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Cette page de Script pour consigner quelques notes de lecture qu'il serait trop volumineux d'inclure au texte du journal.  Autrement dit, les miettes que je ne veux pas laisser tomber sous la table.  Ou ce que je glane ici et là.  Et qui permettra ensuite de voyager un peu partout sans se perdre...  Aussi, quelques chairs autour de l'os à moelle pour ceux qui veulent un peu de lumière sur certains textes, ouvrages ou auteurs.

Pour le moment, ici, je ne classe pas.  Les liens se feront uniquement à partir du journal.  Et j'archiverai quand j'aurai de quoi le faire...  à partir de 3-4 lettres de l'alphabet peut-être, ou sinon quand j'aurai le temps.
 
Robert lalonde, Des nouvelles d'amis très chers : histoires, Montréal,Les Éditions du Boréal, 1999, http://editionsboreal.qc.ca
«Ni pastiches, ni exercices de style, ces histoires sont écrites "sous l'influence" d'autres écrivains :  Jean Giono, Colette, Flannery O'Connor, Francis Scott Fitzsgerald, Gabriel Garcia Marquez, Anton Tchekhov, Guy de Maupassant, Gabrielle Roy, Michel Tremblay.  Participant de l'oeuvre de fiction de Robert Lalonde, tout en poursuivant la voie inaugurée dans Le monde sur le flanc de la truite et Le Vacarmeur, ces neufs textes constituent autant d'hommages à des auteurs admirés, du "piratage par amour". »

Katherine Mansfield,Journal (Édition complète),Trad. de Marthe Duproix, Anne Marcel et André Bay, Éditions Stock, 1932, 1950, 1973, et Folio, 1987, pour le présent ouvrage.

Le 10 octobre 1922, K.M. écrit : « Dieu soit béni de nous avoir accordé la grâce d'écrire ».  Elle meurt trois mois plus tard, le 9 janvier 1923.  Elle n'avait que trentre-quatre ans.  On dit que les derniers mots du journal sont : « Je me sens heureuse au fond, tout au fond.  TOUT EST BIEN. »

Il y a une citation de K.M., que je conserve dans un coin de ma mémoire en anglais, et qui me revient souvent.  Mais j'ai honte de ne pouvoir en citer la source :  « This terrible desire to establish contact...  ».  Petite phrase glanée il y a des années dans l'un de mes cours de littérature.  Le prof l'avait écrite au tableau pendant son exposé.   C'était le genre de prof qui disait : Si vous faites une seule faute de français, je vous tue.  J'aime bien ce genre d'humour.  De sorte que je n'ai jamais oublié ces deux phrases désespérées reçues en cadeau le même jour.
Toujours dans son journal, en mai 1908, elle écrit : « Pour tisser la tapisserie compliquée qu'est une vie, il est bon de prendre une harmonie d'échevaux très divers.    Inutile de garder les moutons, de carder la laine soi-même, la teindre, la trier ;  non, dans la joie, prends tes matériaux tout prêts, gagne du temps, et en avant!  De l'indépendance, de la volonté, de la résolution, et puis du discernement, de la clarté intellectuelle, voilà ce qui est indispensable. » (c'est moi qui souligne en gras)

(1907)
1er juin. Baie du Jour

    « Me voici, à moitié morte de froid, et de fatigue. Je ne peux pas dormir, parce que c'est la fin, parce que c'est arrivé avec une telle brutalité que moi-même, qui m'y attendais depuis si longtemps, je reste bouleversée, écrasée. Elle est fatiguée. Dernière nuit que j'ai passé avec elle, dans ses bras - et aujourd'hui, je la déteste - ce qui signifie que je l'adore, que je ne puis être étendue ici, dans mon lit, sans me rappeler le charme magique de son corps ; » 

    « À côté de moi, une bougie brûle calmement ; elle est dorée et resemble à une fleur. Mais que j'attende assez longtemps, je la verrai baisser, vaciller et mourir. Telle est la vie, tel, surtout, est l'Amour, l'amour, ce sentiment vague, fugitif et éphémère. Le pessimisme lugubre me regarde dans les yeux, et je m'accroche aux anciennes illusions. Ce que j'aime : un arc-en-ciel, un cristal. L'arc-en-ciel se dissipe, et le cristal vole en mille éclats étincelants. Où donc sont-ils dispersés, dans l'immensité du ciel, aux quatre vents de l'espace - disparus » (page 58) 

Juin

    « Huit heures juste. Quelque part dans le monde, peut-être est-il en train de s'éveiller, de s'habiller, ou encore il joue, il déjeune - et moi, je suis ici. Bonjour, César, bonne journée. Une lettre de moi arrive à Londres aujourd'hui. Extraordinaire, de vivre si loin de son autre moi et, pourtant, de s'en sentir plus proche chaque jour. Tout ce qui le concerne me paraît plus clair. Je me le représente dans toutes les situations imaginables, et je sens que je ne me trompe pas. Je l'aime ; mais de toute mon âme... je me le demande. Et ça, c'est le fond du problème - le fil d'Oscar. 

    « Je veux fêter ce jour d'une manière positive, en commençant un livre. En moi-même, tandis que je marche, que je m'habille, que je parle, même juste avant de jouer du violoncelle, mille images délicates flottent et s'évanouissent. Je voudrais écrire une histoire inventée mais vraisemblable - parce que hors de question - qui fasse battre le coeur du lecteur, l'émeuve, d'une manière durable, le fasse verser des larmes exquises et rire d'un rire exquis. Jamais je ne donnerai dans le gros comique. Et puis il faut que ce soit ultra-moderne. »  (page 63) 
 

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