Hier j'abordais le sujet en titre dont la suite, je l'avoue, me pèse un peu. Non pas parce que le deuxième email de « ma » journaliste – que j'adore littéralement depuis qu'elle a accepté que je mette tout cela en ligne – me pose problème, mais parce que j'ai vécu quelque chose de fort pénible hier après-midi, et je m'en remets difficilement. Bref, je vous livre les autres questions. Et mes réponses en bas suivront plus tard dans la journée, promis.


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[email reçu le 27 juin 2005, à 18:49]

« Merci de m'avoir répondu dans la foulée, et pardonnez-moi mes questions de néophyte...

Votre journal n'est pas un blog, dites-vous. Qu'est-ce qu'un blog ?

Si je comprends bien, la différence entre « écrire un journal qu'on range sous son matelas », « écrire un journal dans l'idée de le faire publier en livre » et « écrire un journal on line », c'est l'interactivité ? Pouvez-vous me raconter de façon plus précise comment cela se passe ? Savez-vous combien de lecteurs vous avez ? Vous semblez dire que certains vous écrivent, vous envoient des cadeaux, qu'avec certains vous avez tissé des liens d'amitié, qu'avec d'autres vous vous êtes pris de bec ?

Vous écrivez : « Un travail d'écriture sans histoire et sans qualité » : que voulez-vous dire ? Ne prenez-vous pas néanmoins « l'écriture très au sérieux », pour reprendre une de vos expressions. Ne le considérez-vous pas comme un travail littéraire à part entière ?

« Rester dans l'indéfini », « explorer », dites-vous mais aussi « construire une oeuvre » : un laboratoire d'écriture, un lieu d'expérimentation peut-il faire oeuvre ?

Au sujet du roman : comment l'aviez vous écrit ? de manière traditionnelle ? On line ? A-t-il été publié ? En écrivez-vous un autre ?

Sur vous-même : je ne veux commettre aucune indiscrétion, mais juste pouvoir vous situer : âge, études, profession, où habitez-vous ?

Prenez le temps de me répondre, je conçois que ça vous prend du temps !

Merci encore de votre collaboration.

Dernière question : connaissez-vous d'autres personnes qui se livrent à une expérience littéraire (intéressante) sur internet ?

Cordialement

[...] »


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[email envoyé le 28 juin 2005, à 15:08]

seriez-vous d'accord que je réponde à toutes ces questions-là dans le journal ?

annie


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[email reçu le 30 juin 2005, à 18:07]

bien entendu !


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[email envoyé le 1er juillet 2005, à 15:57]

je vous adore !


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Ce qui m'amène à répondre ici, et non plus par emails, puisque je préférerai toujours déposer d'abord dans le journal ce qui appartient au journal :

« Qu'est-ce qu'un blog ? » Tentation forte de répondre je ne sais pas. Ou de m'en sortir avec une entourloupette humoristique, faire appel au deuxième degré, une petite blague ou une image, que sais-je. Je n'ai pas envie de produire une définition alors que d'autres l'ont fait avant moi et bien mieux que je ne pourrai jamais le faire. Citations ou références ? J'y pense et je vous reviens. Je mettrai des liens, sinon cette page sera encore trop longue. Pages à consulter pour lire quelques définitions :

Bref, et pour conclure, je sais quelle étiquette [générique] mettre sur mon projet d'écriture, et les cinq cahiers de ce Journal [« Palymbrosia », « Voyelle », « Love and Writing Project », « Le Journal de Script » et « Entrée libre »] ne sont ni un blog, ni un savant Carnet web, mais un Journal en ligne [pas intime] dont le sujet et l'objet sont la vie et tout le reste, l'amour, la mort, la création littéraire, et non pas ce qui se passe sur l'Internet, ni pour commenter ce que tout un chacun écrit dans son blog - blogue - carnet web - ou journal, name it. Je loge et navigue au milieu de tout ce monde-là que je ne connais pas beaucoup, bien à l'abri et en dehors des catégories à la mode, et j'espère bien y demeurer, en paix. Ils ont même inventé les blogs d'or, vous connaissez ?

La plupart des blogs ont leur propre définition. Et j'en ai lu beaucoup, on en revient aux mêmes constats, ou presque. Puisque le blog peut contenir un journal et que tous les blogs ne sont pas un journal, il est tout à fait possible d'écrire un journal qui ne soit pas un blog. Et j'ai commencé ce journal avant l'apparition des blogs. Je ne crache pas sur les blogs, je sais seulement que je fais quelque chose de différent. Pas meilleur ni pire, juste une autre forme, une pas si vieille humaine façon d'écrire des fragments de sa vie au jour le jour. Cependant, j'aime bien les blogs, les vrais. Je m'en suis même fabriqué un moi aussi, un tout petit blog [que je qualifie de moche pour rire], c'est ma « Marginalia ». Pas très à jour, mais c'est mon blog à moi et je l'aime bien. Si vous comparez la Marginalia avec mon journal, voyez-vous une différence entre les deux ?

Demain soir, je répondrai à ces questions-ci : « Si je comprends bien, la différence entre « écrire un journal qu'on range sous son matelas », « écrire un journal dans l'idée de le faire publier en livre » et « écrire un journal on line », c'est l'interactivité ? Pouvez-vous me raconter de façon plus précise comment cela se passe ? Savez-vous combien de lecteurs vous avez ? Vous semblez dire que certains vous écrivent, vous envoient des cadeaux, qu'avec certains vous avez tissé des liens d'amitié, qu'avec d'autres vous vous êtes pris de bec ? » D'ici là, ne pas oublier que la vie c'est aussi un grand bol de fraises. carre_rouge.gif

Auteur : Annie Strohem
Muses : les blogs
Écrit à Montréal
Le dimanche 3 juillet 2005