ACCUEIL|ARCHIVES| Vol. I   No6

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LE MERCREDI
27 SEPTEMBRE 2000
borderline

Cher journal,
avec toi
c'est bon
de
me laisser un peu aller
et
de
chialer
sur
mon
sort
.
.
.
.
.
et déverser
complètement
mes
lamentations
de
Jérémie

LE MARDI
26 SEPTEMBRE 2000

le temps

LE JEUDI
28 SEPTEMBRE 2000

la memoria :
26 septembre 1992
26 septembre 1993




[Les coquilles humoristiques en bas de page sont tirées de mon Ramat de la Typographie, et la plupart sont de l'auteur, Aurel Ramat. J'ai eu envie, comme lui, de susciter un sourire à toute personne qui ouvrira ce journal, à n'importe quelle page]



© 2000 Annie Strohem.

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voir un médecin? plutôt mourir

LE MERCREDI 27 SEPTEMBRE  2000

Je n'écrirai pas longtemps aujourd'hui. J'ai une sinusite aiguë. Et je n'en veux pas. Ça dure toujours trop longtemps. La dernière a duré trois jours, j'ai eu de la chance. Le plus souvent c'est une, deux ou trois semaines. Ce que je fais, quand mon corps me trahit comme ça et me fait des misères? Je reste dans mon coin en attendant que ça passe. Point. Je n'aime pas me plaindre à mon entourage. Et la sinusite, c'est le pire du pire, c'est une douleur qui prend tellement de place que j'en deviens presque schizophrène à force. C'est pour ça que je me cache dans mon trou.

C'est ça. La sinusite me permet de m'approcher un peu de la folie, voir comment on peut se sentir quand on est juste sur le bord de la folie. Border line. C'est l'état qui me décrit le mieux ce soir. Non, je ne me plains pas. Je constate, pas pareil. Je n'aime pas me plaindre, et personne ne sait que j'ai envie de me couper la tête pour me soulager. Deux tylenols extra fort n'ont aucun effet. Nuls, ces trucs là. Voir un médecin? Plutôt mourir. Ils me tuent avec leurs grands airs. Je vais plutôt aller, demain, m'acheter des herbes et des remèdes de sorcières. Pi rester tranquille jusqu'à temps que ça passe.

Assise dans une immobilité complète devant mon PC, mes doigts se déplacent avec peine sur le clavier. Mille et une erreurs, je recule, je delete, je tape par dessus. Maudite misère noire. Derrière mon front, c'est l'ouragan, la tourmente. C'est chaud dans toute ma tête et je sens comme un bulldozer faire pression sur mes tempes, j'ai des couteaux derrière les yeux qui ne sont plus que des orbites vides qui brûlent, et l'incendie s'étend jusqu'aux os derrière mes joues et de chaque côté du nez. Sinusite je te déteste. Quand tu es là, je ne peux plus écrire parce que tu prends toute la place. Lâche moi.



















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Pour empêcher les nobles de se tuer en duel, Richelieu les fit décapiter.