101. voeux pour un jour d'épaules nues où les gens s'aimeront
Par annie strohem le samedi 01 janvier 2011, 14:28 - Vol.9 : [sans titre] - Lien permanent
Nuit du nouvel an. Nuit d'espoir. Sans trop de nostalgies encombrantes, mais tout de même. Passé plusieurs heures à écouter les plus belles chansons de Jean Ferrat, porteuses d'espoir « un jour pourtant, un jour viendra, couleur d'orange, un jour de paille, un jour de feuillages au front, un jour d'épaules nues où les gens s'aimeront, un jour comme un oiseau sur la plus haute branche ».
Et puis toutes les autres, avec les mots d'Aragon. Dont l'une des plus plus sublimes : « Les yeux d'Elsa », chanson si heureuse et profonde qu'elle fait perdre la mémoire à celui que n'oserait pas mettre un mot par dessus les oiseaux. Leurs ailes jamais si bleues qu'à sa brisure. Et qui dans le malheur ouvrirent la double brèche par où se reproduit le miracle des rois lors que le coeur battant ils virent tous les trois le manteau de Marie accroché dans la crèche, l'enfant accaparé par les belles images.
Je ne crois plus depuis longtemps à la belle Histoire de cet enfant de Marie mais personne ne saura jamais à quel point je l'aime, la Belle Histoire, « qui m'habite et qui m'obsède ».
Bonne et heureuse année à vous tous qui passez lire mon journal qui compte bien peu de pages 2010. Je compte bien faire mieux en l'an 11 en vous souhaitant de marcher jour et nuit sur le meilleur chemin, celui du coeur. Celui d'aimer « à perdre la raison, d'aimer à n'en savoir que dire », là où il fait jour longtemps dans la nuit. Là où les instants bleus et les silences sont fragiles. Et si précieux.
Avec tout ça j'ai voulu finir ma traversée de la
première nuit de l'année en réécoutant « La chambre d'Orphée », de Philip
Glass, pièce musicale qui m'a passablement hantée pendant l'écriture de mon
dernier manuscrit [sans doute un navet comme les précédents, refusé par huit
éditeurs sur treize à qui je l'avais posté début janvier 2010 ; le cas des cinq
maisons d'édition - et pas les plus « petites » - qui n'ont même pas pris la
peine de me pondre leur lettre de refus me laisse songeuse et triste aussi,
très triste. Mais ce jour n'en est pas un où j'ai envie de me répandre en
regrets et jérémiades, alors je fermerai définitivement cette parenthèse parce
que j'ai presque totalement perdu espoir et que je n'écris plus; - pour le
moment]. Ainsi donc, ne retrouvant plus le cd acheté sur Itunes [endormi dans
la mémoire du macbook air que je n'utilise plus beaucoup non plus], j'ai tapé
Phillip Glass dans le ITunes Store et j'ai découvert le superbe album
Book of Longing, composé des dessins et poèmes de
Leonard Cohen mis en musique par Philip Glass. J'ai choisi le premier morceau :
« I Can't Make the Hills ». C'est moi aujourd'hui. Pour vous. Avec
tous mes voeux pour une bonne et heureuse année. Et comme j'ai eu de la chance,
il y a ce video déniché sur You Tube. Cadeau. Merci aux auteurs.
I can't make the hills The system is shot I'm living on pills For which I thank God I followed the course From chaos to art Desire the horse Depression the cart I sailed like a swan I sank like a rock But time is long gone Past my laughing stock My page was too white My ink was too thin The day wouldn't write What the night pencilled in My animal howls My angel's upset But I'm not allowed A trace of regret For someone will use What I couldn't be My heart will be hers Impersonally She'll step on the path She'll see what I mean My will cut in half And freedom between For less than a second Our lives will collide The endless suspended The door open wide Then she will be born To someone like you What no one has done She'll continue to do I know she is coming I know she will look And that is the longing And this is the book
Repiqué les paroles de I Can't Make the Hills, de Leonard Cohen depuis le site telegraph.co.uk




Commentaires
Ecris,écris encore écris toujours, ici tu trouveras de modestes lecteurs que tu sauras en empathie . C'est mon souhait de Nouvel An avec des tonnes de courage et "l'envie d'avoir envie"...
Émue par tes souhaits, Manouche. Je les méditerai...
Dommage de ne pas croire à l'Amour réel, qui a voulu Marie pour mère, quoique Eternel,Invisible, Infini,Secret Silence, Coeur de la vérité, Absolu Indemne Impassible ..et qui a voulu se faire massacrer comme esclave en croix etc ...
et de n'aimer que des collabotateurs d'une des plus grandes tueries organisées du siècle passé( communisme !Aragon, ferrat ...j'en fus, un temps, jamais au PC"F" trop peu radical à mon goût )..
comme ces gens qui croient à l'hymne européen( l'hymne à la joie de Schiller musique Beethoven)..qui prédit que tous les hommes deviendront frères" sans dire qu'ils le sont déjà, en Dieu le Père, seul fondement et énergie qui rende des fraternités non fratricides possibles ( tous les monastères depuis 2000ans montrent des réussites magnifiques, qu'aucune société "fraternelle" n'a jamais su égaler ..
Cela devrait donner de l'espoir à l'auteur refusée : Dieu aussi a toujours été refusé par tous les éditeurs !!! Et être refusé par les éditeurs (???) d'aujourd'hui, c 'est peut-être bon signe ???
Continuons le combat! A.S.
Bonjour soha,
Je suis assez d'accord avec vous sur le fait qu'il est dommage, fort dommage de ne pas croire à l'Éternel. Mais je n'y peux rien. Une personne ne perd pas la foi volontairement, et je ne crois pas que l'on peut retrouver la vraie foi par la force de la volonté, par obligation ou par conformisme non plus.
Depuis longtemps je me désespérais de ne pas avoir la foi et puis en décembre dernier, pendant un concert à la basilique Notre-Dame [le Messie de Haendel], je me suis sentie remuée et bouleversée et les jours après je me suis rendu compte que j'aimais profondément l'histoire du Christ et ce qu'enseignent les Évangiles - mais je n'y crois toujours pas, mais pas du tout. Cela ne me dérange plus, maintenant. Je dois avoir inconsciemment choisi la meilleure part.
C'est comme pour les livres. Je peux aimer un récit, un roman, un essai, un poème, et « aimer » son auteur pour ce qu'il a créé sans toutefois approuver, condamner ou absoudre inconditionnellement tous les vices et méfaits de sa vie.
Je me dis que l'important ne devrait pas être de poursuivre la quête de la foi en Lui et sa Marie mais d'aimer librement leur belle Histoire. N'est-ce pas ce qu'Il a enseigné et prêché : aimer ?
Ainsi, j'aime les oeuvres d'Aragon et de Ferrat et de nombreux grands écrivains, peintres, musiciens et créateurs maintenant morts et qui étaient antisémites [je pense à Céline]. Même s'il n'y a aucune excuse ni justification possible pour ceux qui ont participé aux « tueries organisées des siècles passés », cela ne me donne pas le droit de condamner leurs oeuvres. Mais le Jésus qui m'a été enseigné, Lui, s'il existe dans son Paradis « assis à la droite du Père », doit beaucoup les aimer sans songer à leur jeter la pierre et sans jamais avoir lu leurs livres de son vivant. Ils doivent se faire de bien beaux happenings là-haut, avec Aragon et Ferrat. Mais pas que.
Cela dit, merci de vos commentaires qui nourrissent ma réflexion.
Continuons d'aimer !