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    <title>journal* et autres écritures</title>
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    <updated>2007-12-03T14:09:43Z</updated>
    
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    <title>66. je vous souhaite la pluie ?</title>
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    <published>2007-12-03T14:08:33Z</published>
    <updated>2007-12-03T14:09:43Z</updated>

    <summary>Lors de ma dernière tournée de bouquinage dans la petite librairie du village, je suis tombée tout à fait par hasard sur le livre d&apos;un écrivain que je ne connaissais pas, Élizabeth Tchoungui. Je cherchais un autre livre et je...</summary>
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        <![CDATA[<p>Lors de ma dernière tournée de bouquinage dans la petite librairie du village, je suis tombée tout à fait par hasard sur le livre d'un écrivain que je ne connaissais pas, Élizabeth Tchoungui.</p>

<img alt="2007.12.01_tchoungui.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.12.01_tchoungui.jpg" width="500" height="375" />

<p>Je cherchais un autre livre et je l'avais d'ailleurs trouvé, j'avais également déniché - toujours par le plus grand des hasards, j'aime ça - un super bouquin à offrir à l'un de mes amours chéris à Noël et je faisais le pied de grue dans la mini file d'attente pour passer à la caisse avant de repartir dans ma montagne mordue par le froid glacial du premier décembre le plus enneigé de ma vie quand je me suis mise à bouger et à regarder partout et puis en me retournant je me suis trouvée face à face avec le rayon des livres de poches et juste sous mes yeux, ce visage brun mangé par deux grands yeux noirs et l'un de ces rarissimes titres en jaune : <em>Je vous souhaite la pluie</em>. </p>

<p>J'ai regardé le bel objet, je l'ai touché et hop, je l'ai capturé. J'ai lu la quatrième de couverture, feuilleté, lu quelques passages ici et là. Il s'en dégageait une grande douceur, comme une lumière chaude et des mots, des tournures de phrases teintées par la langue fière et forte des sorciers, soeur jumelle de celle parlée par mes amis Franco-Camerounais de Montréal, des rires et du soleil, des odeurs.</p>

<p>Quand mon tour est arrivé de passer à la caisse, je lisais l'incipit du deuxième chapitre :</p>
<blockquote><p><em>&laquo; La nuit tomba à la manière d'une nuit africaine, comme un couperet. </em> &raquo;</p></blockquote>
<p>J'ai mis le livre de Tchoungui dans ma pile. J'ai payé et je suis rentrée à la maison. Le livre était à moi, tagada.</p> 




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    <title>65. et l&apos;anamour...</title>
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    <published>2007-11-13T16:43:56Z</published>
    <updated>2007-11-16T16:44:23Z</updated>

    <summary> J&apos;aurais bien aimé me retrouver dans le gros avion appelé Airbus A380 qui a fait la traversée Paris-Montréal hier. Mais dans l&apos;autre sens. L&apos;envie de partir m&apos;a ressaisie entre ses griffes emplumées de sphynx. Je dois avoir quelques gènes...</summary>
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        <![CDATA[ <p>J'aurais bien aimé me retrouver dans le gros avion appelé <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/AFPanimation/A380FR0409/">Airbus A380</a> qui a fait la traversée Paris-Montréal hier. Mais dans l'autre sens. L'envie de partir m'a ressaisie entre ses griffes emplumées de sphynx. Je dois avoir quelques gènes d'outarde, de grue ou de cigogne nichés profond dans mon attirail héréditaire.</p> 

<p>Époustouflant. Avec une envergure de 79,8 mètres, le bel oiseau peut transporter jusqu'à 800 passagers, il pèse 560 tonnes (en vol). Avec un rayon d'action de 15,000 km, il avale 3 litres aux cent kilomètres par passager. J'ai lu tout cela,  entre autres, dans la fiche technique d'un beau document animé publié sur le site de radio-can. Tout un animal. </p>

<p>J'ai lu <em>Prodiqe</em>, de Nancy Huston. Étrange histoire d'une enfant prodige. Un rêve. À la fin, Maya dit à sa mère endormie :</p>

<blockquote><p>Tu sais ce que ça veut dire, <em>coquecigrue</em> ? Eh bien, c'est un mélange de coq, de cigogne et de grue... Même les choses qui n'existent pas sont dans le dictionnaire... On pourrait en inventer d'autres... Le chachicheu par exemple, croisement entre le chat, le chien et le cheval! Non, c'est pas très bon... Attends... Ça y est, j'ai trouvé! Le moulipa, croisement de moustique, de libellule et de papillon! Ça, c'est pas mal. Le moulipa. Je l'adopte... Je suis ta petite moulipa qui t'adore.</p></blockquote>

<p>Avec ce damné journal qui me fait damner, je crois bien que je cherche la sortie, à défaut de chercher la suite. Aucune inspiration, comme dans &laquo; l'anamour &raquo;, de Gainsbourg, <em>aucun Boeing sur mon transit / aucun bateau sous mon transat / je cherche en vain la porte exacte / je cherche en vain le mot exit</em>. Mais tout le monde sait que quand on cherche on ne trouve pas. Et puis l'inspiration, c'est quoi au juste ? Ça existe, ou bien c'est une coquecigrue*, voire [même] un moulipa ?</p>

<p>Récemment, Gilles Vigneault confiait à un journaliste que &laquo; l'inspiration est une très belle dame qui vous invite à prendre un verre chez elle. C'est charmant, c'est extraordinaire. Alors on entre. Mais rendu là, elle nous demande si ça nous ennuierait de rentrer son bois. Et c'est là que l'on s'aperçoit qu'il y a du travail quand même ! &raquo; Source : &laquo; <a href="http://www.canoe.com/divertissement/livres/nouvelles/2007/10/18/4586804-jdm.html">Leçons d'immortalité</a> &raquo;, un article de Rim Boukhssimi.</p>

<p>Cher journal, <em>je t'aime et je crains / de m'égarer / et je sème des grains / de pavot sur les pavés / de l'anamour</em>.</p>

<p>La terre est gelée de partout. J'ai perdu mes trois choux d'hiver. Trop attendu pour les cueillir. Quand je les ai coupés hier, ils étaient congelés jusqu'au coeur. Je les ai laissés sur place, peut-être serviront-ils de nourriture à quelque animal affamé. Je me demande s'il y a des animaux qui aiment les choux d'hiver congelés. </p>

<p>Pour les carottes, pas de problèmes. La terre étant très dure en surface, j'ai pris une fourche pour soulever les plants et ainsi j'ai pu sortir mes belles carottes de la terre, intactes et brillantes. Pour les conserver tout l'hiver, on dit de planter les carottes dans le sable. J'en ai pas. J'ai mis un rang d'essuie-tout et un rang de carottes en alternance dans un grand bac et puis j'ai porté le bac dans le coin le plus froid de la cave [à 0°C].</p> 

<p>Il fait de plus en plus froid. Même dans la maison. Depuis trois ou quatre jours, quand je me lève vers cinq ou six heures du matin, le plancher est glacé et je dois faire du feu. Me réveiller avec le froid, je n'ai connu que ça dans les hivers de mon enfance et de mon adolescence. Quand on vit dans une maison en bois sans chauffage central et qu'on chauffe au bois, au nord du je ne sais pas quel combientième parallèle, c'est normal de geler tout rond quand on n'a pas entretenu le feu de la nuit. </p>

<p>En plein hiver, je me lève une ou deux fois au mitan [joli mot, mitan, plus poétique que milieu en tout cas, mais peut-être un peu obsolète, j'imagine] de la nuit pour nourrir la flamme. Peut-être qu'il ne fait pas encore si froid dehors, mais il y a un petit vent froid dans le salon : deux fenêtres ont encore leurs moustiquaires. Il fallait que je porte les châssis doubles à réparer et j'ai procrastiné* *. Le feu de bois fait du bien, je suis bien nichée creux dans une bulle de chaleur au coeur du froid automnal. Hors du temps et de l'espace. </p>

<p>______________<br /><strong>* Coquecigrue :</strong> n.f. &ndash; 1534; p. ê. de coq-grue, croisé avec cigogne. vx Baliverne, absurdité. <br />
<strong>* * Note à moi-même :</strong> <u>Penser</u> à faire réparer mes châssis doubles cette semaine, sans faute.</p>

<p>______________<br />
auteure : annie strohem<br />
écrit quelque part en kamouraska<br />
muse : serge gainsbourg<br />
chanson : l'anamour</p>]]>
        
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    <title>64. tshinashkoumiten</title>
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    <published>2007-11-11T16:41:25Z</published>
    <updated>2007-11-16T16:42:12Z</updated>

    <summary> En avez-vous assez, lectrices et lecteurs de mon coeur, de jouer au jeu du Pendu ? Tu dis oui. Ti dis si. Tu dis mets-en. Tu dis on en a marre de ce jeu débile à la fin. Tu...</summary>
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        <![CDATA[ <p>En avez-vous assez, lectrices et lecteurs de mon coeur, de jouer au jeu du Pendu ? Tu dis oui. Ti dis si. Tu dis mets-en. Tu dis on en a marre de ce jeu débile à la fin. Tu dis à quoi elle joue celle-là. Tu dis que t'es tanné, écoeuré du Pendu, que tu peux plus le voir en peinture. Moi pas. Tout simplement parce que je ne joue plus depuis le 21 octobre, jour où j'ai écrit la page 63. Et parce que je ne relis pas ce journal en friche, en pause, en panne que dis-je en jachère, en carême, en ramadan, en pénitence, en abandon, et peut-être même en agonie. Joli mot, agonie, sauf que ça évoque la fin de la fin et que ça donne pas envie de vivre bonheur par dessus bonheurs juste pour en arriver là. </p>

<p>Je me pose souvent la question, si je vais écrire une page aujourd'hui, ou demain, et je ne trouve pas de réponse. Je m'interroge à n'en plus finir et je ne trouve même plus cette envie d'en finir avec lui, justement, et comme avant je n'entre même plus dans mes grandes pulsions autodestructrices qui me faisaient tant de bien [après], pulsions, dis-je, d'arracher toutes mes pages d'écritures qui barbouillent et grenouillent dans l'Internet pour que ce journal-là disparaisse à tout jamais de google et autres répertoires garde-mots et de phrases et puis qu'on oublie le nom de leur auteure.</p>

<p>Qu'est-ce qui peut bien arriver à un journal en ligne quand on n'a même plus envie d'écrire dedans et, pire du pire, quand on n'a même plus envie de le détruire. Quand plus rien ni personne ne vous motive à l'ouvrir avec amour. Quand le désir d'écrire n'est plus et ne naît plus de trois fois rien dans la rosée glacée des petits matins d'automne. Quand vous choisissez de garder pour vous bien au chaud en dedans les tendres émois floconneux de la première neige d'octobre. C'est un peu triste et même tragique. Le journal a eu sept ans vers le 20 ou 21 septembre 2007 et je ne m'en suis même pas rendu compte. Le temps passait et je l'ai oublié. Aurais-je perdu la mémoire de mon propre journal à moi, de ce projet d'écriture grand comme le monde qui certains jours m'importait davantage que tout le reste. Je ne retrouve plus la douce Annie que j'étais au temps du journal d'Ariane Fabre, et encore moins la byzantine et mouvante Annie du journal de Script. Les grands oiseaux noirs de malheur qui n'expriment que mépris et dégoût hautain pour ce genre littéraire ont dû me contaminer. À mon insu. Je m'étais rêvée plus forte et plus solide, invincible et capable de résister aux attaques mesquines. J'écrivais invulnérable, intouchable, avec mission de conserver, et cultiver la mémoire, la mienne et celle des miens, pour les miens, juste pour nous et avec des mots simples et ordinaires. Et puis tout le monde s'en est mêlé. C'était ça aussi, ce cher journal, c'était une mémoire du quotidien, quelque chose pour capturer des petits morceaux d'ici et maintenant sans jamais penser à hier ni à demain. Voilà que j'en parle au passé...</p>

<p><em>tshinashkoumiten</em>. [tshinashkoumiten veut dire merci beaucoup dans une langue amérindienne, probablement l'algonquin ou l'innu, je ne sais pas] merci à vous tous qui m'écrivez encore même si moi je n'écris plus pour vous. je le ferai. je ferai du café. noir. je téléphonerai à Charlotte. et puis j'irai arracher les trois choux d'hiver et les deux rangs de carottes nantaises qui traînent encore dans le potager. eh oui, y'a pas que le journal en ligne qui est à l'abandon. et le coeur et corps en friche, c'est encore pire.</p> 

<p>J'ai découvert <em>tshinashkoumiten</em> dans un livre de Michel Noël, <em>L'homme de la toundra</em>. Et ceci : &laquo; Les humains ne savent rien de la nuit. Voilà pourquoi elle nous fait si peur. &raquo;  Et aussi, quelques pages plus loin : &laquo; C'est peut-être cela la mort, le paradis, ne plus sentir dans ses os le fardeau de son corps, le poids de son âme. Être transparent, aérien et silencieux comme un monarque. &raquo; </p>
<p>Aujourd'hui et depuis plusieurs jours et des semaines et des mois que je ne compte plus tant ils me pèsent lourd, j'en suis là, mais.</p>
  
<blockquote><p>Tant et aussi longtemps que je pourrai mettre un pied devant l'autre, il y a de l'espoir. Dans le froid, il faut avancer, sans cesse marcher. Je cherche ma route sur la montagne. Je ne vois plus rien. Je résiste de toute ma volonté à la berceuse que me fredonne sans cesse à l'oreille l'ensommeillement sournois.</p> <p>Michel Noël, in <em>L'homme de la toundra</em></p></blockquote>
 
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    <title>63. dans les choux</title>
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    <published>2007-10-21T15:31:16Z</published>
    <updated>2007-11-16T16:42:54Z</updated>

    <summary><![CDATA[Cette page sera classée dans la catégorie &laquo; bidouillages &raquo;. Il m'arrive de temps en temps de m'amuser avec les scripts. Quand j'en cherche, j'en trouve toujours des nouveaux et d'habitude je ne publie pas mes essais et je finis...]]></summary>
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        <![CDATA[<p>Cette page sera classée dans la catégorie &laquo; bidouillages &raquo;. Il m'arrive de temps en temps de m'amuser avec les scripts. Quand j'en cherche, j'en trouve toujours des nouveaux et d'habitude je ne publie pas mes essais et je finis par oublier le nouveau gadget dans un coin du serveur. Une fois n'est pas coutume, j'ai récidivé. L'heure étant à la générosité et au partage. J'ai coupé les dernières branches de glaïeuls roses hier. ll me reste trois gros choux d'hiver à cueillir [lire leur couper la tête] et deux rangs de carottes à arracher. Les oiseaux ont tout mangé les raisins, j'ai trop attendu pour les ramasser : pas de vin cette année pour madame Strohem. Je fais la pause. Et c'est ainsi que voici le traditionnel jeu du Pendu... en espérant que cela fonctionne.</p>




<form action="form">
<input type="button" onclick="play()" value="Jouer au Pendu" /></form>
<div id="sortietxt" style="border:1px black solid;padding:5px;background:#D7DDE6">Cliquez sur le bouton pour commencer</div>

<p>J'ai commencé la page du jour. Je me suis arrêtée pour bricoler ce jeu et jouer. Et pour lire encore un peu. La page est encore en mode brouillon, je la publierai plus tard aujourd'hui.  Pas que je sois dans les choux. </p>
<p>J'espérais finir <em>À l'ombre des jeunes filles en fleurs</em> ce matin. Et puis il y eut Albertine Simonet. Et cette prase : « Vous venez du golf, Octave ? lui demanda-t-elle. Ça a-t-il bien marché ? Étiez-vous en forme ? &ndash; Oh ! ça me dégoûte, je suis dans les choux, répondit-il. [...] » Quel grand coquin, ce Marcel Proust.</p>

<p>[Mais où a-t-elle donc déniché ce jeu du Pendu ? Rendez-vous sur le site <a href="http://www.editeurjavascript.com">http://www.editeurjavascript.com</a>, c'est là !]</p>

<p>Héhé ! Autre trouvaille du jour, cette fois sur le désormais fourre-tout incontournable, Wikipedia : </p>
<blockquote><p>« S'intéresser à un écrivain parce qu'on aime son livre, c'est comme s'intéresser aux canards parce qu'on aime le foie gras » (Margaret Atwood, cité par Jonathan Littell dans le Monde du 17 nov. 2006)</p></blockquote>
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    <title>62. lumières d&apos;automne</title>
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    <published>2007-10-08T01:21:16Z</published>
    <updated>2007-10-08T02:07:53Z</updated>

    <summary><![CDATA[&laquo; Il faut aimer, apprendre à aimer, absolument. &raquo; [Katerine Caron] il est des retours de voyage comme des trop courtes journées d'automne, trop courtes pour aimer, trop courtes pour rêver ou pour lire jusqu'à plus faim, trop courtes pour...]]></summary>
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        <![CDATA[<br /><blockquote><p>&laquo; Il faut aimer, apprendre à aimer, absolument. &raquo; [Katerine Caron]</p></blockquote> 

<p class="first-letter">il est des retours de voyage comme des trop courtes journées d'automne, trop courtes pour aimer, trop courtes pour rêver ou pour lire jusqu'à plus faim, trop courtes pour faire toutes ces choses tendres qui préparent les plantes, les jardins et la maison à l'hiver, trop courtes pour contenir les longs longs décalages horaires qui n'en finissent plus, faits d'heures et de jours qui s'empilent à l'infini [comme dirait l'autre]</p>

<p>il est des retours de voyage comme des petits matins frisquets et aveuglants baignés de lumière jaune et rouge, on voudrait marcher encore dans la rosée, se rouler dans l'herbe, déplier la chauve-souris pour lire le rose dans la transparence de ses ailes et aussi dormir dehors la nuit, le jour et la nuit d'après sous les étoiles et puis on s'enfarge bien malgré soi dans d'interminables horaires de travail qui vous grugent le coeur et le corps </p>

<p>et pendant ce temps, ma trop lourde valise noire pas encore défaite me regarde de travers avec ses piles de vêtements qui baissent lentement, trop lentement, comme coincés entre deux saisons et quelques boîtes de thé au Jasmin en métal orange avec des inscriptions en Chinois rapportées de là-bas</p>  ]]>
        
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    <title>61. time is timeless...</title>
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    <published>2007-09-13T19:03:18Z</published>
    <updated>2007-10-07T13:31:29Z</updated>

    <summary><![CDATA[j'ai découvert un autre café sur la rue Fort où je peux me connecter à l'Internet gratuitement et où l'on prépare des cafés &laquo; latte &raquo; sublimes. Surpris par les autobus à deux étages, mes doigts ont tout de suite...]]></summary>
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        <![CDATA[<p class="first-letter">j'ai découvert un autre café sur la rue Fort où je peux me connecter à l'Internet gratuitement et où l'on prépare des cafés &laquo; latte &raquo; sublimes.  </p>

<p>Surpris par les autobus à deux étages, mes doigts ont tout de suite trouvé le chemin du clic clic. Quelle bonne petite touriste je suis, n'est-il pas ?</p>

<span class="mt-enclosure mt-enclosure-image"><img alt="2007.09.11_victoriabus.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.09.11_victoriabus.jpg" width="500" height="375" class="mt-image-center" style="text-align: center; display: block; margin: 0 auto 20px;"/></span>
<p>J'avance dans Proust, plus que deux ou trois pages et j'aurai terminé le long chapitre &laquo; Autour de Mme Swann &raquo;. J. me demande d'écrire quelque chose sur le temps. J'ai l'impression de ne faire que cela depuis le commencement de ce journal. Mais qui s'en souvient ? </p>

<p>Dans un cinéma, au milieu d'un film anglais (oublié lequel), j'ai entendu ceci : <em>time is timeless</em>. J'aime bien la formule, mais qui peut encore croire au concept d'éternité ? Croire à l'existence de l'éternité ne revient-il pas à croire en rien ? Et peut-être même en un rien à deux étages ? Vous croyez que cela existe, un temps éternel à deux étages ? </p>]]>
        
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    <title>60. en voyage</title>
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    <published>2007-09-11T17:53:09Z</published>
    <updated>2007-10-07T13:31:29Z</updated>

    <summary>Pas eu le temps de traduire la page 59. Trop à faire. J&apos;espère que les lecteurs qui ne lisent pas l&apos;anglais ne m&apos;en voudront pas trop. De toute manière, il n&apos;y avait rien de bien important dans tout ça. Il...</summary>
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        <![CDATA[Pas eu le temps de traduire la page 59. Trop à faire. J'espère que les lecteurs qui ne lisent pas l'anglais ne m'en voudront pas trop. De toute manière, il n'y avait rien de bien important dans tout ça. 

Il fait extrêmement chaud. Pas le temps de penser à mon joli coin de pays. J'irai me tremper les pieds dans le Pacifique demain. 

Autre petite capture intéressante : 
<strong>Canot rouge sur le bord de l'eau à Colquitz Park</strong>...

<span class="mt-enclosure mt-enclosure-image"><img alt="2007.09.09_canotrouge.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.09.09_canotrouge.jpg" width="500" height="375" class="mt-image-center" style="text-align: center; display: block; margin: 0 auto 20px;"/></span>]]>
        
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    <title>59. bringcashcanada.com</title>
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    <published>2007-09-09T21:02:30Z</published>
    <updated>2007-10-07T13:31:29Z</updated>

    <summary><![CDATA[Sunday morning, eleven o'clock. Writing &laquo; a mano &raquo; from a nice pink house on Jasmine avenue, at Victoria, B.C. Nice trip. Wonderful wheather. Gorgeous tropical trees and flowers. I heard some people here telling that B.C. means Bring Cash....]]></summary>
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        <![CDATA[<p><strong>Sunday morning, eleven o'clock. </strong>Writing &laquo; a mano &raquo; from a nice pink house on Jasmine avenue, at Victoria, B.C.  Nice trip. Wonderful wheather. Gorgeous tropical trees and flowers.</p>

<p>I heard some people here telling that B.C. means Bring Cash. Héhé. Everything is so expensive, that's crazy. But anyway, i just don't mind about spending money. </p>

<p>To be in that garden town is like dreaming awake in a shrub of paradise.</p>


<p>Longue randonnée matinale dans Colquitz Park à bicyclette avec la belle voyelle a. au ventre rond, qui porte amoureusement son premier bébé, avec n. et son chien nucky. Fabuleux sentiers, arbres majestueux, vignes grimpantes, arbustes chargés de mûres, rivières sinueuses aux eaux calmes et limpides, rives vaseuses avec des hérons gris et blancs piqués dedans, aigles volant entre le cimes des sapins, canards flottant en famille, vieux monsieurs en chapeau avec canne et chiens en laisse et toujours cette folle impression d'être tombée dans un autre sac d'adjectifs séducteurs. </p>

<p>I jumped into the airplane on Friday morning. About one hour looking at the the luminous end of wing - as you can see on that first nice picture below - before we could fly with white round clouds under feet instead of over head.</p>

<span class="mt-enclosure mt-enclosure-image"><img alt="2007.09.07_avion.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.09.07_avion.jpg" width="500" height="370" class="mt-image-center" style="text-align: center; display: block; margin: 0 auto 20px;"/></span>

<p>They were counting and recounting passengers again and again, at least about ten million times before leaving. Finaly, it was a young mother travelling with her baby, they were forgotting to count her because of the baby, i presume so.</p>

<p><strong>Sunday afternoon, around three o'clock.</strong> Writing a little bit more words from Stain Internet Café, downtown Victoria. Lot of people here. Nice place. Black tables. Next step : Chinatown.</p>
<span class="mt-enclosure mt-enclosure-image"><img alt="2007.09.09_cafe.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.09.09_internetcafe.jpg" width="500" height="399" class="mt-image-center" style="text-align: center; display: block; margin: 0 auto 20px;"/></span>

<p>Traduction ? Ma&ntilde;ana.</p>]]>
        
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    <title>58. déjà, le 2 septembre</title>
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    <published>2007-09-02T11:30:06Z</published>
    <updated>2007-10-07T13:31:29Z</updated>

    <summary>Je n&apos;écris pas souvent dans mon journal online. Ni dans mon journal papier, ces jours-ci. Je n&apos;ai pas perdu l&apos;intérêt pour ça, ce type d&apos;écriture-là. Mais il se trouve au fond de moi quelque chose, une forme étrange, qui a...</summary>
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        <![CDATA[<p>Je n'écris pas souvent dans mon journal <em>online</em>. Ni dans mon journal papier, ces jours-ci. Je n'ai pas perdu l'intérêt pour ça, ce type d'écriture-là. Mais il se trouve au fond de moi quelque chose, une forme étrange, qui a commencé une mutation. Je ne peux que regarder arriver cela, en silence. Et accueillir. Laisser mûrir avant de transformer l'objet en mots et en images, le laisser grandir afin qu'il touche à sa vérité, qu'il entende sa propre voix dans le son le plus pur du terme si intimement relié au temps que tout cela me donne le vertige, saisie encore par cet écho et ne cherchant plus à fuir. </p> 

<p>Ce mouvement intérieur, et extérieur, concerne mon rapport à l'écrit. Je ressens un profond changement, c'est déjà là, fort et vivant, et ça bouge. Mais quel qu'en soit l'aboutissement, je &laquo; sais &raquo; que cela ne m'éloignera pas du journal. </p>

<p>Je ne lis pas souvent, mais beaucoup à la fois [héhé]. La dernière fois, j'arrivais à la moitié du chapitre &laquo; Autour de Madame Swann &raquo; ; c'est dire et je n'ai pas encore terminé <em>À l'ombre des jeunes filles en fleurs</em>. Titre dont le côté jardin  me tue un peu plus chaque fois que j'y pense, chaque fois que j'imagine les jeunes filles fleuries plantées dans le gazon vert avec leurs petites  ombrelles et leurs grands chapeaux. Je commence même à me demander si ce seul titre aurait ce pouvoir, m'empêcherait de finir le livre. La réponse est non, puisque le livre que je lis a pour titre <em>À la recherche du temps perdu</em>, et que ce roman n'est que le deuxième des sept du plus gros, édité par Gallimard dans la collection Quarto [1999], il s'agit d'une reprise de texte établi pour l'édition de la &laquo; Bibliothèque de la Pléiade &raquo;. J'aime Proust autant que je le hais. Alors je le lirai jusqu'à la lie. </p>

<p>Au temps où je me permettais encore d'avoir des amants ou comme vous le dites si bien, de vivre des relations amoureuses sans me mettre en ménage, après mes deux mariages ratés et à ce chapitre je n'ai vraiment pas eu de chance, je me suis à quelques reprises retrouvée dans des rapports d'amour-haine avant de m'en extraire de force ou de mon plein gré. Inutile de conclure, il n'y a pas de conclusion, mon petit coeur brisé n'étant pas le sujet de cette page. Déjà, le 2 septembre. Maudit que le temps passe vite.</p>

<p>C'est dimanche matin, il fait beau. Je passerai la journée dehors, je m'installerai sous les érables, dans la chaise longue turquoise, et je lirai en buvant du thé, et après je travaillerai, je continuerai à récolter les herbes et les légumes du jardin. J'écosserai les petits pois, transformerai les tomates et le basilic en sauces, congèlerai les haricots jaunes, couperai des bettes à carde pour le gratin de ce soir, accrocherai les premiers oignons à  sécher, cueillerai les plus grosses carottes, les dernières framboises. Après, je couperai des fleurs pour en faire des bouquets, pour la maison. Mais avant de sortir, j'ai encore des choses à écrire. Ça fait un bout de temps que je songe à vous recopier certains passages que j'affectionne particulièrement dans <em>Du côté de chez Swann</em>, au début. </p>

<p>Vous ai-je dit que j'ai trouvé un chat ? Non. C'est un mâle brun assez foncé presque noir et tigré. Son nom est Swann, comme dans monsieur Swann, comme dans un amour de Swann. J'aime ce chat, il est tout à fait fou et tellement fin. Dans l'ordre, extraits de &laquo; Combray &raquo; :</p>

<blockquote><p>&laquo; C'est drôle, je pense très souvent à ma pauvre femme, mais je ne peux y penser beaucoup à la fois. &raquo; &laquo; Souvent, mais peu à la fois, comme le pauvre père Swann &raquo; était devenu une des phrases favorites de mon grand-père qui la prononçait à propos des choses les plus différentes.</p></blockquote>
<p>Un peu plus loin :</p>
<blockquote><p>Mais même au point de vue des choses les plus insignifiantes de la vie, nous ne sommes pas un tout matériellement constitué, identique pour tout le monde et dont chacun n'a qu'à aller prendre connaissance comme d'un cahier de charges ou d'un testament ; notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres. Même l'acte si simple que nous appelons &laquo; voir une personne que nous connaissons &raquo;, est en partie un acte intellectuel.</p></blockquote>
 
<p>Et encore ceci :</p>

<blockquote><p>La possibilité de telles heures ne renaîtra jamais pour moi. Mais depuis peu de temps, je recommence à très bien percevoir si je prête l'oreille, les sanglots que j'eus la force de contenir devant mon père et qui n'éclatèrent que quand je me retrouvai seul avec maman. En réalité ils n'ont jamais cessé ; et c'est seulement parce que la vie se tait maintenant davantage autour de moi que je les entends de nouveau, comme ce cloches de couvents que couvrent si bien les bruits de la ville pendant le jour qu'on les croirait arrêtées mais qui se remettent à sonner dans le silence du soir. </p></blockquote>

<p>Et pour finir, un dernier : </p>
<blockquote><p>&laquo; Salut, amis ! nous disait-il en venant à notre rencontre. Vous êtes heureux d'habiter beaucoup ici ; demain il faudra que je rentre à Paris, dans ma niche.</p>
<p>&laquo; Oh ! ajoutait-il, avec ce sourire doucement ironique et déçu, un peu distrait, qui lui était particulier, certes il y a dans ma maison toutes les choses inutiles. Il n'y manque que le nécessaire, un grand morceau de ciel comme ici. Tâchez de garder toujours un morceau de ciel comme celui-ci au-dessus de votre vie, petit garçon, ajoutait-il en se tournant vers moi. Vous avez une jolie âme, d'une qualité rare, une nature d'artiste, ne la laissez pas manquer de ce qu'il lui faut. &raquo;</p></blockquote>

<p>Et je nous en souhaite autant.</p>]]>
        
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    <title>57. un matin d&apos;été, au mois d&apos;août</title>
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    <published>2007-08-19T01:12:29Z</published>
    <updated>2007-10-07T13:31:29Z</updated>

    <summary>C&apos;était un jeudi matin avec un fleuve gris, agité. La marée montait, ou redescendait, et les vagues s&apos;éclataient en léchant les galets. Obsédée par les sept premières phrases du roman en chantier, je ne savais plus ni la date du...</summary>
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    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.anniestrohem.com/journal/">
        <![CDATA[<p>C'était un jeudi matin avec un fleuve gris, agité. La marée montait, ou redescendait, et les vagues s'éclataient en léchant les galets. Obsédée par les sept premières phrases du roman en chantier, je ne savais plus ni la date du jour, ni l'heure. </p>
<p>Ce matin-là, j'étais certaine d'être bien installée, nichée au centre d'un moi qui était vert de peur à trois heures du matin, un moi ébranlé après un sommeil à bâtons rompus, pas reposant, à fuir des rêves dont je ne conservais aucun souvenir, un moi tremblant des mains devant un café froid. Je rêvais d'avaler un bol de thé noir brûlant assise toute seule sur une buche au milieu d'un bosquet de trembles, je rêvais de m'endormir dans la mer.</p>
<p>Je lisais et relisais, réfléchissais et corrigeais en examinant le pouvoir des mots que l'on s'autorise à écrire, la métonymie du reste, la sacro sainte phrase sacrée capable d'énoncer le style, le ton, le rythme, et puis la prophétie de la vision intérieure, le coeur battant derrière ce livre-là, à lire et qui serait lu, et puis la mise à la terre, et la septième phrase, la prise de parole. </p>



<p>L'avant-veille, j'avais trop parlé de moi, et je le regrettais, je n'étais pas si importante et je me le jurais, je ne recommencerais plus jamais. Cela ne m'empêcherait nullement de parler, je le savais, ni de donner, mais je devais apprendre à préserver la crème de la crème pour usage personnel comme un breuvage concentré de survie, et apprendre à ne partager rien d'autre que ce qui est partageable au sens où l'autre se retrouve perpétuellement en face de la bête en soi et que je ne pouvais rien changer à ça. Alors j'avais travaillé et retravaillé et peaufiné la première page et les autres, il fallait que cela soit léger et profond, vite et lent, simple et multiple, sombre et lumineux. Du cristal.</p>


<p>Je savais que c'était un matin d'été, au mois d'août, et que ce jour serait le mien. Rien ni personne ne pourrait s'approprier mon essence et m'empêcher d'être limpide et pressée comme la truite mouchetée dans son ruisseau glacé, j'en avais fait le serment au soleil frisquet, dès mon réveil. J'avais préparé les pages à lire devant la table blanche en contreplaqué.</p>

<p>J'écoutais des histoires de fouilles, de foisonnement, de fouillis et de mésanges et de loups. J'écoutais le récit de l'inceste et des larmes noires. J'écoutais ce que l'on raconte, j'écoutais le petit garçon assis tout seul en haut d'un escalier et l'autre coincé avec des mots dans la tête et des papillons dans le ventre, la gouache rouge d'un enfant qui aurait eu besoin d'être nu, je revisitais la rage des esprits et la traversée du soleil noir. Et puis quand mon tour fut venu de lire, j'ai vomi tout mon café froid. D'où l'importance d'être seule et de se taire.     </p>  
<span class="mt-enclosure mt-enclosure-image"><img alt="2007.08.16_hoteldelaplage.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.08.16_hoteldelaplage.jpg" width="500" height="667" class="mt-image-center" style="text-align: center; display: block; margin: 0 auto 20px;"/></span>]]>
        
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    <title>56. mea culpa</title>
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    <published>2007-08-05T13:35:05Z</published>
    <updated>2007-10-07T13:31:29Z</updated>

    <summary>Ce journal rencontre une autre transformation. La pire, peut-être, de sa courte histoire. J&apos;ai finalement accepté l&apos;évidence que mon journal en ligne n&apos;est rien d&apos;autre qu&apos;un misérable blog, sauf pour les salons à commentaires, et les fils pour les conversations...</summary>
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        <category term="bidouillages" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.anniestrohem.com/journal/">
        <![CDATA[<p>Ce journal rencontre une autre transformation. La pire, peut-être, de sa courte histoire. </p>

<p>J'ai finalement accepté l'évidence que mon journal en ligne n'est rien d'autre qu'un misérable blog, sauf pour les salons à commentaires, et les fils pour les conversations avec et entre les lecteurs.</p>

<p>Sans pub. Et sans forum, non merci. Ici, on s'écrit des emails, ou des lettres en papier, ou bien on s'écrit pas. Ici, &laquo; on &raquo; est libre. </p>

<p>Ici &laquo; on &raquo; a droit au silence, à l'absence du bruissement incessant de paroles alentour de soi, &laquo; on &raquo; a droit, donc, de lire sans faire d'échos ni de ronds dans l'eau.</p>

<p>La version 4, de Movable Type, est disponible pour essai, en beta. Paresseuse par essence, je ne l'installerai pas avant qu'elle n'en soit à sa version finale. </p>

<p>Réaction d'égoiste, je sais. Si je la téléchargeais et l'installais sur le serveur, je pourrais aider à son développement, peut-être. En tout cas, découvrir et signaler des bogues. Sauf que je ne suis pas une bidouilleuse de métier. </p>

<p>Et que je n'ai pas tellement de temps pour jouer dans les codes en ce moment. J'ai préféré changer ma feuille de style une autre fois, ce matin. Gardé le rouge en toile de fond.</p>

<p>Et puis j'ai entrepris de relire <em>À la recherche du temps perdu</em>, pour singer une plus que gentille et probablement ma plus patiente et fidèle lectrice du web qui m'a écrit &laquo; j'ai (re)commencé la lecture d' A la recherche du temps perdu &raquo;.</p>

<p> C'est comme ça que le désir m'est (re)venu. Merci Jo. Je suis nulle de chez nul, je ne lui ai même pas encore répondu, mais j'y pense souvent. </p>

<p>Je lis Proust mieux que les premières fois, assise dans l'herbe. J'en suis encore à &laquo; Combray, II &raquo;, <em>Du côté de chez Swann</em>. </p>

<p>Elle doit avoir fini <em>À l'ombre des jeunes filles en fleurs</em>. Quel titre follement tordu et inspirant. Je (re)découvre, j'aime. Et je prends des notes. Je lis très lentement car je travaille beaucoup (pour gagner des sous) et puis il y a les légumes et les fleurs à cultiver. J'ai entrepris d'autres travaux de rénovation, pas pu m'en empêcher. </p>

 <p>J'ai repris mon roman, ça avance bien : 86 pages tapées, corrigées, et une forme qui s'affirme, mais pas en forme de poire. Merci Satie. J'ai fait des rêves sans queue ni tête. Quelques mots à ce sujet bientôt.  </p>]]>
        
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    <title>55. gros plans sur...</title>
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    <published>2007-07-23T11:41:15Z</published>
    <updated>2007-10-07T13:31:29Z</updated>

    <summary>...ce que sont devenus mes champignons de samedi matin : Celui qui était tout rond, le plus brillant, s&apos;est métamorphosé en grosse crêpe, l&apos;autre, on dirait un bon biscuit moelleux, une meringue, et ces deux-là ont l&apos;air pensifs, en tout...</summary>
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        <category term="mes images" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.anniestrohem.com/journal/">
        <![CDATA[<p>...ce que sont devenus mes champignons de samedi matin :</p>

<p>Celui qui était tout rond, le plus brillant, s'est métamorphosé en grosse crêpe,</p>

<div class="pic"><img alt="2007.07.23_champignoncrepe.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.07.23_champignoncrepe.jpg" width="450" height="411" /></div>

<p>l'autre, on dirait un bon biscuit moelleux, une meringue,</p>
<div class="pic"><img alt="2007.07.23_champignonbiscuit.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.07.23_champignonbiscuit.jpg" width="450" height="413" /></div>

<p>et ces deux-là ont l'air pensifs, en tout cas penchés. </p>

<div class="pic"><img alt="2007.07.23_deuxchampignonspensifs.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.07.23_deuxchampignonspensifs.jpg" width="450" height="590" /></div>
<p>En vérité, ils sont bien droit sous le soleil, c'est moi qui étais penchée.</p>]]>
        
    </content>
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    <title>54. j&apos;ai pour toi un étang</title>
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    <id>tag:www.anniestrohem.com,2007:/journal//3.123</id>

    <published>2007-07-22T14:26:00Z</published>
    <updated>2007-10-07T13:31:29Z</updated>

    <summary>Ce matin était plus silencieux qu&apos;hier. D&apos;un grand calme, en fait. À sept heures, quand je suis arrivée dans le jardin avec mon bol de café, il n&apos;y avait personne d&apos;autre que les corneilles au loin. Toutes les autres jacasseries...</summary>
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    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.anniestrohem.com/journal/">
        <![CDATA[<p>Ce matin était plus silencieux qu'hier. D'un grand calme, en fait. À sept heures,  quand je suis arrivée dans le jardin avec mon bol de café, il n'y avait personne d'autre que les corneilles au loin. Toutes les autres jacasseries des volatiles s'étaient tues et j'étais seule dans la rosée. Ce fut bref, et long en même temps parce que j'ai savouré. J'ai installé des treillis et des cordes et j'ai attaché les roses trémières qui ont été jetées au sol lors des dernières grosses pluies. Et puis les bruits sont revenus, les voitures ont recommencé à circuler, les abeilles à butiner et le bal des tondeuses à bourdonner. </p>

<p>Hier, j'ai eu une folle idée. Depuis que je vis ici, je rêvais d'aménager un ruisseau, ou un étang, un tout petit lac. J'en parlais, je cherchais le meilleur endroit. L'autre jour, je me suis même informée au centre de jardinage, pour connaître le prix des pompes et des toiles qu'ils vendent pour mettre au fond des étangs dits naturels. Hors de prix. Compliqué. J'ai abandonné le projet, pour cette année du moins.</p>

<p>Mais très tôt, depuis que je vis ici, j'avais découvert un espace sous les arbres, un grand espace arrondi où l'eau affleurait par-dessus les brins d'herbe. Quand je marchais là-dedans, j'enfonçais un peu, c'était bien spongieux et toujours mouillé, même par temps sec. Alors je suis montée là-bas après le souper et j'ai commencé à creuser. </p>

<p>J'ai creusé avec une pelle ronde coupante, j'ai enlevé de la terre, et des gros cailloux, des racines. Mon étang [en fin de compte il ne s'agit pour le moment que d'un simple trou d'eau] mesure environ un mètre de diamètre sur 20 centimètres de profondeur. Je lui ai demandé de prendre la pose hier soir. Ça tourbillonnait déjà en surface et l'eau était toute brune. Mais ce n'est pas grave, je l'imagine tel qu'il sera dans quelques semaines, l'an prochain, et il me plaît déjà.</p>

<div class="pic"><img alt="2007.07.21_etang.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.07.21_etang.jpg" width="500" height="357" /></div>


<p>L'idée, c'est qu'il y a de l'eau. Que j'ai trouvé un point d'eau naturel. Je vais redonner la vie à un cour d'eau et dans pas longtemps, toute une petite faune sauvage viendra s'y installer, et en profiter. N'est-ce pas follement excitant, la vie ? J'ai lu quelque part que les corneilles aiment beaucoup les points d'eau. Aurai-je des crapauds et des grenouilles ? Menoum.</p>

<p>Je vais creuser encore, il faut que j'atteigne au moins 50 cm. en profondeur, sinon davantage. Et en superficie, j'aimerais bien obtenir la forme d'un gros haricot, de deux ou trois mètres. Une fois que j'aurai fini de creuser, j'aménagerai le contour avec des buches, des grosses pierres, et aussi du sable blanc ou du schiste concassé d'un beau gris pâle.</p>

<p>L'eau stagnante amène les moustiques ? J'y ai pensé : pour éviter que mon étang ne devienne un vivier à moustiques, il me faudra mettre quelques poissons dans l'eau, ils vont les manger. Et pour aider les poissons à garder l'eau propre et bien filtrée, je planterai des lis d'eau, des nénuphars et autres plantes aquatiques. Et puis tout autour, je mettrai des arbustes et de la fougère. Un banc pour lire. Ça va être mon coin zen, mon petit jardin japonais à l'extrémité sud-est de mon coin sauvage en montagne. </p>

<p>J'avais planté un bambou rustique,  l'an dernier, à côté de la maison, et il a eu la bonne idée de repousser ce printemps... j'attends l'automne et je le transporterai au bord de mon étang, il sera plus beau là-bas. </p> 

<p>Ce matin, surprise, l'eau était toute claire, déjà. Et bien froide. La vase s'était déposée au fond. Bonheur. Et plein d'insectes qui n'étaient même pas là hier. J'ai repris la pelle et j'ai creusé encore. Il faut maintenant que j'entre dans l'eau pour ramasser les grosses pierre qui sont au fond, j'ai de l'eau à mi-mollets et mes travaux avancent plus vite que prévu. Mais il y a un léger problème, que vais-je bien pouvoir faire de toute cette terre qui s'accumule à côté de mon trou d'eau ? </p>]]>
        
    </content>
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    <title>53. jolis champignons, madame</title>
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    <published>2007-07-21T14:59:18Z</published>
    <updated>2007-10-07T13:31:29Z</updated>

    <summary>Impossible de les manquer. Dès les premiers rayons du soleil, ils se sont allumés sur l&apos;herbe mouillée, aussi ronds et laqués que des lanternes chinoises dans un vacarme épouvantable fait de gazouillis d&apos;oiseaux et tout le reste : comme tous...</summary>
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        <![CDATA[<p>Impossible de les manquer. Dès les premiers rayons du soleil, ils se sont allumés sur l'herbe mouillée, aussi ronds et laqués que des lanternes chinoises dans un vacarme épouvantable fait de gazouillis d'oiseaux et tout le reste : comme tous les samedis et dimanches matin, le petit-fils de la vieille dame, ma voisine, coupe le gazon autour de sa maison, assis sur un petit tracteur-tondeuse, il maintient la surface aussi rase, fournie et verdoyante qu'un terrain de golf. </p>
<div class="pic"><img alt="champignon rond du samedi 21 juillet 2007, le matin" title="champignon rond du samedi 21 juillet 2007, le matin"  src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.07.21_champignon.jpg" width="500" height="667" /></div>

<p>Chez-moi, l'herbe pousse un peu n'importe comment, j'ai semé des fleurs sauvages et du trèfle blanc et ça forme des couvre-sol courants partout et des petits tapis fleuris qu'il n'est pas nécessaire de couper aussi souvent, et qui sont plus doux pour le corps lorsque je sors marcher nu-pieds dans la rosée.</p>

<p>C. me regarde photographier mes champignons, sous le grand sapin. Il salue. Il rit. Sont-ce des amanites tue-mouches ? S'imagine-t-il que je vais les cueillir et les manger ?</p>

<img alt="2007.07.21_fourmisurchampignon.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.07.21_fourmisurchampignon.jpg" width="200" height="208" /><img alt="2007.07.21_troischampignonsbis.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.07.21_troischampignonsbis.jpg" width="200" height="189" /><img alt="2007.07.21_champignonseul.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.07.21_champignonseul.jpg" width="200" height="191" />
<p>Je ne connais rien aux champignons. En tout cas, je suis certaines que ce ne sont pas des bolets, ni des chanterelles. Probablement une sorte d'amanites. Même s'ils étaient comestibles, et sûrement très bons et délicieux, je n'y toucherais pas. Sont trop beaux.</p>]]>
        
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    <title>52. amour, ahabah, love, éros, philia, agapè et quoi encore</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.anniestrohem.com/journal/2007/07/52-amour-ahabah-love-eros-phil.html" />
    <id>tag:www.anniestrohem.com,2007:/journal//3.121</id>

    <published>2007-07-20T17:42:15Z</published>
    <updated>2007-10-07T13:31:29Z</updated>

    <summary>La voilà qui recommence à parler d&apos;amour. Et puis soudain ce fut l&apos;été. Le bel été de l&apos;éternel balbutiement. Il pleut souvent, presque tous les jours. J&apos;écris beaucoup et je prends soin du potager, des arbres, de mes belles fleurs....</summary>
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        <![CDATA[<p>La voilà qui recommence à parler d'amour. Et puis soudain ce fut l'été. Le bel été de l'éternel balbutiement. Il pleut souvent, presque tous les jours. J'écris beaucoup et je prends soin du potager, des arbres, de mes belles fleurs. </p>

<div class="leftpic"><img alt="2007.07.20_alcearoseanigra.jpg" src="http://www.anniestrohem.com/images/2007.07.20_alcearoseanigra.jpg" width="284" height="344" /></div>

<p>Les premières roses trémières [altération de rose d'outremer, attesté dès 1500 selon <em>Petit Robert</em>, aussi appelées bâtons de Jacob, primeroses, passe-roses. En espagnol ce sont des malvarrosas, et en latin : <em>Alcea rosea</em>] ont commencé à fleurir, fières et dignes. Mais elles ne sont pas roses, ni rouges. Non. Mes roses de trémière sont rouge pourpre, très foncées. Rouge vin violacé, en fait. Presque noires. Ce sont des <em>Alcea rosea nigra</em>. Pas ça qui était écrit sur l'étiquette. Jamais vu de pareilles nulle part, mais je les ai photographiées sous la pluie, à l'instant, pour vos beaux yeux. Babillages de Babel. Elle ouvre le grand Dictionnaire Hébreu sur <em>ahabah</em>, hbh). Écoute l'épellation phonétique. Un, deux, trois. Divins plaisirs du corps plein l'oreille. </p>

<p>Elle, qui ne croit plus en Lui, cherche Ses mots, juste pour le plaisir de s'entendre intérieurement prononcer les sons ronds <em><a href="http://www.searchgodsword.org/lex/heb/view.cgi?number=0160">Search God's Word</a></em>. Ils ont cherché les occurences du mot ahabah (love) dans la bible. En ont compté une quarantaine ou moins, selon les versions. Citations à l'appui, plus bas. Ils ont aussi une définition de Love, que je recopie : </p>

<blockquote><p>Love = </p>
<p>   1. human love for human object<br />
         - of man toward man<br />
         - of man toward himself<br />
         - between man and woman<br />
         - sexual desire </p>
<p>   2. God's love to His people</p> 
</blockquote>
<p>Que je traduis librement sans consulter les lexiques qui en savent plus long que moi sur le sujet : </p>

<blockquote><p>Love = </p>
<p>1. Amour humain pour un objet humain<br />
- d'un homme pour un homme<br />
- d'un homme pour lui-même<br />
- entre un homme et une femme<br />
- désir sexuel</p>
<p>2. Amour de Dieu pour Son monde.</p> 
</blockquote>

<p>Aurais-je pu traduire people par peuple ? ça me tente même pas d'y penser...</p>
<blockquote><p>Hosea 3:1 </p>
<p>    Then said the LORD unto me, Go yet, love a woman beloved of her friend, yet an adulteress, according to the love of the LORD toward the children of Israel, who look to other gods, and love flagons of wine.</p> 
</blockquote>

<p>Et ceci dans la petite Bible en français de mon fils : </p>

<blockquote>
<p>Osée 3:1 </p>
<p>      Le Seigneur me dit : &laquo;Eh bien ! Une fois encore aime cette femme qui a un amant et vit dans l'adultère. Aime-la comme moi, le Seigneur, j'aime  les gens d'Israël, bien qu'ils se tournent vers d'autres dieux et raffolent des gâteaux de raisins. &raquo;</p> 
</blockquote>


<p>Héhé, voilà que d'une langue à l'autre, les bouteilles de vin se changent en gâteaux, sinon en pains aux raisin. Faut croire aux miracles. Et aussi à la multiplication des pains, des pins, des pinotes, des pin-ups et des bobby pins.</p>
<p>Tout un chacun sait bien que les premiers traducteurs de la Bible, écrite en Araméen sur des vieilles pierres toutes effritées (j'imagine, parce que l'on était encore loin des presses de sieur Gutenberg), l'ont traduite en hébreu, puis de l'hébreu au grec. La chose s'est corsée et le choix ne fut pas une mince affaire quand il s'est agi de traduire les mots hébreux désignant l'amour : <em>ahabah</em> et <em>hesed</em>. Encore un autre ? Eh oui, et ce n'est pas le seul. Si le mot ahabah désigne toutes les formes d'amour, que l'on précise selon le contexte, le mot hesed est plus complexe, il est utilisé pour les notions de fidélité et d'attachement. </p>

<p>Les choses n'étaient pas simples, en effet, car les anciens grecs avaient trois mots pour désigner l'amour : <em>eros, philia</em> et <em>agapè</em>.  Mais pourquoi diable, en français, on n'a que le mot  amour, et en plus, plus personne ne sait ce que ça veut dire. Et encore moins écrire un mot pareil. J'aime <em>love</em>, comme dans <em>make love</em> c'est si bon, ou dans <em>love affair</em>, ou bien <em>make love, not war</em>, sauf que c'est de l'anglais. &laquo; <em>Well do you love me (I can really move). Well do you love me (I'm in the groove). Ah do you love me. Now that I can dance. Watch me now, oh. </em>&raquo;</p>

<p>Eros, donc. Et pour en revenir à nos grecs, <em>eros</em> nomme le désir, pour tout objet digne d'attachement. <em>Philia</em> signifie amour désintéressé, cet amour qui prend soin de l'autre, de l'ami, de la patrie, en qui la volonté et la noblesse de coeur ont maîtrisé les passions humaines. <em>Agapè</em>, le mot, a parfois le sens d'<em>eros</em>, mais plus souvent le sens de <em>philia</em>. Source : perdue, mais je vais la retrouver... et continuer un autre jour. </p>
<p>Vous trouvez que ça commence raide après une absence de plusieurs semaines, que j'aurais pu trouver un sujet plus facile ? Mais c'est que je ne suis pas là pour faire la conversation. Pas pour communiquer un précieux message, ni même pour partager et susciter des réflexions profondes. Ni même pour donner de mes nouvelles mais j'en donne pareil, cherchez l'erreur, c'est bien ça le piège de tenir un journal en ligne, on fait comme dans &laquo; Allo allo Jos, quelles nouvelles ? &ndash; Tout va très bien, tout va très bien. &raquo; Même pas. Aujourd'hui, j'écris une page dans ce journal, juste pour écrire. Ou me rappeler un jour que le 20 juillet 2007, il pleuvait et ventait, que je suis sortie photographier les roses trémières qui ont l'air des fleurs de sorcières, et puis que j'ai fait de la soupe au poulet et riz, un feu de cheminée. Mangé des bagels grillés avec du beurre. Faut pas chercher plus loin. J'ai personne à convertir, je n'enseigne rien, ne prêche sur aucune montagne. &laquo;Pourtant, que la montagne est belle, comment peut-on s'imaginer, en voyant un vol d'hirondelles, que l'automne vient d'arriver ? &raquo; Je donne peut-être l'impression de me détacher du journal, de vous filer entre les pattes. Mais non, je ne boude pas. Je bouge. Je suis là. Simplement devenue incapable de poursuivre. Muette mouette. Mutique. Mutante. Mouvante. Mais non, je n'abandonne pas mon cher journal qu'est pas un blog, sauf pour la technologie blog qui sert à le publier, puis à l'archiver et tout. Mais, me direz-vous, what the hell does flagon mean ? Des "flagons of wine", comme dans la Bible, ça ressemble à ça. On peut cliquer dessus pour accéder au Thesaurus où j'ai déniché/emprunté l'image. Merci.</p><div class="rightpic"><a href="http://www.thefreedictionary.com/flagons"><img alt="62739-flagon.gif" src="http://www.anniestrohem.com/images/62739-flagon.gif" width="97" height="135" /></a></div><br />

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