ACCUEIL|ARCHIVES| Vol. I   No16

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LE DIMANCHE
8 OCTOBRE 2000
anesthésie

LE SAMEDI
7 OCTOBRE 2000

rupture jour 2

memoria 1 [je mettrai les pages de la memoria en ligne plus tard, quand tout le journal sera révisé et publié]




[Les coquilles humoristiques en bas de page sont tirées de mon Ramat de la Typographie, et la plupart sont de l'auteur, Aurel Ramat. J'ai eu envie, comme lui, de susciter un sourire à toute personne qui ouvrira ce journal, à n'importe quelle page]

© 2000 Annie Strohem.

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rupture jour 3

LE DIMANCHE 8 OCTOBRE  2000

Rupture, jour 3. Rien à signaler. Comme si je sécrétais un anesthésiant naturel contre la peine d'amour, substance chimique infiltrée partout dans chaque millilitre de plasma et de globulines, de globules rouges et blancs, de plaquettes et dans chaque fibrille des fibres musculaires, dans la salive et les papilles gustatives, dans les reins et les glandes surrénales, à l'intérieur du coeur, frôlant les oreillettes et les ventricules, remontant l'aorte, s'insinuant dans les poumons et les brachioles, se propulsant encore plus vers le haut tout au fond du crâne vers les sinus encore un peu douloureux, poursuivant les rondeurs du globe oculaire et de l'iris et de la cornée, s'étourdissant des sons qui roulent dans les canaux semi circulaires puis sur le marteau et l'enclume, s'incrustant sous le derme et l'épiderme de ma peau, logeant dans chaque petit récepteur extrasensoriel, voyageant avec chaque neurone dans les substances blanches et grises et dans la moelle épinière. Comme ça que je ne souffre plus. Même plus. Grâce au corps. Lui seul sait.

Hier, en revenant de la montagne, je suis arrêtée prendre un café à la croissanterie angle Hutchison et Fairmount. Je déjeunais en lisant tranquillement et en prenant une gorgée de café de temps en temps, et à un moment donné, j'ai levé les yeux pour tremper un bout de croissant dans le café au lait gras et mousseux et là j'ai aperçu une femme assise à quelques mètres de moi qui avait un ordinateur ouvert devant elle et qui écrivait. Cette image, c'est ce que je me refuse, et ça n'a pas de sens. C'est la liberté que j'ai vu. C'est de cela que je me prive. Avec le portable, je n'aurais plus besoin de rester enfermée chez-moi pour écrire. Y penser sérieusement.


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Pierre se retrouva dans la rue, tout nu, sans un sou en poche.