ACCUEIL|ARCHIVES| Vol. I   No28

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LE MARDI
24 OCTOBRE 2000
douleurs et...

Muscles tendus un peu par tout le corps
trapèzes pectoraux ischiojambiers abdominaux dorsaux lombaires [lalalère]
et le reste [alouette]
n'est que douleur
PAS DORMI AVANT 4 HEURES DU MATIN [quel chagrin]

Livres :
Décaméron, Boccace Poche «classique» et LGF: 1994.
et
La tentation d'exister Cioran, «Tel» Gallimard : 1997.

Le coup de coeur
d'aujourd'hui est 
le journal de Iceknight
Dans l'oeil du Loup

LE LUNDI
23 OCTOBRE 2000

du plaisir de me surprendre à jongler...

memoria 1 [je mettrai les pages de la memoria en ligne plus tard, quand tout le journal sera révisé et publié]

© 2000 Annie Strohem.

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deux journaux,
et trois poissons rouges plus tard

LE MARDI 24 OCTOBRE 2000

Je n'écrirai pas longtemps aujourd'hui, cher journal. D'abord à cause de la douleur qui me bloque le dos, les reins et le cou et parce que je vais profiter de mon état de fatigue pour plonger dans l'univers de mon roman et lui donner les fruits de toute cette marée noire qui remue et gronde en moi. Carpe diem. Pour le reste, je m'accrocherai.

Je n'écrirai pas longtemps aujourd'hui, cher journal. Je t'ai trompé hier soir avec mon journal papier et loin de me sentir coupable, ça m'a fait du bien, encore une fois. Avec vous deux, je suis comblée. Vous avez chacun votre façon particulière de me servir et je veux vous dire que je vous aime. Je sais, je vous accuse parfois en vous disant que je suis malade de vous deux, atteinte jusqu'à la moëlle par la maladie du journal et c'est votre faute tout ce qui m'arrive. Je vais modérer mes propos ce matin et vous confier que cette maladie m'est nécessaire pour guérir d'un bien plus grand mal qui me ronge et qui est en train de ronger l'humanité entière. J'élaborerai là-dessus la prochaine fois alors aujourd'hui, je fais silence pour laisser une place au roman et qu'il s'écrive. Pour le reste, je m'accrocherai.

L'insomnie de la nuit dernière m'a beaucoup fragilisée en mettant à jour de émotions enfouies profond depuis la rupture d'il y a quelques semaines. Je n'avais pas de peine, j'étais contente. Mais elle était là, bien cachée, cette tristesse. Je ne voyais plus jamais G. et certains jours son absence m'était insupportable et je ne le «sentais» pas, je me faisais une raison. Comme si, pour passer au travers, j'avais pris une pelle et creusé un trou bien creux dans mon jardin et que j'y avais enterré mon coeur. C'est ça. Et pas seulement enterré. Après avoir refermé la fosse, j'avais placé plusieurs planches de bois épaisses par dessus. Puis j'avais roulé trois ou quatre grosses pierres sur les planches. Comme ça, on en entendrait plus parler. C'est sans doute pour cela que ce matin que j'ai mal partout. Je vais écrire et nourrir les trois poissons rouges. Pour le reste je m'accrocherai.

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