.L'HIVER 2000-2001
 
 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

25 janvier 2001
[09:06] L'effet du miroir.  Réfléchir au sens caché sous/dans le signe et son reflet.
Un homme pense à une femme, tendrement.  Il marche dans la ville,  Il se rend à son travail.  Il marche toujours ainsi, un moment à l'air libre, pour éviter d'être sous terre.  C'est quelque chose qu'il fait systématiquement.  Il pense à un chapeau haut de forme. J'aimerais bien en avoir un, se dit-il, mais je ne saurais où le porter.  Si, je sais, sourit-il, sur la tête, c'est l'endroit rêvé mais le vent l'emporterait rapidement au loin.

Un bel objet le haut de forme.  Est-ce ce genre de chapeau qu'il y avait dans  L'insoutenable légèreté de l'être ?  Je me souviens que la première nuit, Térésa avait tenu la main de Tomas si fort dans la sienne que le matin, quand il s'était levé du lit, il ne pouvait pas se dégager.  Alors il lui avait mis un livre dans la main à la place, et elle ne s'était pas réveillée.  Elle avait la fièvre aussi, comme Térésa.  Elle lui fit remarquer qu'ils aimeraient sans doute porter le chapeau comme dans le livre.  Simple frivolité, ne fais pas attention, murmura-t-elle, de peur de s'être trompée d'histoire ou de chapeau. 

J'ai parfois des idées un peu saugrenues.  Cette damnée littérature m'inspire.   Je cours chercher le livre de Kundera, relis d'une traite.

Dans L'insoutenable légèreté... ,  le chapeau était un chapeau melon que Sabina, une des maîtresses de Tomas avait reçu de son grand-père. 

Il avait donc deux femmes : Térésa et Sabina.  Un peu dur à suivre le Tomas.  Les filles aussi d'ailleurs.

Pour raconter le reste du récit qu'elle lui fit, vu que je n'étais pas présente à ce moment-là de leur histoire, je citerai M.K. ;  vu que je n'en suis pas à une citation près.  Voilà :

« Quand Tomas, voici des années, était venu chez elle, le melon l'avait captivé.    Il l'avait mis et s'était contemplé dans le grand miroir qui était alors appuyé comme ici contre un mur du studio pragois de Sabina.  Il voulait voir quelle figure il aurait eue en maire d'une petite ville du siècle dernier  [lui ressemble un peu à Tomas]. »

« Puis, quand Sabina [elle]commença à se déshabiller lentement, il lui posa le chapeau melon sur la tête [voilà son idée frivole d'hier].  Ils étaient debout devant le miroir.  C'était toujours là qu'ils se déshabillaient et ils épiaient leurs images [un peu comme le font les lecteurs des journaux intimes online d'ailleurs]. »    Étrange.

« Elle était en sous-vêtements et elle était coiffée du chapeau melon.  Puis elle comprit que ce chapeau les excitait tous les deux. »

Je ne peux pas continuer, tout recopier.  Ce texte est à lire goulument, à même le livre.  J'ai l'impression d'être en train de le profaner, de le dénaturer avec des commentaires de surface.  Simplement ajouter que le chapeau melon était un accessoire érotique entre les deux amoureux devant leur miroir.  Pour tous les autres, ce n'était qu'un simple chapeau melon.  Un mot.

Dans les pages d'un journal, on est irrémédiablement seul.  L'autre est absent.  Seulement moi, je.  L'autre ne réussissant jamais qu'à s'y refléter.  En creux. 

On voit surgir un chapeau, une rose.  Clic.  On tourne la page. 

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