Nuit du nouvel an. Nuit d'espoir. Sans trop de nostalgies encombrantes, mais
tout de même. Passé plusieurs heures à écouter les plus belles chansons de Jean
Ferrat, porteuses d'espoir « un jour pourtant, un jour viendra, couleur
d'orange, un jour de paille, un jour de feuillages au front, un jour d'épaules
nues où les gens s'aimeront, un jour comme un oiseau sur la plus haute branche
».
Et puis toutes les autres, avec les mots d'Aragon. Dont l'une des plus plus
sublimes : « Les yeux d'Elsa », chanson si heureuse et profonde qu'elle fait
perdre la mémoire à celui que n'oserait pas mettre un mot par dessus les
oiseaux. Leurs ailes jamais si bleues qu'à sa brisure. Et qui dans le malheur
ouvrirent la double brèche par où se reproduit le miracle des rois lors que le
coeur battant ils virent tous les trois le manteau de Marie accroché dans la
crèche, l'enfant accaparé par les belles images.
Je ne crois plus depuis longtemps à la belle Histoire de cet enfant de Marie
mais personne ne saura jamais à quel point je l'aime, la Belle Histoire, « qui
m'habite et qui m'obsède ».
Bonne et heureuse année à vous tous qui passez lire mon journal qui compte
bien peu de pages 2010. Je compte bien faire mieux en l'an 11 en vous
souhaitant de marcher jour et nuit sur le meilleur chemin, celui du coeur.
Celui d'aimer « à perdre la raison, d'aimer à n'en savoir que dire », là où il
fait jour longtemps dans la nuit. Là où les instants bleus et les silences sont
fragiles. Et si précieux.
Avec tout ça j'ai voulu finir ma traversée de la
première nuit de l'année en réécoutant « La chambre d'Orphée », de Philip
Glass, pièce musicale qui m'a passablement hantée pendant l'écriture de mon
dernier manuscrit [sans doute un navet comme les précédents, refusé par huit
éditeurs sur treize à qui je l'avais posté début janvier 2010 ; le cas des cinq
maisons d'édition - et pas les plus « petites » - qui n'ont même pas pris la
peine de me pondre leur lettre de refus me laisse songeuse et triste aussi,
très triste. Mais ce jour n'en est pas un où j'ai envie de me répandre en
regrets et jérémiades, alors je fermerai définitivement cette parenthèse parce
que j'ai presque totalement perdu espoir et que je n'écris plus; - pour le
moment]. Ainsi donc, ne retrouvant plus le cd acheté sur Itunes [endormi dans
la mémoire du macbook air que je n'utilise plus beaucoup non plus], j'ai tapé
Phillip Glass dans le ITunes Store et j'ai découvert le superbe album
Book of Longing, composé des dessins et poèmes de
Leonard Cohen mis en musique par Philip Glass. J'ai choisi le premier morceau :
« I Can't Make the Hills ». C'est moi aujourd'hui. Pour vous. Avec
tous mes voeux pour une bonne et heureuse année. Et comme j'ai eu de la chance,
il y a ce video déniché sur You Tube. Cadeau. Merci aux auteurs.
I can't make the hills The system is shot I'm living on pills For which
I thank God I followed the course From chaos to art Desire the horse Depression
the cart I sailed like a swan I sank like a rock But time is long gone Past my
laughing stock My page was too white My ink was too thin The day wouldn't write
What the night pencilled in My animal howls My angel's upset But I'm not
allowed A trace of regret For someone will use What I couldn't be My heart will
be hers Impersonally She'll step on the path She'll see what I mean My will cut
in half And freedom between For less than a second Our lives will collide The
endless suspended The door open wide Then she will be born To someone like you
What no one has done She'll continue to do I know she is coming I know she will
look And that is the longing And this is the book
Repiqué les paroles de I Can't Make the Hills, de Leonard
Cohen depuis le site telegraph.co.uk