comment ne plus faire l'amour avec...

octobre 3, 2006

mon dos parfait

Mal dormi : le dos fatigué par ma journée d'hier, plus les restes d'un rhume qui s'est compliqué d'une bronchite avec la sinusite en toile de fond. Et le travail, toujours.

Hier matin j'ai au moins réussi à faire le grand nettoyage de la salle de bain. Par ailleurs, je me demande comment diable j'ai pu développer une aversion pour la lessive, que je n'ai pas attaquée depuis trois semaines. Le panier à linge déborde. Enfilé la dernière petite culotte propre - et bleue - tout à l'heure [heureusement que j'ai une bonne provision de vêtements] avec l'envie de me recoucher pour une longue sieste bienheureuse au lieu de faire cette damnée lessive qui me pèse. C'est pourtant facile avec la machine. Mais juste à l'idée de trier les vêtements sales, de les toucher et prendre et de les plonger dans l'eau savonneuse, et ensuite de les sortir de là, lourds et fripés pour les mettre à sécher, sans parler des opérations pliage et repassage, ça me lève le coeur et je frissonne d'horreur. D'habitude j'aime ça, pourtant.

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Au moins les tournesols sont là et j'arrive à garder la cuisine propre. Je suis un peu inquiète pour tous les légumes que je n'ai pas encore cueillis parce que pas tout à fait mûrs : encore des pommes de terre, des tomates, courges, carottes, haricots secs, navets, betteraves, épinards, bettes et le persil, la sauge et plein d'autres choses. On annonce du gel dans la nuit de jeudi.

J'ai arraché neuf plants de tomates [la variété « Principe Borghese », il reste de nombreuses grappes encore vertes et jaune orange] et je les ai suspendus dans la cave, tête en bas. Et là les fruits devraient finir de rougir tranquillement ; les grosses tomates, je devrai sortir le ramasser tout à l'heure, encore vertes et je les mettrai à mûrir à l'ombre dans des tiroirs ou je ne sais où.

Hier il a fait soleil tout l'après-midi. Beau temps doré d'automne et j'ai cueilli les raisins, coupant chaque grappe une par une avec un sécateur. J'ai pesé le tout et ô surprise : 23 kilos de raisins !

mini vendanges

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J'ai pris cette photo après avoir recueilli le meilleur de la première vigne : elle m'a donné 15 kilos à elle toute seule. Les deux autres beaucoup moins, elles n'ont que trois ans. Ça mérite le nom de vendanges ça, 23 kilos de raisins pour trois pieds de vigne ?

Moi, je dis que oui. Et j'ai pris beaucoup de plaisir à faire mes vendanges. C'est fou, cette générosité de la vigne, ça m'a émue. Bref, je ne m'attendais pas à ça. Pas autant. Qu'allais-je faire de tous ces raisins ? Délicieux, et sucrés. J'en ai pressé quelques grappes, le jus était doux, d'un beau rouge rubis foncé, riche et tendre, avec des saveurs de petits fruits et... de soleil. Je n'ai jamais goûté au soleil, mais celui d'hier devait avoir goût de raisins.

Tiens, me dis-je, et si je faisais du bon vin rouge ? Je sais. Faire du vin, c'est un art. Mais ne suis-je pas une artiste ? Et curieuse d'apprendre, d'expérimenter. D'avancer dans la vie en la goûtant et en savourant ce qu'elle a de meilleur [et de pire aussi] ?

Et puis il semble qu'en matière de vin, le verbe « faire » ne suffit pas. Il s'agirait plutôt d'« élaborer ». Donc de créer. Le croirez-vous ? J'ai lu, me suis renseignée sur le sujet. Pas le temps de cogiter trois jours. Mes paniers attendaient dehors. Je les ai entrés dans la cuisine et commencé l'égrappage que j'ai terminé à trois heures du matin. Me suis à peine arrêtée une demi-heure vers 19 heures pour faire griller et manger une côtelette de veau [avec des tomates]. Et puis j'ai continué d'élaborer.

Et c'est ainsi que beaucoup plus tard je suis tombée dans mon lit avec mon dos parfait comme un désert quand la tempête a passé sur nos corps. Et j'ai dormi mal. Au matin, j'ai ouvert le grand cahier du jardin et en haut d'une belle page blanche j'ai écrit : « Élaboration de Vin rouge - Année 2006 - Carnet de bord ». Sur cette page j'ai noté chacune des étapes de la journée d'hier : outils, méthode, température, tout. Et celles d'aujourd'hui aussi, je les écrirai. Le pire qui peut sortir de cette expérience, c'est que je me retrouve avec quelques bouteilles de bon vinaigre.

octobre 7, 2006

absences

Il se passe quelque chose avec ce journal, qui m'en éloigne. Quelque chose qui prend l'allure d'une grande lassitude, d'une insidieuse et lente nausée.

Dépasserai-je la vague morte ? D'où cela me vient, et à quoi cela pourrait me conduire, je ne le sais que trop bien.

Je m'applique à la patience, à la fidélité. À moi-même. À l'autre. Et à lui, aussi. À tracer parcimonieusement les quelques lignes du matin au sortir d'une nuit trop courte et agitée.

Le mal de dos se précise, se focalise autour d'un point central entre les omoplates. Me grimpe le long du cou et pèse. La peine, encore.

J'ai creusé des lacs dans la nuit debout. À pleines mains les raisins défaits, chauds. Les yeux fermés.

Je ne fais pas le vin. Je n'élabore pas, rien. Le vin se fait tout seul. La mouture chauffe et bouillonne. Aux quatre heures, je plonge l'épais « chapeau » de pelures flottantes, remonte le jus par-dessus. Plus le liquide rougit et goûte piquant, plus les raisins se vident et troquent leur belle couleur bleu noir pour un prune délavé.

Le vin entre dans le jour cinq de sa « macération / fermentation ». Cela se passe dans une petite chambre fermée. Sur une table en pin, dans une cuve blanche entourée d'une chaude couverture en polar de couleur bourgogne. Il ne doit pas « prendre froid », ni « avoir trop chaud ». Je vérifie la température deux fois par jour avec un thermomètre spécial, mais les mains et le nez - le souffle - apprennent vite et savent déjà.

Ma peau le sent et je reconnaîs, avant de les lire, les chiffres : comme un tic-tac, cela oscille et se promène de 26° à 30°C. Le vin se fait tout seul. Je ne fais que l'accompagner. Assister à son fleurissement.

Les nuits sont blanches. Courtes et froides. J'ai vu une lune ronde, accrochée haut sous les croisées, lancer des nuées d'argent sur le bosquet de pins gris aux longues branches rêches vêtues de noir. Et déposer une rosée de gelée blanche sur les herbes du jardin.

Les jours fatigants. La récolte se fait. La cave se remplit de légumes. La terre des potagers retrouve sa nudité brune.

Et ce dos qui me fait souffrir, cette folle tristesse, qui me ronge, alors que j'aimerais passer mes journées à chanter et à me réjouir. Ce n'est rien d'autre que l'absence de l'amant.

octobre 10, 2006

ode à la blogosphère

Je n'avais jamais ôté mon chapeau
Devant personne
Maintenant je rampe et je fais le beau
Quand elle me sonne
J'étais chien méchant elle me fait manger
Dans sa menotte
J'avais des dents de loup, je les ai changées
Pour des quenottes!

Je me suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je me suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait Maman quand on la touche.

J'étais dur à cuire elle m'a converti
La fine mouche
Et je suis tombé tout chaud, tout rôti
Contre sa bouche
Qui a des dents de lait quand elle sourit
Quand elle chante
Et des dents de loup, quand elle est furie
Qu'elle est méchante.

Je me suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je me suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait Maman quand on la touche.

Je subis sa loi, je file tout doux
Sous son empire
Bien qu'elle soit jalouse au-delà de tout
Et même pire
Une jolie pervenche qui m'avait parue
Plus jolie qu'elle
Une jolie pervenche un jour en mourut
À coups d'ombrelle.

Je me suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je me suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait Maman quand on la touche.

Tous les somnambules, tous les mages m'ont
Dit sans malice
Qu'en ses bras en croix, je subirais mon
Dernier supplice
Il en est de pires il en est de meilleures
Mais à tout prendre
Qu'on se pende ici, qu'on se pende ailleurs
S'il faut se pendre.

Je me suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je me suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait Maman quand on la touche.

Qui n'a pas reconnu la chanson « Je me suis fait tout petit », de Georges Brassens. Empruntée aux fins de métaphore, la métamorphose se trouvant en rupture de stock.

Ma muse s'amuse à remplacer le mot « poupée » par n'importe quoi - ou qui - d'autre [la vie, l'amour, la mort, untel, unetelle] et ça marche à tout coup ! Yep.

octobre 12, 2006

in vino veritas

Après plus de quatre jours de soleil, enfin c'est la pluie. J'ai profité du beau temps pour finir quelques gros travaux dehors. Éreintants. Rien pour guérir un mal de dos. Je vais pouvoir souffler un peu. Les analgésiques [tylénol] n'aident pas beaucoup. Je n'ai pas envie d'aller voir un médecin, de toutes manières, je ne connais aucun médecin par ici n'ayant jamais été vraiment malade depuis mon arrivée dans la région. Ce mal finira bien par disparaître comme il est venu et avec les moyens du bord : bains et compresses chaudes, massages, repos.

Fait pas chaud dans la chaumière, surtout humide. J'ai installé une petite table proche du foyer. Depuis deux jours, j'allume le feu dès le matin. La réécriture de mon roman avance bien, une à deux pages par jour. Je continuerai mon travail bénévole à la bibliothèque à raison d'une soirée par quinzaine. J'aime ça mais je ne peux pas donner plus de temps, pour le moment. Dire que l'an dernier à pareille date, je vendais la maison de Montréal et je me préparais à déménager, je n'en reviens pas de tout ce que j'ai fait depuis un an. Tout laisser, ou presque, n'aura pas été facile. Vraiment pas facile.

Autrement, l'opération « vin » suit son cours et je n'ai rencontré aucun problème sérieux. Juste un peu fatigant de me lever chaque nuit pour ne pas interrompre les « brassages » qui doivent se faire aux quatre heures. La grosse fermentation est a peu près terminée, le test de densité indique 0.098, et ça goûte déjà bon, j'aime la couleur, et le marc flotte dans le moût et ça macère joyeusement là-dedans. Quand j'aurai pressé, soutiré et transféré le précieux liquide dans la dame-jeanne, il portera le nom de vin. Mais non. Ce que j'ai goûté tout à l'heure, c'est déjà du vin, très jeune et plutôt nerveux, mais néanmoins vin. II lui reste à se développer, se raffiner, s'étoffer, ça peut prendre jusqu'à un an mais dans trois mois, on aura un vin nouveau.

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Mais le plus gros du travail fut de tenir les drosophiles à distance. Il s'en trouvait quelques unes dans la cuisine à cause des tomates et autres fruits laissés sur les tables, à mûrir. Erreur. Elles ont vite suivi le chemin de la petite pièce où j'avais placé la cuve, porte fermée. Grand nettoyage des murs et planchers chaque fois que j'en voyais une. J'ai lu quelque part qu'une seule de ces bestioles miniatures peut « piquer » le vin, c'est à dire le faire tourner en vinaigre. Je n'ai rien contre le vinaigre, mais ce vin, je veux le boire un jour et non pas en faire de la vinaigrette.

En faisant des recherches j'ai appris des tas de choses, notamment tout ce que vous devez savoir sur l'élevage de la drosophile, qualifiée d'aliment vivant par excellence pour lézards, grenouilles et compagnie. Fabuleux. Mais que de travail. Et que dire de la page Front de libération des drosophiles ? J'adore. Leur logo est superbe.

La drosophile, on l'appelle souvent la mouche à fruits ou la mouche du vinaigre. J'ai appris comment m'en débarrasser et aussi trouvé une mine d'autres informations sur le site de l'Insectarium de Montréal. Et la petite mouche est très utile à la science.

octobre 29, 2006

petite neige

Voilà qu'ils se sont encore amusés à changer l'heure la nuit dernière si bien qu'au matin, pas une seule des horloges de la maison n'était à l'heure.

Il fait par ici un froid de loup et un vent à écorner les boeufs sinon à ne pas mettre un chien [serait-ce un chat ?] dehors. J'aime bien ces petites expressions toutes faites qui nous reviennent en mémoire parfois toutes déformées par le temps et le mésusage. C'est-tu un mot ça, « mésusage » ? Comment savoir sans chercher ? Et non je ne chercherai pas ce dimanche. Je fais la grève. Pas envie de chercher.

N'empêche qu'avec ces vents qui soufflent fort et de tous les bords en même temps, je commence à craindre que le toit parte au vent. J'avais un beau petit tapis violet sur la galerie, il est devenu violent et puis il s'est envolé durant la nuit. Une maison d'oiseau qui était sur la table du jardin en attendant que je l'accroche dans un arbre est rendue sous la table. Les chaises en bois sur la terrasse se sont couchées sur le dos, pattes en l'air. Et puis pourrait-on m'expliquer pourquoi il a neigé partout hier sauf ici ?

Je peux voir la neige sur les montagnes de Charlevoix. Il a neigé sur Charlevoix les chanceux, et c'est en face d'ici, de l'autre côté du fleuve. On dit même qu'ils ont eu de la belle neige toute blanche dans les Cantons de l'Est, à Saint-Tite-des-Caps, à Saint-Jean-des-Piles, en Abitibi et jusque dans la Réserve faunique des Laurentides [à moins que ce ne soit Lanaudière]. Bref, partout. Pas ici. Snif. Petite neige, pourquoi me boudes-tu ? De quoi te plains-tu ? Qu'est-ce que je t'ai fait ?

J'ai allumé le feu après avoir mis au four un gâteau au chocolat, oubliant que c'était l'heure de partir au ciné-club. Il n'y a qu'un bon vieux film par mois et il faut toujours que je le rate pour une raison tout à fait triviale. Enfin, j'aurai toujours le gâteau pour me consoler. Il sent bon en plus, cette fois je l'ai réussi, pas brûlé du tout et bien fondant au milieu.

La petite poule est revenue ce matin. Ça fait trois jour qu'elle se promène par ici. Avant elles étaient deux, très belles avec des colliers de plumes sur les pattes et autour du cou. Des poules d'une race spéciale que je ne connais pas. Normal, je ne connais rien aux poules. Et le sujet poule ne m'intéresse pas beaucoup. J'ai essayé de la photographier, pas moyen. Dès qu'elle m'aperçoit à la fenêtre, avec l'appareil, elle se sauve à toutes jambes direction poulailler du troisième voisin côté sud qui laisse ses quelques poules en liberté, je me demande bien pourquoi. On m'a raconté qu'il aurait dit à quelqu'un du voisinage : les poules, si elles se rendent jusque chez vous et que vous pouvez les attraper, gardez-les. Si je n'ai rien dans les mains, la poule grise qui vient depuis trois jours de suite je l'ai déjà dit continue à picorer et à se promener ici et là sans se presser en avançant le cou à chaque pas. Je n'essaierai pas d'attraper la poule, juste la photographier me plairait bien. Et puis aussi, si elle daignait me pondre un oeuf de temps en temps, ça serait bien gentil de sa part.

Il se passe des choses étranges, madame chose. Les heures changent de place, les vents sont glacés et emportent tout sur leur passage, peut-être même mon toit. Les chaises de jardin culbutent et font la roue. Les maisons d'oiseaux se planquent sous les tables. Les tapis s'envolent. Qui c'est qui m'a volé mon tapis volant violet violent ? Pire, la neige me boude et refuse de tomber ; et les poules en liberté ne veulent même pas me pondre leurs oeufs et encore moins poser pour mes rhapsodies. Quelle vie de chien.

novembre 27, 2006

sos parc Orford

Richard Séguin a offert une chanson « Nos Héritiers - Orford » à la coalition SOS Parc Orford. J'ai obtenu ces informations dans l'Infolettre de SOS Orford. Suivre ce lien pour voir le clip video et le reste.

Cliquer sur le bouton vert pour écouter la chanson.

Les paroles :

la montagne est triste
blessée en son flanc
il faut qu’elle résiste
aux blessures de ce temps

on se moque ouvertement
des porteurs d’avenir
on se moque ouvertement
des empêcheurs de tuer en rond

car aujourd’hui devant nous
nos héritiers
se font voler

les sources
à l’ombre de l’Orford
aimées par le poète
les sources qui coulent sur sa couche
appartiennent à ceux qui viendront

et vous de mes Cantons
et vous de tout l’pays à vivre
la fraude que voilà n’a rien de régional

car aujourd’hui devant nous
nos héritiers
se font voler

on se moque ouvertement
des porteurs d’avenir
et je crois, que le temps presse
et je crois, que le temps presse

aujourd’hui devant nous
nos héritiers
se font voler

Texte : Rachel Lussier
Musique : Richard Séguin

Le temps presse. Vraiment. Il y aura un spectacle bénéfice le dimanche 3 décembre prochain à 15 heures, au Théâtre Granada, 53, rue Wellington nord. Dans la belle ville de Sherbrooke. L'argent recueilli servira au financement du recours judiciaire : le gouvernement Charest s’apprête à déposer un appel d’offres pour vendre les terrains.

Le spectacle de Clémence DesRochers et Richard Séguin sera animé par Marina Orsini et Serge Postigo. Avec la participation spéciale de Jean-Pierre Kesteman.

Les billets sont disponibles au théâtre, 819-565-5656, ou au www.ovation.qc.ca, pour des réservations en ligne.

On demande de faire suivre l'information, svp.

décembre 7, 2006

et ces gâteaux aux fruits ?

Je les ai préparés cet avant-midi. Ils sont au four depuis midi pour une cuisson de trois heures à 250 degrés F. Et voilà que je ne retrouve plus le petit cercle du degré sur mon clavier. Windows XP a dû être réinstallé la semaine dernière et je n'ai plus le clavier d'avant. J'avais un qwerty canadien anglais depuis toujours et maintenant je me débats avec un qwerty canadien français, ou vice versa. Enfin, ce n'est pas si grave.

gateaux.jpg

Photo prise en début de cuisson. J'en ai fait un dans un moule à pain en pyrex et l'autre dans un moule couronne. On n'a plus qu'à imaginer les gâteaux gonflés et bien dorés. Et attendre à trois heures pour les sortir du four et les déposer sur une grille pour les laisser refroidir. Ensuite les badigeonner avec un mélange de deux alcools [brandy et grand marnier]. Puis les laisser reposer une heure et ensuite les démouler.

Pourquoi tu fais des gâteaux aux fruits, me direz-vous ? D'abord parce que j'aime ça. C'est sucré, épicé et plein de fruits et d'amandes. C'est aussi bon avec du thé qu'avec un grand porto. Et puis par attachement à mes souvenirs d'enfance, dire aussi que je rêve à la survie des traditions familiales. Parce que cette année, j'ai envie de préparer moi-même la plupart des plats et recettes traditionnelles pour les Fêtes. Ma visite arrivera le 22 décembre et la maison sera pleine de rires et de beau monde jusque vers le 30.

Ces gâteaux, ma mère les préparait dès la mi-novembre et elle les conservait dans des boîtes de métal, bien arrosés de rhum ou de brandy, en tout cas avec de l'alcool fort et brun jusqu'à Noël. Elle en servait de petites tranches au réveillon et il en restait pour les jours après, les collations et desserts.

Si je ne connais pas les secrets de ma mère concernant la recette et surtout les savants arrosages à l'alcool de ses gâteaux aux fruits qui étaient l'un des nombreux desserts de Noël qu'elle nous servait, c'est qu'elle les a emportés avec elle dans sa tombe. Ma mère était une grande cuisinière, elle pouvait préparer un excellent repas avec trois fois rien. Mais elle ne m'a pas appris à cuisiner, je crois que j'ai appris toute seule, dans les livres. Parce que j'aime bien manger, j'ai appris.

Mais elle m'a tout de même enseigné et légué beaucoup en cuisine, ma mère, je lui dois mes meilleurs souvenirs : les goûts, les odeurs, les textures et les couleurs, tout. Et l'avoir vue mesurer la farine avec les mains, le sel du bout des doigts et la crème ou le lait versés directement de la bouteille. Comment elle s'essuyait les mains en les frottant sur un torchon ou encore en les passant sur son ventre recouvert d'un long tablier blanc noué dans le dos. Elle portait toujours un tablier pour cuisiner. Moi, jamais. Elle me laissait la regarder s'affairer à la cuisine, goûter à tout et lécher le fond des bols profonds, et ce que j'ai vu là, ce n'est pas rien. A cause de ça, je modifie la plupart des recettes que je fais. Parfois ça rate mais la plupart du temps je crée quelque chose de bien bon.

Et puis à Noël, elle préparait longtemps à l'avance toutes sortes de mets, des tourtières et autres viandes en croutes, des rôtis, des volailles farcies et les bons beignes qu'elle réchauffait et saupoudrait de sucre en poudre juste avant de servir. Eux aussi étaient placés dans des grandes boites en métal et congelés car elle mettait les boites remplies de beignes [ainsi que bien d'autres victuailles] dans une armoire qui était dehors, collée sur un mur de la cuisine avec une petite porte communicante donnant vers l'intérieur [en guise de passe-plat] et une autre plus grande à l'extérieur. Et quand elle n'avait plus de boite en métal, les beignes se retrouvaient dans des grandes marmites recouvertes avec quelques épaisseurs de torchons.

La plupart des recettes de gâteaux aux fruits se ressemblent. Je ne donnerai pas la mienne en détail car c'est plutôt ennuyeux de donner à lire une longue liste d'ingrédients. Vous commencerez avec une demi-livre de bon beurre ramolli et vous le battrez bien comme il faut avec une tasse de cassonade et une demi-tasse de miel.

Quand ce mélange sera devenu léger et floconneux, vous y ajouterez cinq oeufs, en brassant vigoureusement après chacun des oeufs. J'utilise un fouet ordinaire, mais certains préfèrent le batteur électrique. J'en ai pas. Question d'habitude.

Une fois le mélange d'oeufs, beurre et sucres bien fouetté, vous ajouterez le jus de deux oranges, un peu de jus de citron, et une tasse de crème épaisse. Vous redonnerez quelques gentils coups de fouets à la mixture. Voilà pour la préparation liquide.

Dans un autre bol, vous prendrez soin de tamiser ensemble deux tasses et demie de farine, de la cannelle et du piment de Jamaïque moulus, de la poudre à pâte et une petite pincée de sel. Incorporez-en ensuite la moitié à votre préparation initiale.

Le reste est ce qui fait l'âme du gâteau aux fruits : des pelures d'oranges et des cerises confites, des figues séchées et hachées, des raisins secs dorés, des amandes effilées, des pacanes et des noix de grenoble. Vous mélangerez tout cela ensemble, puis avec le reste du mélange de farine pour bien enrober le tout.

Ensuite vous prenez une cuillère en bois ou une spatule et vous incorporez délicatement les fruits confits, les secs et les noix et amandes avec tout le reste. C'est fini.

Il ne vous restera plus qu'à verser dans les moules beurrés et à enfourner.

Ce n'est pas clair ? Que voulez-vous, je ne suis pas prof de cuisine. Mais au moins je sais faire de bons gâteaux aux fruits.

décembre 13, 2006

scène de ménage

J'avais oublié à quel point ça fait du bien de faire du ménage. Après c'est le grand soupir de soulagement, le contentement absolu. Et pendant, ça épuise et dérage, mais ça dérange le chat. Celui-là n'a pas voulu de son prénom à la russe [Liocha], il préfère Pachat. Ok, il a gagné. Pour cette fois. Il accepte de conserver les patronymes.

Pachat n'aime pas du tout le bruit que fait l'aspirateur central. Que je trouve bien silencieux comparé au vieil aspi. à roulettes avec un sac en papier vert pâle toujours plein que j'avais en ville. Mon Pachat s'est réfugié sous un lit et il n'en sort plus. Prendra-t-il racine là-dessous ? Y trouvera-t-il le moyen d'écrire son blog et de répondre à tous les commentaires de ses vénérables et félins lecteurs ? Je ne devrais pas me préoccuper de tout cela. Après tout, ce n'est pas mon problème à moi, j'ai bien assez des miens.

Voilà que je sous-entendrais avoir des problèmes ? Pas du tout. Je n'ai aucun problème. Pas de mari, pas de problèmes. Le ménage est fait. La lessive aussi. Reste à repasser les nappes, et les housses de couettes et les taies d'oreillers et à faire les lits. La maison est propre de la cave au grenier et décorée, sauf le sapin qui ne fera pas son entrée ici avant mon anniversaire, selon la [ma] tradition. J'ai même mis des guirlandes rouges et vertes dans le tambour* et accroché une couronne en sapin dehors, sur la porte. Les gâteaux aux fruits macèrent tranquillement dans leurs deux alcools. Bon, je n'ai pas fini les courses, ni l'emballage des cadeaux, ni les menus, mais je savoure et je prends mon temps pour bien préparer les Fêtes. Sauf que je serai toute seule ici pour la mienne. Bof, ce n'est pas si grave, je commence à avoir l'habitude. S'il peut enfin neiger à plein ciel, j'irai ce jour-là faire une longue randonnée dans le bois en raquettes et je m'offrirai des roses rouges et le soir je m'inviterai à dîner au restaurant avec un bon livre.

Pauvre Pachat. Il est encore caché et j'ai fini de passer l'aspirateur depuis quelques heures déjà. Lui qui commençait à vraiment bien s'adapter, il mangeait comme un ogre et dormait un peu moins que les premiers jours. Il a dû s'endormir.

Concernant ma petite librairie virtuelle, je note mes bonnes idées, et je monterai le site en janvier. Rien ne presse. J'aime bien laisser mûrir les savants projets.

_______________
* Le tambour de ma maison n'est pas exactement comme celui de l'image et il a l'air d'être assez vieux parce qu'il aurait besoin d'être repeint. Il est blanc à l'extérieur mais n'a pas été peint à l'intérieur, il a été fabriqué avec de grands panneaux de bois et il a des petites fenêtres carrées juste un peu plus grandes que des hublots d'avion sur chacun des murs et aussi une petite porte avec un loquet. C'est très pratique l'hiver et surtout ça économise le chauffage. Il est démontable et je l'ai fait installer dès qu'il a commencé à faire froid [galerie latérale, côté nord]. Vers la fin mars, je le ferai enlever et ranger jusqu'à l'an prochain. En tout cas, c'est ce que j'ai fait l'an dernier.

décembre 15, 2006

Des fleurs et des mots

Aujourd'hui c'est mon anniversaire et je suis heureuse pour plusieurs raisons qui ne sont pas toutes de la même importance, qui n'ont pas la même valeur absolue ou relative et qui sont pour la plupart sans liens aucuns entre elles. En vrac, voilà.

Ma journée a commencé tout en beauté avec vos voeux et souhaits affectueux que j'ai découverts en ouvrant mes emails. Même si je vous ai déjà envoyé un petit mot de remerciement à chacun, je veux le faire aussi publiquement et vous dire combien votre présence et vos écrits me font toujours chaud au coeur. Et puis il y avait le soleil et le temps doux.

J'ai ouvert toutes grandes les fenêtres de la cuisine et laissé le soleil me caresser le visage en savourant à petites gorgées le café au lait mousseux avec ma tartine de pain grillé et la confiture d'abricots de l'été passé. Et des fleurs ?

Oui, les fleurs repoussent et l'herbe est bien verte par endroits, là où la neige a fondu. Ce sont les Viola tricolor, semences commandées à la Société des plantes en février 2006 : une sorte de minuscules pensées que j'avais vues sortir de terre en avril, soignées et arrosées et ensuite transplantées dans une plate bande en forme de cercle au pied de l'olivier, - qui se porte bien même s'il ne donne pas d'olives ; c'est fort probablement une variété d'oliviers adaptée aux régions froides. Mais avec ce temps doux que l'ont dit être signe d'un réchauffement climatique accéléré, récolterai-je des olives dans un an ou deux ?

Des olives, peut-être. Mais je ne sais pas si je devrais m'en réjouir. Par ailleurs, je suis très contente d'avoir des pensées aux trois couleurs pour mon anniversaire. C'est un merveilleux cadeaux pour une enfant qui est née dans la neige.

Et pour vous, afin de ne pas oublier mon projet de librairie virtuelle en janvier, j'ai sélectionné ces pages où on pourrait fouiller pendant des jours et des jours sans jamais en faire totalement le tour :

Voici donc quelques uns de mes incontournables mais néanmoins charmants amis les dictionnaires et autres livres sur les mots...

La journée avance, déjà midi, je dois sortir photographier ces fleurs au plus vite avant que le mercure ne se décide à redescendre.


J'ai rapporté toute une série d'images et des trouvailles de ma tournée au jardin. Un souci [calendula] a fleuri. Et d'autres plantes ont reverdi et paraissent bien fraîches, dont quelques lavandes, la grande camomille, et une petite rangée de poireaux d'hiver de Saint-Victor que je n'avais pas cueillis parce que trop petits... Même la bette à carde repousse sous des restes de neige.

20061215_violatricolor.jpg
Pensées sauvages [Viola tricolor]
croquées vers midi et demie sous une petite averse de pluie, le 15 décembre 2006,
dans la région de Kamouraska, au pied de mon olivier.

Et les poireaux, "le" souci :

20061215_poireaux.jpg
20061215_soucis.jpg

















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