| .L'HIVER 2000-2001 |
Nouveaux Entretiens de Script avec les deux Chenilles vert lime tachetées de noir et orangé pas poilues sur l'émergence du sublime et des états d'âmes des chenilles grises poilues dans la pratique onaniste aseptisée du diarisme virtuel non transmissible sexuellement (l'hypothèse est à vérifier).
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1er février 2001 |
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[15:10]Une
sieste de deux longues heures m'a fait du bien. Avant, j'ai nettoyé
toute la vaisselle sale qui s'empilait depuis trois jours dans la cuisine.
Fait une lessive. Lavé à fond la salle de bain.
La dernière corvée de la journée qui m'attend après
la rédaction de ce quatrième billet (déjà?)
sera de payer les factures qui s'accumulent aussi vite que la vaisselle
sale. Je me demande bien pourquoi j'écris tout ça.
Comme si le fait de consigner et noter les moindres trivialités
de la vie leur redonnait un peu de dignité. Illusione.
J'ai encore besoin du chant des oiseaux pour retrouver en moi l'espace intérieur du monde. Copier/Coller : ils apparaissent. Maintenant, les entendre. Copier? Illusione. J'ai beau mobiliser toute mon imagination, faire appel à ma mémoire, je n'y arrive pas. Le nid est vide. |
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Le
lundi 5 février 2001,
[08:47]
J'ai
trouvé une méthode pour planifier mon temps de lecture des
journaux online. J'avais jeté quelques idées
sur papier (écran) le 23 janvier.
J'avais oublié? Mais non!
C'est que depuis ce jour, sans m'astreindre à opter pour l'une ou l'autre des deux approches, j'ai navigué en me regardant naviguer. Je me suis observée du coin de l'oeil. Ce que j'ai vu? Que je perds beaucoup trop de temps à lire des journaux qui ne m'intéressent pas vraiment. Cela ne serait pas un problème si j'avais des journées de 48 heures. Et comme il y a de plus en plus de journaux, il devient nécessaire de sélectionner, d'éliminer. Encore la discipline? Oui, mais une discipline de lecture qui ne m'est nécessaire que parce que je suis boulimique. Alors, qui j'élimine maintenant? Je ne donnerai pas de noms ici. Disons que je préfère les diaristes qui « écrivent », ceux qui me rejoignent, d'une façon ou d'une autre. Et ensuite, me fixerai-je une durée de lecture étanche? Si la limite était trop étroite, comme je me connais, je tricherais. Alors déterminer une durée approximative par jour ou aux deux jours me convient mieux. C'est maintenant ce que je fais : une case insérée à mon horaire, dans l'agenda, ni plus ni moins... Picorer au hasard? Oui et non. Picorer est dangereux, on se laisse prendre à n'importe quoi. Alors je picore (puisque j'aime ça) une fois par semaine. Le reste du temps, non. Discipline. J'ai remarqué que c'est en picorant que je perds du temps. Par contre, c'est en picorant aussi que je fais de belles découvertes. Alors je ne m'en priverai pas, mais moins souvent. Par exemple, une petite orgie dans des tas de journaux online le samedi matin, incluant ceux que j'ai mis sur ma black list . Smiley, ici. Et le
calendrier de lecture? Encore là, oui et non. J'ai besoin
d'ordonner la chose, mais je n'ai pas besoin de me construire un système
compliqué. Je m'abonne (inscription sur la liste de diffusion
de la CEV, ou autrement) à mes préférés, et
la liste apparaît dans ma boìte de réception.
Et c'est à partir de cette liste de mises à jour que je commence
à lire. J'ai essayé, ça marche. Avec ça,
je peux respecter mon horaire. Génial.
[18:50]Je
ne prévoyais pas revenir écrire dans ce journal aujourd'hui.
Mais j'y reviens. Et sachant que je serai lue, je ne sais même
pas comment aborder ce qui veut s'exprimer. Il faut pourtant que
je confie cela ici, n'est-ce pas mon journal? Et à quoi pourrait
bien me servir ce journal si je ne peux pas m'enfermer toute seule avec
lui quand ça va mal pour moi? Quand je dis ça va mal,
je ne dis rien. Ce n'est même pas le commencement du bout de
la queue de l'ombre de ce qui va mal. Un cauchemar commencé
avant-hier soir. J'ai voulu me montrer forte. Plus forte que
le début du commencement du bout... bref, je me suis construit
une carapace pour ne pas trop souffrir : samedi soir, je me jette
dans le travail; dimanche matin, recours à la poésie et à
mes chers livres, au nettoyage; lundi matin, replongée dans le travail
et les rationalisations, pour durer. Et pour rester accrochée,
du côté de la vie. Lundi soir arrive? Je m'asseois
devant mon assiette pour le dîner et les larmes jaillissent.
Je ne mangerai pas. Quelque chose ne passe pas. La gorge est
nouée. Ce qui se passe? Une rupture qui m'arrache
le coeur.
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Le
mardi 06 février 2001,
[09:41]
Voilà.
Le mot rupture vient de faire sa place dans le
Lexique.
Je préférerais que ce mot n'existe pas. Ni ses 57 synonymes
d'ailleurs. Comment on dit déjà? Faire avec?
On verra. Ce matin, le déjeuner refuse de se laisser avaler.
Pourquoi le café est-il devenu si amer?
Tout à l'heure, la neige tombait à gros flocons, immenses, comme des boules de ouate. Et maintenant, tout s'est arrêté. Le ciel est blanc, si blanc. Lumineux. Ma table de travail est jonchée de paperasses de toutes sortes. La boîte de réception d'Outlook est pleine de e-mails. Je ne réponds plus, à personne. J'attend pour voir jusqu'où elle peut se remplir avant d'éclater comme une grosse grenouille pleine de boucane. Ici, Script fait la grève. Du piquetage. Débrayage général. Z-entendez pas les klaxons? Même Chartrand est dehors en train de crier. Désagrégation. Hier,
j'ai fait la liste des mots qui attendent leur place dans le lexique; voilà
ce que ça donne : un gros retard. J'y travaillerai donc
et n'écrirai pas autre chose ici tant que je n'aurai pas fait cette
mise à jour sur l'autre page.
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Clavieris scriptomania focus (c'est pas contagieux) |
Le
mercredi 7 février 2001,
[09:36]
Un
autre matin. Comme les autres? Non, celui-là est pire.
Pourtant, je vois du soleil s'infiltrer à travers les barreaux de
ma cage. Cette nuit, je me suis métamorphosée en oiseau.
C'est pour ça que Garf miaule comme un perdu.
Le chat a pas dû aimer que je fasse la grève hier. Il apprécie pas tellement les synonymes non plus. À part moi, qui est-ce qui gribouille sans arrêt, en s'accrochant sans vergogne à quelques synonymes? Que l'on ne se méprenne pas sur le but de l'exercice. D'abord, c'est pas un exercice. Ce n'est surtout pas une recette pour s'en sortir. Écrire c'est ne pas avoir le choix de faire autrement. Est-ce plus clair? Ceux qui peuvent faire autre chose que d'écrire sont bien chanceux, qu'ils le fassent. Mais quand on écrit qu'on est capable de se peinturer dans le coin de sa petite cage toute seule, sans pinceau, juste en tapant sur un clavier, on sait rien faire d'autre. On sait rien, point. On a pas besoin de savoir. Pas besoin, les autres vont s'en charger. Ceux de l'autre côté du pont. Mon journal est tout sauf une forme d'écriture réparatrice comme disent les psy. Ceux qui y croient, tant mieux. Ce n'est pas moi qui m'opposerai à la folie ordinaire. C'est mon pain quotidien. Dans ce journal-ci, je n'écris pas pour guérir de quoi que ce soit. Mais pour agraver mon cas, creuser le plus possible dans mon obsession. Mes obsessions. Comprendre que les souffrances que la vie m'apporte si généreusement sur un plateau d'argent, j'en ai besoin pour rester en vie. Tout ce qui pourrait endormir le mal m'éloignerait de moi. Et je recommencerais à faire la grève. Script ne supporte aucune addiction sauf l'écriture. Alors j'essaierai de faire comme hier, travailler encore dans le Lexique parce qu'il y manque plein de mots. Avec ça, essayer de boire un peu d'eau. [J'ai révisé et corrigé cette entrée pleine de fautes et d'imprécisions à 13:50] |
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