.L'HIVER 2000-2001
 






 
 

 

Le jeudi 8 février 2001,
[09:32]  Comme un rituel, je m'asseois devant cet écran pour pondre ou essayer de pondre une page de journal.  Je me dis o.k., le coeur n'y est pas, mais je veux au moins rester accrochée à cette réalité-là.  Quitte à avouer la misère qui me ronge, avouer que je ne sais pas quoi écrire.  Pourquoi?  Il n'y a rien qui m'oblige à écrire ici?  Personne ne me demande de le faire.  Aucun lecteur ne m'écrit pour me dire qu'il attend ma page avec impatience.
 
Je me suis assise, j'ai écrit la date et vérifié les liens.  Collé cinq beaux coquelicots pour me faire plaisir.  En commençant sur une nouvelle page je me disais que les idées viendraient.  Mais rien.  Rien ne monte.  Pas une goutte.  Le robinet est fermé.  Ce n'est pas l'angoisse de la page blanche.  Je ne crois pas que ce que je vis porte le nom d'angoisse.  C'est de la peine qui s'ouvre sur un grand vide. 

Je n'ai pas réussi à toucher au Lexique.  Plus envie.  Encore avant hier, cette écriture m'apaisait un peu, et le seul fait de me concentrer là-dessus dissipait les nuages.  Il devait me rester des mots.  Là, ils sont tous partis.   Pourquoi continuer d'écrire?    Aucune utilité,  ce n'est peut-être qu'une sorte de jeu futile.  Bon.  C'est pas fort fort mon truc.

Et puis j'ai eu mal tout à l'heure en lisant les propos d'une diariste qui tourne en ridicule les « pseudo-auteurs », je me suis sentie visée.  Oui, j'ai dit que j'écrivais ailleurs que dans ce journal (et je ne dirai pas où...).  Mais une personne qui a la « prétention » [dit-on] d'écrire devient une proie facile.  Avec l'obligation du style parfait et du texte intéressant, génial à tous les coups.  Sinon, on va la ranger chez les pseudo-auteurs, les miteux, les écrivains ratés.  Stop !   Les autres journaux, eux, ils sont pas toujours intéressants?  Alors?  Pourquoi le mien devrait péter des scores?  Ce n'est que mon journal et je revendique le droit d'écrire moi ausssi des platitudes si ça me chante.  C'est pas un livre ni un article dans Le Devoir  et ça n'en sera jamais un.  Je ne revendique pas le poste de poète officiel du Parlement non plus...  Le sien de journal à cette diariste il n'est pas toujours fort fort non plus, loin s'en faut; mais elle aurait le droit de voler bas sous prétexte qu'elle ne « prétend » pas écrire?  Elle fait quoi d'abord dans son journal si elle l'écrit pas?   Facile de jeter la pierre.  Plusieurs auteurs de journaux intimes travaillent en informatique et ils n'ont pas les sites les plus high-tech, il leur arrive d'avoir des erreurs 404, des liens morts et des messages d'erreur d'IE, des trucs qui marchent pas en informatique.  Est-ce qu'on les crucifie pour autant?  Je sais, je sais, je paranoÏe à matin.  Elle devait pas viser la pauvre petite Script, elle doit même pas la connaître.  Mais Script est comme un Saint-Sébastien, la plaie ouverte attendant la pointe acérée de n'importe quelle flèche empoisonnée.  J'oublierai ça vite, n'en ferai pas tout un plat.

Une amie m'a écrit ceci :  « Te souviens tu de ce que disait notre ami Musset?    Il faut souffrir encore après avoir souffert, il faut aimer sans cesse après avoir aimé...  ».  J'ai beau lire et relire ces mots, les « Il faut » me semblent les pires bourreaux.  Pourquoi faudrait-il donc qu'il y ait un lendemain et un après?   C'est quoi le verbe falloir?

J'ai pensé suspendre le journal pour quelques jours.  J'y ai pensé.  Je devrais le faire?  Oui, puisque je ne sais plus quoi écrire.  Mais je ne peux pas m'y résigner.  Comme si c'était un dernier petit lien que je n'ose pas couper.  J'ai déjà trop coupé, beaucoup trop.  C'est ça que je ne supporte pas, qui ne passe pas.  Qu'est-ce que j'ai fait?



Jusepe de Ribera (1636) 
Museo del Prado (Madrid)

Jusepe de Ribera (1651)
Museo Nazionale
di San Martino (Napoli)

Guido Reni
Pinacoteca Capitolina (Roma)

Guido Reni
Pinacoteca Nazionale (Bologna)

Guido Reni (1611)
Museo del Prado (Madrid)

Guido Reni (1615-1616)
Palazzo Rosso (Genova)
Le vendredi 9 février 2001,
[09:04]  Ça, c'est seulement l'heure où j'écris mon premier mot.  J'ignore toujours quand je vais écrire le dernier.  Je commencerai par aller me laver les cheveux.  Je reviens.  On regardera les Sebastian en attendant. 
 
[09:58] C'est fait.  Avec les cheveux propres, peut-être serai-je un peu moins down? [elle est pas down, mais triste].  C'est vrai.   J'ai hâte d'arrêter de me sentir aussi triste.  Je n'y peux rien.  Mais à la différence d'hier, j'ai plein de choses à écrire ce matin.  Triste peut-être, mais pas vide.  Bon, par où commencer, comme dirait ce cher vieux Barthes?  Mais tout doucement, par le commencemant, voyons Lady A., par le commencement.  Pigé Sir, Yes Sir!   (Ça c'est l'influence du jeu « Worms Armageddon », les petits vers, en combattant, disent toujours Sir, Yes Sir)

Alors hier, au plus bas de mes downs, j'ai mis la main sur trois, je dis bien trois e-mails des plus talentueux cyberdiaristes [sic] [ce mot me donne le hoquet] que je connais.  Je retiens de L. de ne jamais lâcher le plaisir pour l'ombre, de S. la recette d'une soupe aux cui-cui servie avec salade de coquelicots sous un coulis de chenilles façon GF.  Quand à R., je m'accroche à l'idée de ne pas réduire en bouillie les magnifiques parties du corps avec lesquelles je pourrai encore jouer quand la nuit va finir par tomber sur Montréal et ses putes.  Et je lirai Valium tout à l'heure. 

Toujours hier, en fin d'après-midi, un de mes dossiers a trouvé un écho plus que favorable dans la grande jungle médiatique.  Ce qui veut dire que  Script a reçu une proposition fort intéressante d'une revue qu'elle tient en haute estime, ben évidemment.  Rien pour me rendre millionnaire, mais du beau travail qui tombe en plein dans ce qui me tente d'écrire dessus (cute aussi la syntaxe à matin, héhé, j'écris comme ça parle dans les livres de Victor-Lévy Beaulieu). 

Me suis-je éloignée de mon sujet?  Ça se peut.  Je voulais parler de Saint-Sébastien.  Je suis pas trop partie dans cette direction-là.  Pas grave.  Il y a les images que je suis allée chercher sur le site mis en lien hier : http://bode.diee.unica.it/~giua/SEBASTIAN/  .  Ils ont presque l'iconographie complète de Sebastian plus une bibliographie et de tas de trucs intéressants.  C'est là que j'ai repiqué les tableaux, puis  modifié le format pour les faire entrer dans la marge.  En descendant la page un peu vite, on dirait que ce sont des danseurs de ballet.  Étrange.  Ces gars-là sont attachés pour être en principe torturés mais leur visage n'exprime aucune souffrance, bien au contraire.  Ils ont l'air en contemplation ou fascinés par quelque chose. En extase.  On dirait qu'ils ont pris la pose.  Ça, c'est l'idée du baroque.

D'où je pars et où je m'en vais?  D'hier.  Je me suis demandé pourquoi cette comparaison avec Saint Sébastien m'est venue et assez forte en plus pour que je l'écrive et que j'aille chercher le tableau pour bien montrer les plaies saignantes.  Je voulais illustrer ma propre douleur?  Pas sûr.   L'inconscient est très très ratoureux.  Je ne saurai probablement jamais comment ce petit lien s'est fait dans ma tête.  Et cela n'a aucune importance que je le sache (ou que nous le sachions).  Nous ne sommes pas en séance d'analyse, non?  Donc, si je ne cherche pas le pourquoi, je vais peut-être comprendre le comment.  Oui. 

[10:35] Je quitte pour quelques minutes.  J'ai envie d'un café au lait.  Je vous en rapporte un?  Après, je continue avec ces peintures du XVIIe siècle qui sont venues me relancer hier.  Il y a là matière à méditation.  Et je méditerai, je méditerai.
 
 



[14:10] Coucou.  Cette fine pluie qui tombe sur Montréal brouille pas mal les pistes de ce satané hiver.  S'il n'en tenait qu'à moi, on pourrait bien annoncer l'arrivée du printemps, pour demain! 

Retour à Sébastian.  Après brève consultation du guide iconographique de La Bible et les saints, deux types principaux de représentations du saint se seraient succédé chronologiquement.  Les premiers (et jusqu'au XVe s.) étaient des hommes d'âge mûr ou vieux et barbus, des soldats, chevaliers ou personnages de romans courtois, ils étaient habillés de tuniques, armures ou toges.  Puis le type juvénile est apparu vers le XIIIe, pour triompher vers le XVe; on s'est mis à peindre S. presque nu et criblé de flèches, attaché à une colonne. 

La première fois que j'ai entendu parler de Saint Sébastien c'est en lisant le roman de Yukio Mishima, Confession d'un masque.  L'écrivain japonais y raconte avoir vécu un choc qui l'a profondément troublé en regardant cette image pour la première fois.  C'était le plus grassouillet des Sebastian de Guido Reni, le dernier en bas, et Mishima écrit à ce sujet : « à l'instant même où je jetai les yeux sur cette image, tout mon corps se mit à trembler d'une joie païenne » , il raconte avoir eu sa première éjaculation tout de suite après.  Cette réaction de son corps aurait grandement troublé l'enfant qu'il était encore à ce moment-là, et il l'a expliqué en citant Hirschfeld qui place les images de saint Sébastien au premier rang des oeuvres d'art qui procurent aux invertis un plaisir particulier.  J'ai même lu je ne sais plus exactement où que Mishima se serait fait photographier en Sébastien... le "saint" des homosexuels.  J'avais oublié ces détails que je viens de retrouver dans mon journal papier d'il y a quelques années.  Faut pas trop se fier à la mémoire.

Mais c'était qui, ce fameux Sebastian qui a réussi à exciter autant l'imaginaire des peintres et autres artistes?  Là, on doit se fier à l'Histoire, et tenir compte de sa part de légende...  On dit que l'homme naît probablement vers le milieu du IIIe s. à Milan.  Vers l'an 283, on le retrouve à Rome, comme soldat sous Dioclétien qui le nomme commandant de la garde prétorienne.  D. ne savait pas que Sebastian était chrétien...  C'est là que l'histoire va se corser.  Sebastian se met à visiter et consoler les chrétiens emprisonnés.  Il convertit plusieurs Romains et fait tout ça sans se cacher le moindrement.  On l'arrête, on le condamne à mourir percé de flèches, par deux soldats.  On dit deux?  Mais, il n'en mourra pas.  Des femmes, dont Irène (la sainte) relèvent S. encore vivant et soignent ses blessures.    Une fois guéri, S. s'en va reprocher à l'Empereur de persécuter des chrétiens... ce n'est qu'après qu'il se fera bâtonner à mort, vers l'an 288.  Puis, on aurait jeté son corps dans les égoûts de Rome.  Pas trop glorieux, non?  Pauvre S., jeté comme un étron dans le Cloaca Maxima.  L'Histoire ajoute...  « d'où il fut retiré par une matrone chrétienne » qui l'a enseveli dans une catacombe sur la Via Appia, près de la basilique qui porte son nom.  Quelle histoire!

Le temps passe, je reviens plus tard pour noter quelques commentaires sur ce que « me disent »  ces tableaux dans la marge.

[19:25] Je remets à demain la suite sur Sebastian.  Je n'ai plus tellement le coeur à ça pour maintenant.   Mais c'est pas parce que ça va mal. 

C'est que j'ai commencé à lire Valium, à défaut d'en prendre.   C'est ce qu'il me fallait.  Bien évidemment.  La preuve?  j'ai fait du pâté chinois, comme C.M. en fait au premier chapitre.

Moi qui n'ai pas cuisiné ni presque mangé de toute la semaine, ce soir, je me suis fait un pâté chinois pour quatre et je suis toute seule.  Je n'attends personne.  Par choix.  Je sais pas si je vais en manger.  Je sais pas.  Mais j'en ai fait, et ça va sentir le gratiné qui cuit au four.  Les romans me font toujours cet effet-là :  l'envie de manger ce qu'ils mangent.  Il va me rester à expliquer à mes amis français c'est quoi du pâté chinois.  Ce sera avec plaisir.   Et puis j'ai ouvert une bonne bouteille de rouge, une bonne. 

Pour le moment je suis bien accrochée à ce livre.  J'ai lu les cinquante premières pages d'un seul coup.  J'pense que j'avais faim.  Alors je sais que je vais passer au travers aujourd'hui.  Pis demain, je devrais être capable de reprendre ma propre écriture, la vraie.  Le journal aussi.  Fiou!

D'autres e-mails d'encouragement sont arrivés.  Dont celui de C., si lumineux d'optimisme avec sa belle couleur vert espoir.  Tout cela me touche, me fait tellement chaud.  Je suis tombée dans une maudite belle gang de fous, comme ils disent au Cercle.  Fous, j'vous dis. 


Le samedi 10 février
[10:00] J'ai lu jusqu'à trois heures du matin.  Fini Valium.  Y ai retrouvé des phrases lues quelque part dans un certain journal.  Et puis d'autre phrases.  Une tonalité.  J'ai souligné, souligné.  Et quand Script trouve quelque chose à souligner dans un livre, tassez-vous de d'là...  Après ça, elle se met à noter, ça finit plus.  Quelques mots m'ont donc trotté dans les méninges jusqu'au matin, comme des parasites.  C.M. publierait-il son journal sous second ou triple pseudonymat, comme le chef de l'opposition?  N'étaient-ce que des citations?

Ah! quelle contamination.  Avec ça, le reste de la nuit je me suis fait réveiller à tout bout de champ par le vent qui brassait les grands arbres autour de la maison, qui repoussait l'air par en bas dans la cheminée, brr. 

Et Sebastian?  Plus envie.  O.K. un petit effort.  Pour finir la partie bio du gars qui est derrière le modèle des peintres, j'ajouterai que Sébastien est le troisième patron de Rome, après Pierre et Paul.  Je sais, on s'en fout.  Mais il est aussi le patron des armuriers.  Oui.  Et en plus, on l'invoque (qui ça?) contre la peste (prenez, pas plus tard qu'hier...) et contre l'épilepsie (voilà qui pourrait se révéler fort  intéressant ma foi...)

Pour en revenir aux images, c'est l'évocation et le jeu qui me plaît là-dedans.  Le fait que rien ne soit « dit ».  Les jeux d'ombres, de lumières et de couleurs sont intenses, puissants.  Il y a beaucoup de mouvement dans les corps même attachés.  Plus je les regarde ainsi disposés plus j'y vois une sorte de balai, de danse baroque :  l'anatomie est si parfaite.  Et toute la provocation du savant drapé (lui aussi lumineux) des maillots.  Ils dissimulaient quoi au juste ces petits chiffons noués avec grâce sous la taille? 

Que de beauté!  Aucune idée de torture ni de victime.  La lumière paraît jaillir du corps pour traverser et éclairer le tableau, comme une lampe allumée.  Le reste, ciel, terre, arbres, en deviennent encore plus obscurs.  Non, je ne vois pas là de saint ni de martyre.  Des êtres vivants.  Et le plaisir de la méditation.
 




Dans sa dernière lettre avant de s'effacer de la page, Jo Genêt avait écrit :

   « J'ai le goût de grimper sur toi.  J'ai le goût de m'accrocher à tes épaules.  J'ai le goût de remonter mes genoux jusqu'à tes aisselles.  Que tu l'enfonces, que tu m'enfonces, que tu me l'enfonces, qu'on touche enfin le fond pour émerger rageusement ruisselant d'éclaboussures mortellement vitales au delà, bien au-delà, encore plus loin que ça.
    « Je t'aime jusqu'à la fin de mes jours et de mes nuits.  Jusqu'à la fin de MOi.  »

C'est samedi.  J'ai beaucoup de ménage à faire ici.
 
 

[19:49]La tempête a fait rage une bonne partie de la journée.  C'est vrai que j'avais du ménage à faire, mais j'ai dormi presque tout l'après-midi.  Ces vents violents me fatiguent.  Alors la méditation a porté fruit.   J'ai mal à la tête.

Je refuse de perdre mes illusions une par une.  Je ne veux plus voir de fiction là où il y a tant de beauté.  Vers 18h00 j'ai cherché à renouer avec cette beauté.  J'ai exposé, partagé mes démons intérieurs.  Avoué que le grand couteau de la rupture n'était rien d'autre que la peur de souffrir.  La peur de l'abandon.  Comme si toute la partie d'échec était jouée d'avance et que j'avais déjà perdu ma reine.  J'ai honte.  Mais le jugement moral n'a pas de place ici.  Retour du balancier, a-t-il dit.  J'ai manqué de douceur.  Par peur.  J'affronterai désormais cette peur.  Il existe des êtres à qui il m'est impossible de  tourner le dos.  J'insisterai s'il le faut.  Je dirai tout.  La tempête est presque finie dehors. 

Ce que j'ai pleuré toute la semaine, j'en retrouve une description assez frappante en lisant C.M. (lettre de Mary-Raspberry) : 
 

«... je suis sortie de mon corps, je suis sortie du fil linéaire qui détermine temps et époque, et toi aussi tu en es sorti, nous n’étions plus que deux êtres, ayant tous nos âges en même temps et aucun à la fois, nous possédions cette sagesse calme, tranquille et heureuse que tous les poètes ont toujours inlassablement cherchée, cette béatitude intouchable, ce que peu atteignent, ce que je n’aurais jamais pu atteindre seule ou avec un autre. »
Cet état de béatitude intouchable, je l'avais découvert, déjà..  Je n'osais pas le reconnaître comme une réalité.   Et c'est moi seule qui ai cherché à y mettre fin samedi dernier, en tremblant de peur, comme si je n'y avais pas droit.  Mais c'est là et vivant.  Insistant.  Alors je suis mieux de dire oui, autrement cette vie-là n'a plus aucun sens. 

. . . faire ma lessive, maintenant?
 
 


 


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Le dimanche 11 février 2001,
[00:26] Cette page est dédiée au lancement de l'oeuvre de Scribouilleuse :  «  AU NOM DE TOUS LES NÔTRES ».  Scrib n'a pas ménagé son talent pour nous faire honneur à tous, une fois de plus.  Voyez, dans la marge, ne sont-ils pas magnifiques?  Infatiguables?
 
Pauvres minous. Y a des méchants qui ont dénigré votre omniprésente présence dans nos pages, alors on leur répond par la bouche de nos chatons. 

Moi, le mien, il s'appelle Garf, on le sait déjà.  Rien contre ça.  Mais, hier, j'ai dévalisé la CatS page de Scrib où je nous ai déniché ce petit Shahlâ :

Shahlâ, c'est la représentation de mon Garf la nuit.  Ou plutôt vers les cinq heures du matin.  Il arrive dans ma chambre et se couvre de ridicule.  Ce que je fais?  Je me lève et allume mon ordi.  Voilà, vous savez tout, c'est pour ça [almost] que des fois, j'écris dès les cinq heures du mat.  Pendant que ça cuit à l'ordi, je me dirige vers la cuisine avec Garf qui me court entre les pattes et me fait faire mes exercices de survie pour la journée.  Quand j'arrive au garde-manger,  j'ai déjà deux fractures ouvertes et comminutives du tibia et du radius, un oeil au beurre noir, trois dents cassées et cinq côtes de fêlées.  Mais ça, c'est les bonnes journées.  Et je lui prépare son bol de bouffe à minou avec ce qui me reste de membres sanguinolents.  Lui?  Il s'empiffre en ronronnant de plaisir.  Il me reste plus qu'à me faire poser des bras et des jambes bioniques.  J'ai pensé à me faire cloner.  Mais j'ai peur de le vexer. 
 

Après?  Après rien.  Garf passera la journée à stresser les poissons rouges ou encore à dormir.  C'est un vrai monstre.  Mais c'est mon monstre à moi, ce monstre-là, et je l'aime.  Voilà.

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J'en voudrais à personne de zapper avant d'arriver en bas de cette page. 

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