.L'HIVER 2000-2001
 

Iris blanc
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Le dimanche 14 janvier 2001,
[11h50]  J'installe mon image de la journée.  Je choisis un iris blanc en pensant à Strophe.  La naissance est proche.  Silence.
 
Je pense à cette naissance imminente et je n'ai plus l'âme à babiller.  Comme si je ressentais la nécessité de marquer une pause :  un petit morceau de glace fond à l'intérieur de moi.  Réminiscences.

Pendant ce temps, à l'extérieur, le temps va s'arrêter (un peu, juste un petit moment) devant le mystère et la beauté d'une nouvelle vie. 

Il y a un émerveillement si énorme et si plein de sagesse dans le regard du bébé qui ouvre les yeux et les plonge dans ceux de sa mère pour la première fois.  Personne ne devrait avoir le droit de troubler cela par de guili guili ou des compliments.  Se taire et laisser les regards se nouer.  Se confondre.  On tombe en amour.  La mère place l'enfant dans les bras de son père et le même miracle se produit :  le miracle du regard.

Dans ses premières heures de vie, si un tout petit bébé n'est pas regardé par le père et la mère aussi fort et aussi longtemps qu'il en a besoin, il arrive qu'il se ferme les yeux, ou qu'il cesse de regarder à son tour.  En fait, il va regarder quand même, mais ailleurs.  Ou alors il cherchera durant toute sa misérable vie à capter le regard de l'autre pour être bien sûr qu'il existe.

Je me demande parfois si c'est pour ça que j'écris.  Entre autres choses.

[12h24]  Le soleil perce l'épaisse couleur gris bleu du ciel.  Ce sera un beau dimanche.

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