journal* et autres écritures

... pour le regard ailleurs, le temps, la mémoire, la lecture, le silence. Et des images

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Mot-clé - le temps

Plusieurs jours sans ouvrir ce journal. Ça m'a manqué, c'est sûr. Pas un seul jour sans y penser. J'étais dans un état complexe, complexifié et composé à la fois de « vouloir » et de « ne pas pouvoir ». Pour plusieurs raisons toutes plus raisonnables les unes que les autres.

Je sais, je n'ai pas à me justifier. Après presque dix ans d'écriture en ligne, elle a bien le droit de faire comme elle veut, de garder le silence, de sauter des jours, des semaines et même des mois, me direz-vous. Right.

Alors, elle dit que j'étais ailleurs, occupée à d'autres occupations fort prenantes, mais j'ai tout de même pensé à vous. Je tiens à vous souhaiter à tous et à chacun qui viennent et reviennent lire mes billets, de passer un bon temps des Fêtes et plein de bonheur [fait de bonnes heures].

Hier, elle lui demande, c'est quoi d'après toi, le temps ?

Et le voilà qui s'impatiente un peu. Ben voyons le temps. C'est rien le temps. Ç'a été inventé parce qu'il y avait des jours et puis des nuits. Ils ne comprenaient pas. Alors ils ont décidé de mesurer tout ça. C'était pour..., – le travail.

Elle dit ah bon. Ce n'est que ça le temps ? Une invention pour..., – le travail ?

Oui. Il dit. Réponse terminée. Sujet clos.

Mais pas pour moi. Mon gros journal online devient trop volumineux. Hétéroclite. Touffu. Redondant. Bizarre. Informe. Plus j'avance, plus j'ai le sentiment d'en perdre le fil, qu'il s'effiloche, s'éparpille, ou je ne sais quoi.

Je n'ai donc pas beaucoup d'autre choix que de le rééditer, corriger, classer, annoter, épurer. Opération mûrement réfléchie. Si je veux qu'il survive au temps, il me faudra tout ranger les neuf et bientôt dix volumes dans le même épais cahier. Bref, j'en ai très envie.

Alors j'ai commencé par quatre pages écrites dans le temps de Noêl ces dernières années, visibles à partir du tableau de l'entête. Le reste suivra et s'empilera dans les archives [suivre le lien en bas de page] avec tout le reste. C'est un travail de moine. Je sais. Un travail en solitaire. Cela ne fait pas de moi un poor lonesome cowboy pour autant. Quoique.



Par ailleurs, j'ai passé un fort beau et tendre jour [et lendemain] de Noêl. Et vous ?

Me suis encore réveillée en fredonnant mentalement I'm Yours. Encore. Depuis vendredi soir que ça dure. J'ai eu beau virer le clip de la page du 13, ne plus écouter Mraz, essayer de me distraire. Écouter tout un opéra du Metz à la radio hier après-midi. Je souffre de la malédiction du parasite musical des méninges [MPMM]. J'ai cherché des remèdes. Une mouche de moutarde musicale, un exorcisme, quelque chose. Pensé à publier un mp.3 du concerto italien [l'interprétation de Gould] piraté. Je ne le trouve plus. Le mauvais sort s'acharne. L'obsession va s'incruster davantage. Comment oublier cet air sans le remplacer par autre chose ? Expier en ligne ou rien.

J'ai bien songé à Miron dans une émission des Souverains anonymes, en 1992 [sous l'onglet « 19 ans de rencontres - liste des émissions »]. J'ai réécouté le début de la première. Parfait.

J'avais téléchargé, il y a quelques années, les quatre enregistrements, fiévreusement, juste au cas où. Fabuleux documents, ça donne des frissons. Sauf que ça ne m'appartient pas. Et puis c'est trop lourd pour une page de journal. Le serveur va s'engorger, booster, bloquer et la bande passante exploser, bref je peux pas mettre la voix de Miron dans le journal en ligne. Par contre, ses mots, je peux les recopier. J'ouvre l'homme rapaillé. La page douze, je l'apprends par coeur.

VÉRITÉ IRRÉDUCTIBLE

Ô ton visage comme un nénuphar flottant
et le temps c'est le choeur des aulnes
à regretter continu sur des rives insensées

ton âme est quelque part
sur les collines de chair oubliée
et le temps c'est mon soulier
à creuser contre le ciel

à vivre mon angoisse poudrait
éclairait l'obscure arête de ma transparence
le temps c'est ton visage à aimer blanc

dans cette ville qui m'a jeté des mauvais sorts
ton passage dure encore creuset de feu
le temps c'est une ligne droite et mourante
de mon oeil à l'inespéré

Et puis tant pis, je le ferai, juste un peu, les Souverains ne m'en voudront pas. Je ne peux pas résister à « mon amour, la rose et l'oeillet », une chanson qui me fait penser à mon père. Elle arrive juste après le plus vieux blues québécois.

Vol.9 : [sans titre]

10. essai

Cette page n'avait d'autre but que de corriger certains problèmes d'édition. J'avais écrit qu'elle disparaîtrait dès que je les aurais corrigés et puis j'ai ajouté d'autres mots que je veux maintenant garder, de sorte que ça change tout.

Parfois j'écris des pages et puis je les efface. En tout ou en partie. Ce n'est pas le ciseau de la censure, c'est la mise à jour. Parfois j'ajoute un ou deux paragraphes, retravaille le texte. Parfois aussi j'appuie sur un bouton et comme par magie le décor change.

Je lis L'accordeur de pianos. Troublante atmosphère. Écriture superbe, excellente traduction. Ah, si je pouvais seulement lire l'allemand. Après la page 50, j'ai fait une sieste.

Et puis j'ai des problèmes avec le serveur depuis jeudi soir. Bizarre. Bizarre. C'était jamais arrivé.

Il pleut. Y'a plus de lait. J'ai pas envie de sortir. L'autre matin, celui de la photo, il y avait beaucoup d'écharpes de brumes sur le fleuve, comme collées sur l'eau. Le temps que je descende de ma montagne, que je me rende jusque dans les quenouilles, les brumes s'étaient levées, découvrant l'horizon bleu. J'ai pris le sentier de la route verte et j'ai marché plusieurs kilomètres.