..L'HIVER 2000-2001
 

Narcissus
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Le dimanche 25 février 2001
13. La vraie jonquille est, selon les régions, une Narcissus jonquilla - plusieurs petites fleurs par tige - ou une Narcissus pseudo-narcissus - la narcisse trompette sauvage.  C'est celle-là que j'aimerais être : une seule fleur par tige (Sauvage).
 
Je sais, je sais, au Québec, les jonquilles, c'est pas pour tu'suite.  Mais, j'en ai reçu pas plus tard qu'aujourd'hui.  Elles sont en pleine floraison dans les régions méditerranéennes.  D'où elles sont originaires d'ailleurs.  Là-bas, le printemps vient d'arriver, en plein mois de février! C'est pas gênant!

Je me suis renseignée sur la question.  Les narcisses et les jonquilles (Narcissus) appartiennent à la famille des Amaryllidaceae (amaryllis).

Les diaristes vont-ils s'emparer de cette fleur et en faire leur emblême?  Suspense.  Tout porte à croire que la passivité ambiante est plutôt désignée comme emblême collectif par défaut (lire DEFAULT ) ici comme ailleurs.

Les narcisses sont des fleurs qui sentent très bons.  D'habitude.  Quand on en achète qui n'ont pas d'odeur, c'est la faute aux hybridations de toute sorte, au transgénique, là comme ailleurs. 

La vraie jonquille est, selon les régions, une Narcissus jonquilla - plusieurs petites fleurs par tige - ou une Narcissus pseudo-narcissus - la narcisse trompette sauvage.    C'est celle-là que j'aimerais être pour de vrai.  Une seule fleur par tige.  Sauvage. 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

...........

Mathusalem
 
Lorsque Mathusalem
Alla dire « Je t'aime »
À la jeune fille,
Il... apporta des jonquilles.
Elle aimait les jonquilles.

Il avait huit cents ans.
Elle avait seulement
Six cent trente-quatre ans
Et... ses parents ne furent pas
D'accord, surtout Papa...

Il attendit un siècle
Et enfin, le vieux type,
Un soir, cassa sa pipe.
Mathusalem, aussi sec,
Retourna voir sa belle
Avec des asphodèles.

Il avait neuf cents ans,
Elle, maintenant,
Sept cent trente-quatre ans
Mais... paraissait sept cent... trente.
Et elle avait des... rentes.

Elle fit sa timide.
Soixante ans encore.
Elle était candide.
Lui... était fou de son... corps.
Il attendit encore.

Elle finit vieille fille.
Lui, toujours joyeux drille,
Apportait des jonquilles.
A neuf cent soixante-neuf billes,
Mathusalem, enfin,
Approcha de sa fin...

Parce qu'après tant de jours,
Il mourut d'amour.
Alors, toi tu penses
Que moi j'aurai sa pa...tience ?
Moi j'aurai sa patience,
Moi j'aurai sa patience,
Moi j'aurai sa patience...

Paroles : Jean-Loup Dabadie
Musique : Serge Reggiani
(image de Hachette Multimedia)
Le lundi 26 février 2001

Le Baiser
(Gustav Klimt)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

14. Peut-être que Script a besoin d'une pause?Prendreriez vous un petit café fort, Lady A.? 

C'est lundi.  J'ai rien de spécial à raconter.  Je sais pas trop pourquoi j'ouvre mon journal.  Par habitude ou par désoeuvrement?  Pour garder la main ou faire mes gammes à la manière d'une pianiste?  Un peu tout ça en même temps, je pense.  Et pour bien d'autres raisons que le lecteur trouvera oiseuses, nulles et non avenues.  Pourquoi j'écris ces mots là?  L'amour du son.  Le sens? pffuit.

Journée ordinaire...
En principe les vies ordinaires se passent très bien de commentaires.  Mais des fois j'ai l'irrésistible envie de  pousser mon masochisme dans le coin, jusqu'à tout raconter en détail.  Pourquoi pas?  Je pourrais facilement rendre la chose intéressante en l'enjolivant.  Lire : en trichant et en racontant n'importe quoi.  Exemple :  Je me lève.  Script a pas dormi, est en pleine déprime... pas question d'avouer ça, c'est looser.  Il faut être populaire à tout prix.  Pis y a que les winners qui pognent. Fake vite, je me dépêcherais d'écrire que tout va bien.  Héhé, le lecteur aime pas le déprimépointcom.  Faut pas lui en servir trop souvent.  Alors on réchauffera le tape à l'oeil, le clinquant.  Ou le bon vieux pâté chinois.  Comme les rêveries de ma dernière promenade, peut-être?

Pas de chance!
Dommage.  J'ai pas de chance à matin.  Je file pas déprimée pantoute.  Je vous le jure, Votre Honneur.  C'est donc pas aujourd'hui que je deviendra célèbre. Sauf que je me suis levée pareil.  Très tôt.  Et que j'ai écrit dans le livre sans pouvoir m'arrêter.  J'arrive à midi complètement vidée, brûlée.  Le cerveau vide comme le sac brun d'un robineux (après qu'il se soit liquéfié grâce à la diva boteilla, qu'il y dissimulait, cela va sans dire).  Le pire c'est que j'ai un contrat à finir.  Vers 9h37, je lui ai adressé discrètement un léger signe d'honneur.  Il aura compris.  C'est pas encore à matin qu'on m'enchaînera comme une salariée syndiquée étouffée à l'os, pensais-je.   J'ai pas envie d'y toucher à la job quand elle me pue au nez, me dis-je.  Cultiver des fleurs ou des tomates, voilà qui me siérait.  Wow.  Première fois que j'écris le verbe siérer...  Je devrais arrêter d'écrire des banalités dans ce journal.  L'autre appellerait ça des platitudes.  C'est insultant pour les platitudes.  Faut pas leur faire de peine aux platitudes.  Peut-être que Script a besoin d'une pause? Prendreriez vous un petit café fort, Lady A.? 

Donc où en étais-je?
Ça puait.  J'pourrais même pas divaguer sur mes dernières promenades dans la ville et la nature parce que je suis pas sortie depuis samedi.  On s'en souviendra, c'était pour faire quelques provisions indispensables si je veux pas finir par mourir d'anorexie subite.  Sur ce, je m'arrête, je sais plus où j'en suis.
Vivement.  Mon café.  Noir.

Le mardi 27 février 2001

Iris blanc,
la fleur
de la bonne
nouvelle...
 

Le site
de la symbolique
des fleurs: arbustea.com
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

15. Cet élan du coeur qui me pousse vers l'écriture quotidienne est si doux ce matin.  Que se passe-t-il donc?

Je crois rêver.  Et pourtant je ne rêve pas.  Non, je rêve.  Je vais m'éveiller.  Je n'ose y croire. Oui. Je ne sais pas si je pourrai écrire cette page.  Je m'évanouirai devant l'irréalité de cette vie.  J'échappe à ce qui tout récemment avait les apparences du définitif, de l'inexorable.  Et je contemple une lumière merveilleuse.  La lumière blanche de mon rêve blanc.  Peut-on vivre ses rêves, ou découvre-t-on plutôt les  mille et une façons de rêver sa vie?

Ainsi donc, le rêve blanc.  Le rêve ultime.  Je suis avec P.   Il est ici.  Chez nous.  J'ouvre la fenêtre et ferme les yeux.  Tout explose dans ma tête.  P. est avec moi.  L'amour crée un tel élan de liberté intérieure.  Le vrai jour de l'iris blanc, c'est aujourd'hui.  Non, hier.  Non, demain.  Je dis oui.  Il ne faut renier aucune parcelle de la passion qui dévore.

Ce matin, les mots sortent de moi et se déposent sur les ondes.  Ils envahissent la planète.  Leur souffle, plus léger que l'aile d'un papillon, m'échappe.  Je ne dors plus.  Quand je dors, je reste fortement attachée à lui.  Aucune attache n'est assez forte pour me coller encore plus près de lui, que ce qui adhère au nous à partir de l'intérieur. 

Je me sens si affaiblie et en même temps si forte en mon centre.  Le noyau se dilue et se rompt, impuissant à contenir ma jouissance.  Ma chair se fractionne en minuscules atomes qui virevoltent et s'élancent là-bas pour rejoindre l'essentiel de son essence à lui.  L'Homme est là.  Nous avons retrouvé notre nid, intact. 

Cela se préparait.  Je ne pouvais pas l'écrire ici [Script ne voulait pas].  Il a d'abord écrit.  Disant qu'il avait été incapable de monter dans son train, à l'opposé du mien.  Puis il a téléphoné.  Plusieurs fois.  Il a dit je réserve un avion et je vole jusqu'à toi.  J'avais souffert.  C'est oublié.  Il a tellement souffert aussi.  La peine est effacée.  Il a pris le temps.  Médité.  Nous avons parlé.  Parlé.   Instants douloureux.  Heureux.  Qui ont  définitivement éloigné la peur.  Le nous, plus grand que soi, rassure.  Je ne savais pas qu'un grand bonheur pouvait faire si mal.

Il est là!  Notre rencontre physique s'est inscrite exactement dans le prolongement de nos lettres.  Nos premiers baisers goûtaient salé.  On aurait dit que la maison l'attendait, comme s'il revenait simplement d'un long voyage.  Et, dans la froidure de notre première blancheur de l'aube, il a insisté pour que nous allions marcher dans le parc en haut de la montagne, celui quand je tourne deux fois à gauche en sortant de la maison.  Dehors, il cherchait mes oiseaux pour ressentir, lui aussi, l'espace intérieur du monde.  Je disais, viens, rentrons, on gèle.  Rien à faire, quand un homme est heureux. 

Quel bonheur.  Il s'amuse des bisous glacés.  J'adore mes pas dans les siens sur la neige vierge.  Il se couche par terre pour voler comme les anges et admirer après la trace laissée dans la neige par son corps.  Il persiste à me fabriquer des couvertures de baisers avec les étoiles de neige.  Il écrit.  Il me relit une lettre.  Ma main dans la sienne.  Ses étreintes.  Nos livres.  Manger et boire ensemble.  Nous toucher enfin.  Sentir la bonne chaleur et le poids de nos corps.  Surtout le poids, je crois.  Et nos sourires (adieu les smileys).  Je divague.

Il dort.  Il récupère ses heures de l'autre continent  égrenées à la surface de nos rêves éparpillés, sous la couette.  Pendant ce temps, nous avons convenu que le feu ne s'arrêterait pas de brûler, dans la cheminée. Je reste là, à le contempler un moment.  Je mets une autre buche.  Puis je veux écrire.

Cet élan du coeur qui me pousse vers l'écriture quotidienne est si doux ce matin.  Que se passe-t-il donc?  La vie nous aurait-elle donné des ailes pour nous aider à  réaliser notre rêve? 

Le mercredi 28 février 2001

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

16. P. et moi avons cinq (5) épineux problèmes à régler, seulement cinq (5), avant de procéder à notre bonheur, quelqu'un peut-il nous aider?

Aujourd'hui, la situation étant assez épineuse à la maison, je me verrai contrainte de conserver mes envolées lyriques par devers moi.  J'aurais plutôt quelques questions à vous poser.  Si vous le remarquez, j'ai utilisé le vous pour la première fois enfin que je pense aux pauvres lecteurs.  Voici donc mes questions.  Lisez bien attentivement.  Il y a une récompense à la fin, pour qui trouvera les solutions.

1.  Script est tombée en amour avec P., mais P. préfère Lady A.  Résultat :  Script est folle de jalousie et veut m'empoisonner.  Elle fait des choses cinglées comme mettre du sel de bain dans notre café et du poil à gratter dans notre lit.  Question : Que faire dans de telles circonstances?

2.  Garfield, mon vieux chat sauvage, est tombé en amour avec P., et c'est réciproque. Question : a) Devrais-je être jalouse?  b) Est-ce un manque de loyauté de la part de mon animal favori? c) Que puis-je faire?

3.  P. est tombé en amour avec MA chaise longue, MA couverture de fourrure et MA terrasse. Question : a) Ont-ils inventé des chaises longues à deux places?  b) Ces vieilles couverture existent-elles encore sur le marché?  c) Si oui, où peut-on s'en procurer : a)?...  b)?... 

4.  P. est tombé en amour avec mes chenilles.  Il insiste pour que j'écrive la suite des Nouveaux Entretiens de Script avec les deux Chenilles vert lime tachetées de noir et orangé pas poilues sur l'émergence du sublime et des états d'âmes des chenilles grises poilues dans la pratique onaniste aseptisée du diarisme virtuel non transmissible sexuellement.  Question :  Est-ce que je risque de perdre son amour si je refuse de le satisfaire?

5.  Les chenilles sont tombées en amour avec Garfield, Script est jalouse, Lady A,. s'en fout, la chaise longue est vexée, la fourrure est à plat et P. est mort de rire.  Question : Quelqu'un aurait-t-il le numéro du 911 pas loin?

RÉCOMPENSE/REWARD
P. se fera un plaisir de vous adresser lui même une réponse personnalisée par courriel, si vous trouvez des solutions aux cinq (5) questions existentielles posées ci-haut et qui bouleversent la toute nouvelle paisible existence de Lady A. avec son amoureux romantique & Cie.

La réponse de P. constitue la récompense, plus une publication possible sur notre prochaine page.  Aucun problème si vous désirez conserver votre anonymat.  On vous trouvera un autre pseudonyme.

 

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