Je suis plutôt tourmentée ces temps-ci. Avant les questions de la journaliste pour cette manière d'entrevue que j'ai voulue publique [elle a dit que l'article serait publié au mois d'août], j'avais recommencé à sortir et respirer un peu, et j'écrivais l'espoir et la lente construction intérieure de l'homme de ma vie tel que je l'imagine.

Ensuite il y a eu des jours où il a fait terriblement chaud et je fabulais une hypothétique fin du monde qui nous sauverait des guerres, et les jours après je me suis un peu repliée vers l'intérieur pour répondre à toutes ces questions.

Et cette semaine encore une fois l'horreur avec les attentats de Londres qui vont attiser et « légitimer » le désir de guerre des présidents soit disant pour la paix, alors que ce n'est pas une solution. Tuer ne sera jamais une solution. Mais une dissolution et un régression de l'espèce humaine. Me noyer de tristesse à cause de cela ne servirait à rien. Je veux émerger.

Reprendre le fil de mon « je t'attends ». Tout doucement. Et parce qu'une grande musicienne a sorti son violon pour me jouer une berceuse, elle a touché le coeur de ce qui était douloureux avec sa sonate en la majeur BWV 1015, le troisième mouvement, Andante un poco de J.S. Bach. Je l'écoute en boucle depuis hier matin. La grande tourmente lève lentement les voiles. Et je me laisse bercer.

Auteur : Annie Strohem
Muses : Bach et le violon
Photo: Ma berceuse sur la mer, le 16 septembre 2004
Écrit à Montréal
Le dimanche 10 juillet 2005
Notes et commentaires [2]