..L'HIVER 2000-2001
Et ceci est ma Plume...

Mise au point
On n'a pas compris???

Script,
c'est mon nom
de plume pour écrire
mon journal
dont le titre est
Script_O.mania.

Parce que écrire 
mon journal
ou écrire point com
est un poison
une véritable mani_a.

Lady A., c'est 
le pseudonyme
de mon MOI
et un surnom
que quelques amis
du Web
et d'ici [John et al]
me donnent pour vrai.

Qui suis-je?
Qui écrit ici?
Moi. Mais je suis désolée...[je mens]
ne pouvant dénoncer
ma véritable identité
je suis condamnée
à n'être personne,
ce que j'adore,

Script.
P.S. : J'ai beau
me fouiller 
les intérieurs,
je ne trouve pas
pas un gramme d'exhibitionnisme
en moi.
 
20. « I came so far for Beauty / I left so much behind »
 
Ô divine poésie, tu me tues.  J'ai entendu l'Homme  parler.  Son silence d'or.  Il dort.  One of us cannot be wrong. Il connaît pas coeur the details of our honeymoon.  Il torture la robe que je porte. 

J'ai rencontré une Winter Lady.  Au parc Jeanne-Mance.  Ce n'était qu'un squelette de cow-boy aux ossements jaunis.  Disjoints.  Et qui portait le famous blue raincoat.  Mais tout croche.  Moi, je voulais avoir le manteau.  Non, tu peux pas me dit l'Homme.  C'est juste des mots.  C'est même pas un vrai imper bleu.  Je peux mourir de rire de l'entendre prononcer Imper pour nommer le raincoat.  Sommes nous seulement les mauvais acteurs d'un film américain traduit outre mer? Tordant.  Agaçant.  Mais je le voulais moi, ce manteau là.  Ça déchire le coeur pareil même si c'est que des mots.  Encore plus.  Comme dire Surrender.  C'est trop.  I guess, I forgive.  I guess.

Continuer demain Les Entretiens avec les chenilles.  Oui.

Ô divine poésie, tu me tues.  J'ai entendu l'Homme murmurer.  Il ne dormait pas.  Il torture la robe que je porte.  Tous les détails de notre lune de miel.  L'autre ne fait que visionner en 3D par le trou de la serrure.  Voyeur. 

Ô, danse moi, danse moi toute la soirée d'hier et tout ce dimanche doré.  On a dansé.  On danse encore.  Dance me to the end of love.  Danse moi au bout du monde.  Il ajoute Laisse moi venir dans la tempête avec toi.  Oui.  Viens où j'irai.  Mais toute nue sous le famous blue raincoat. Non!

Il dort sur moi.  En silence.  On danse.   [We] came so far for Beauty.  [We] left so much behind.

 

 
Écrit à Montréal
Les samedi 03 et
dimanche 04 Mars 2001
Auteure : Script
Muses : Tori Amos et
Léonard Cohen


Ça s'en vient,
ces Entretiens?
Oui, oui.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Ainsi sera
mon bananier
à maturité (almost) :

Soif?
Attraper une banane, 
la mettre dans le mixer
ajouter un verre
de jus d'ananas,
une bouteille
de vin  blanc sec
et un peu de sucre.

Verser sur de la glace
et déguster
en attendant
que le bananier pousse

21. Le lundi matin, faut se remettre  à la tâche comme...

Moi? Me lever passé 9 heures un lundi matin?  Pas possible.  Pourtant, m'écouter, je retournerais dormir une heure ou deux.  Ou plus.  Me prélasser entre les draps.  M'étirer pour la centième fois comme un chat en refusant d'ouvrir l'oeil : le paradis.  Si bon que j'y passerais la journée.  Je veux dormir.  Mais faut que...

Premier réflexe, voir dehors.  Que se trame-t-il derrière les tentures de velours bleu?  Hiroshima?  L'Apocalypse?  Une journée de printemps pleine d'oiseaux?  D'été?  J'y vais.  Non.  Pas tout de suite.  Oui.  Il doit faire super beau et moi... je dors. 

Moi?  Passer mon temps couchée quand il fait beau?  Non.  Pas possible.  J'ai besoin d'air.  J'ai faim.  Une faim de loup.  O.K.  Je plonge vers le 5 mars 2001, sans regarder derrière.  Apocalypse ou pas.

On est le 5 mars?  Ça, ça mérite que je me réveille.  J'ai toujours rêvé de m'appeler Cinq-Mars.  Jalouse de ceux qui portent ce nom de famille.  Pas au point de changer de nom, mais jalouse.  Ne serait-ce pas plutôt de l'envie?  Ça va.  Un nom de famille avec un chiffre dedans.  Plus un nom de planète, ça doit être bon pour l'ego.  Forger une identité à toute épreuve, dure comme du fer.  Un moi indélébile.  Pas fragile.  Pas trop docile.  Pourquoi je suis pas née dans une famille Cinq-Mars?  C'est anticonstitutionnel.  Contre la Charte de droits z-et libertés.  Ou anticonstitutionnellement impossible.  C'est ça.  Je porterai plainte.  Je me plaindrai.  À qui de droit.  En bonne et due forme.  Nonobstant.

Toujours au lit?  Mon cas s'aggrave.  Pas capable me lever.  Je rêvasse aux Cinq-Mars.  En effeuillant la marguerite : me lève, me lève pas, fais une...  Non.  Vite.  Faut que j'écrive ma première page du cinq mars dans mon journal online.  Ça, c'est une bonne raison de me lever!  Faut aussi que je travaille comme une...
 

Coup d'oeil rapide à la fenêtre.  Y grisouille encore.  Vite un café.  Noir.

22.  ...et cætera

Ce Lundi Cinq-Mars aura passé beaucoup trop vite.  J'ai à peine eu le temps de déjeuner. De nettoyer la maison, puis de travailler quelques heures.  Pas fini.  Retravaillerai en soirée.  Avantages de l'horaire libre?  On dit ça!

 
Le reste?  Un saut à la boulangerie.  Provision de pain, croissants, jambon et fromage.  Ils avaient justement des petits pains remplis de pépites de chocolat.  Tout chauds. C'est comme de la brioche et ça porte le nom de «Viennois».  Divin.  Mon but?  Reprendre les quelques Kg perdus ces derniers jours.  Où diable s'en va donc cette si charmante chair? 

Et puis?  Un saut à la banque, vu que le facteur avait une surprise pour moi dans son sac magique : mon Remboursement d'impôt fédéral... que voilà des $$$ intéressants.  J'ai regardé le chèque et je lui ai dit : toi, je ne te dépense pas.  Je te « place », et dans quelque temps tu auras grossi et tu me rendras service... Avec toi, petit chèque, je m'envolerai.  Tu ne perds rien pour attendre.  Les cinq mars me portent chance.  Il devrait y en avoir plus souvent.  Non,  c'est pas de la chance, c'est juste que je me suis grouillée pour envoyer ma déclaration de revenus dès que j'ai eu tous les papiers en main.  Et que je sais compter.  Que j'aime les chiffres autant que les lettres.  Mais ça, c'est une autre histoire.

Quoi d'autre à signaler?  Rien de spécial.  Les gens heureux n'ont pas d'histoire.  Ah! oui... j'ai fait mes plantations l'autre soir, tel que prévu.  Les graines de bananier et d'oiseau de paradis sont en terre, les pots sont recouverts de plastique, bien attachés, pour garder l'humidité.  Et pour pas qu'ils prennent la fuite.  Dans la marge, quelques données complémentaires.

Et le reste? No comment!  Je ne parlerai qu'en présence de mon avocat.

Écrit à Montréal
Le lundi
05 Mars
CINQ MARS
2001
Auteure : Script
Muses : endormies

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Out of order...
Bizarre que le souvenir
de mes premières
lessives à Montréal
me revienne
justement ce soir.
Quand même.
Et bizarre aussi
cette expression.
Et si je ne retrouve
pas à l'instant le fil
de mon écriture,
pourra-t-on
en conclure
que je suis
out of order?

 

 
23. Out of order ou : aller faire un tour dehors pour mettre un peu d'ordre là-dedans.
 
Ça m'arrive de temps en temps de m'asseoir devant mon clavier et de constater que les mots refusent de se laisser écrire.  Pas qu'il n'y en ait pas.  Au contraire.  Ils sont trop nombreux à se bousculer dans ma tête.  Ils bourgeonnent, ils prolifèrent.  Congestion.  Bouchon de circulation.  Court-circuit.  Appelez ça comme vous voulez, ça n'y changera rien.  Je traverse l'une de ces pannes. 

Le contraire de la panne sèche est-il, par définition, une panne mouillée?  Et le contraire de l'angoisse de la page blanche, lui, serait-il le désir de la page noire?

Parce que si je laissais aller le flot, on risquerait de se retrouver avec un joyeux fouillis sur les bras.  À n'y rien comprendre, encore une fois.  Tiens, voilà que ça commence à s'ordonner un peu, qu'une sorte de canal se fait.  Mais pas dans le bon sens.  Fuir dans le métalangage ne m'apporterait rien.  Ni à personne.  Je ne veux pas gaspiller cette page de mon journal à écrire des réflexions inutiles sur le foisonnement et l'incapacité d'écrire.  Un cerveau trop plein n'est-il pas tout aussi disfonctionnel qu'un cerveau vide? 

Quand je suis venue vivre à Montréal, les premiers temps, je faisais  ma lessive dans un Laundromat (laverie).   Quand une machine tombait en panne, ils prenaient un papier brun pour s'essuyer les mains et dessus ils écrivaient : Out of order.  Et ils plaçaient ce papier sur la machine à laver en question.  Comme je ne comprenais pas tellement l'anglais, je cherchais la signification de ces billets du côté de «order = ordre», puis de «out = dehors».  La machine est en dehors de l'ordre?  Ils ont donné ordre à la machine d'aller dehors?  Personne autour pour me répondre.  Ceux qui s'occupent de l'ordre sont dehors?  Je continuais mes variations sur ces deux mêmes thèmes.  Après mure réflexion, et surtout après avoir perdu des sous dans la machine, j'ai fini par piger...

Quoi?...

Je pense que je vais aller faire un tour dehors, mettre un peu d'ordre dans mes pensées.

  

Écrit à Montréal
Le mardi
06 Mars
2001
Auteure : Script
Muse : Roger Rabbit
 



 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 


J'en ai aucune idée.

 

24. Encore plus Out of order qu'hier? On peut pas toujours avoir un lapin à faire sortir de son chapeau!
 
J'ai fait tout le ménage de la cuisine.  Le facteur n'a rien apporté d'autre que de la pub.  Je n'ai pas plus envie d'écrire dans ce journal.  C'est pire qu'hier, ça me donne la nausée.  Ni dans mon roman non plus.  J'imagine que ça va passer.  Je m'occupe.  Je nettoie.  Je range.  Ce n'est pas un luxe. Cette maison est un bordel.  Les journaux se mélangent aux chaussettes, aux mitaines et aux restes de café.  Les bouteilles de bière et de vin vides courtisent les mégots et les cartons de pizza au fond du bac à récupération qui n'a pas été sorti depuis trois semaines.  J'ai téléchargé des Mp3.  Aquoibon en avait parlé dans son journal.  Ça m'a fait penser.  Je suis allé chercher quelques Gainsbourg.  Bonne idée.  Je me suis fait un sandwich au jambon avec de la laitue Boston, c'est bon, j'ai mis beaucoup de moutarde de Dijon et un piment rouge fort.  J'ai éternué.  J'ai bu un thé English Breakfast.  Bouillant.  Et noir.  Le temps passe.  Trois heures plus tard, je n'arrive plus à rien télécharger sur Napster.  Est-ce la fin du monstre?  Merci.  J'en ai bien profité.  La mémoire est pleine.  Que faire?  Finir le ménage.  Coller ma plume dans la marge.  Aller me chercher une fleur?  Trop d'ouvrage.  Faire un effort.  Coller au moins un iris.  J'en ai vu hier, des iris bleus, chez le fleuriste.  Ils sont 0,99 cents chacun.  J'en ai pas acheté.  J'écoute en ce moment un montage que j'ai fait.  Je vais l'écouter ad nauseam (facile, j'ai déjà la nausée) : 1) J'en rêve encore; 2) Italian Concerto ; 3)Je t'aime moi non plus; 4) La dame de Haute-Savoie; 5) My Weakness; et 6) Red Red Wine; 7) Silent all These Years.  Pas de logique à ça.  J'ai envie de mourir.  Ne m'écrivez pas, je ne répondrai pas.  Laissez moi crever en paix.  Foutez moi la paix.  Finir le ménage.  Faire encore des courses.  Le menu pour samedi.  J'ai invité plein de monde.  Grand dîner.  Gastronomie.  Les p'tits plats dans les grands.  Présenter l'amoureux avant que la tribu au grand complet ne décide de me trucider.  Quoi que.  Je finirai par mourir d'amour.  C'est trop bon.  Et arroser les plantes.  Et écrire des idioties, Last Call

On peut pas toujours avoir un lapin à faire sortir de son chapeau, haut de forme.
À moins que ce ne soit un chapeau melon?
 
 

Écrit à Montréal
Le mercredi
07 Mars
2001
Auteure : Script
Muses : De Palmas,
Gould,
Gainsbourg,
Cabrel,
Moby,
 Bob Marley,
Tori Amos et Leonard Cohen
 


Chouette chevêche.  Image trouvée
sur le  site des philosophes de l'IUFM
(Toulouse)

Chouette de la Cité d'Athènes
(Ve siècle av. J.C.)

Toujours de mes philosophes
de Toulouse.
Ils ont fait
de la Chouette
le signe
de leur publication,
une «revue
de philosophie
et de résistance
à l'ignorance
et à la bêtise
de la plus petite
commune culture
actuelle».

25. Et la chouette, familière des écritures telle une femme enrouée, discourt dans les cités en ruines
 
Hier, soirée littéraire chez Olivieri, puis dîner avec des amis dans un petit restaurant italien que je ne nommerai pas.  Et pour finir, un saut dans le Vieux Montréal pour écouter du Blues jusqu'aux petites heures du matin. 

En rentrant à pied par les sentiers qui contournent le Mont-Royal, versant est, du sud au nord, rencontré deux petits hiboux.  N'était-ce pas plutôt des chouettes?  Les deux oiseaux avaient cette allure-là, mais avec un peu plus de gris et de beige dans les plumes.

Elles étaient perchées sur une branche basse et elles ont volé pour se poser à quelques mètres devant nous, sur un banc de neige.  Elles étaient très proches l'une de l'autre, et l'une [le mâle] caressait son amour avec ses ailes, tout doucement.  Elles chantaient aussi, ou bien elles parlaient?  C'était une succession de sons, comme des vocalises brèves.  L'Homme m'a prise dans ses bras.  Dans la douceur de la neige, un moment privilégié et intime que je ne décrirai pas.  Ceci est à moi, à nous.

On dit que dans l'Antiquité, la chouette chevêche était le symbole d'Athéna, la déesse grecque de la sagesse.

J'écoute Ol'55 et Downtown Train, en écrivant.  L'après-midi s'achève.  Le séjour de P. aussi.  Cela m'attriste.  Je ne devrais pas y penser.  J'ai écrit ce journal aujourd'hui, comme si je racontais un rêve.  Pourtant, cette vie est si intensément réelle. Comment peut-on la rêver?  Je préfère la vivre.
  

«...et la chouette, familière des écritures telle une femme enrouée, discourt dans les cités en ruines.  Tous ceux-là sont des gardiens du Sens.  Mais souvent,

Tel un incendie

éclate la confusion des langues.»

Holderlin
D'où je tire cette citation?
 
 
 
 
 
 
Écrit à Montréal
Le jeudi
08 Mars
2001
Auteure : Script
Muse : Tom Waits

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