire plus plaisir que de tenir ce livre entre mes mains ( enfin "rien" c'est une figure de style ! hein !)....

le 1 février 2008 à 9h24 [UTC-5], annie Author Profile Page a écrit :

chouette... je prends tes mots comme des encouragements à continuer et ça fait du bien, grand bien.
merci belle kali!

À propos de ce billet

Cette page contient un billet unique publié le 27 janvier 2008 9h22.

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mon te deum

Ce ne sont des victoires
que je chante
je n'en ai pas,
mais le soleil qui brille pour tous,
la brise,
les largesses du printemps.

Non la victoire,
mais le travail quotidien accompli
du mieux que je pouvais ;
non un siège sur l'estrade,
mais à la table commune.

[Reznikoff, Te Deum]

marginalia

zen : il ne faut pas laisser les autres nous définir (dixit un moine bouddhiste)...

et tes chenilles ? : une grand ami m'écrit tout à l'heure. pour me demander qu'est-ce qui est arrivé à mes chenilles, où en est rendu mon projet de recherche commencé il y a quelques années. réponse fut faite. qui sera rendue publique très bientôt....

trop beau : il fait trop beau pour rester assise devant un écran d'ordinateur. vite,dehors. prendre du soleil, jouer avec le chat. cueillir la menthe poivrée, la monarde, le persil, le basilic. ce soir, faire des herbes salées, faire sécher le reste. tout...

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