26 septembre 1993
J'ai pensé à G. tout le temps. Triste, comme noyée depuis samedi - vendredi - jeudi. Mercredi, il a téléphoné deux minutes avant que j'arrive et n'a pas rappelé. J'ai vomi dans la soirée. Bouleversée par cet appel, même si je ne lui ai pas parlé. Il m'habite. Il me veut. Je le sens de plus en plus proche. J'ai peur de faiblir et de lui ouvrir le bras pour que tout recommence comme avant. Il me manque tellement. Il faut, il faut pourtant que je reste loin. S'il m'aime vraiment, il comprendra et assumera son choix de rester avec sa femme.
Aujourd'hui, j'ai réorganisé mon coin pour écrire dans ma chambre. Sans G. je ne vis plus. Pourtant, c'est à Samuel que j'ai rêvé la nuit dernière. Le danger en ce moment c'est de souffrir du manque d'affection et d'amour. Je refuse de combler ce manque n'importe comment. Surtout ne pas relancer G., il n'attend que ça. Ne rien espérer de lui puisqu'il semble l'avoir choisie elle. Il est heureux avec sa famille, il l'a dit. Le reste, c'est O.K. pour lui. Il lui reste de l'amour à donner et un petit coin à combler et il a besoin de moi pour ça. Rien que pour ça
Tant qu'il ne reconnaîtra pas la place que notre amour veut et doit prendre dans nos vie, son désir doit me laisser froide. Comme la dernière fois que je l'ai vu. Il me serrait, me voulait, mais j'ai refusé ça. Vide, c'est vide ce qu'il propose, se voir à la sauvette, se prendre, se consommer, s'aspirer, se fondre désespérément l'un dans l'autre pour ensuite se retrouver seuls, non merci. J'ai trop connu ces états d'après. la solitude et le manque sont encore plus cruels. Et il ne se passe jamais rien pour le faire réfléchir et décider d'orienter sa vie en fonction de l'amour qu'il ressent pour moi. Malgré ce qu'il dit et ce que je ressens, ce n'est peut-être qu'un amour hors d'oeuvre, un agrément dans sa vie trop grise. Je ne sais plus. Rien de toutes ces complications ne correspond à l'amour qui lui est plein, entier, total.
Je reste donc fidèle à la route que je me suis tracée, fidèle à moi-même. Il faut que j'écrive.