Des fois j'ai l'impression que lorsque tu écris, tu reprends inlassablement des feuilles déjà écrites, et que tu les fais tendrement ou rageusement mais en tout cas avec beaucoup de doigté, d'attention et de précision, passer dans une grande machine intérieure, littéraire. Comme le monsieur qui fait entrer et tourner les vieilles feuilles de papier perforé dans son orgue de Barbarie. La la la La lune trop blême pose un diadème sur tes cheveux roux La lune trop rousse de gloire éclabousse ton jupon plein d'trous La lune trop pâle caresse l'opale de tes yeux blasés Princesse de la rue soit la bienvenue dans mon coeur blessé Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux Les ailes des moulins protègent les amoureux Petite mendigotte je sens ta menotte qui cherche ma main Je sens ta poitrine et ta taille fine j'oublie mon chagrin Je sens sur ta lèvre une odeur de fièvre de gosse mal nourrie Et sous ta caresse je sens une ivresse qui m'anéantit Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux Les ailes des moulins protègent les amoureux Mais voilà qu'il flotte la lune se trotte, la princesse aussi Sous le ciel sans lune je pleure à la brune mon rêve évanoui [j'ai sauté l'intro].
C'était La Complainte de la Butte de Jean Renoir
(musique) et Georges Van Parys (paroles), chantée par Cora Vaucaire. Une
chanson du film franco italien French Cancan [1955]
de Jean Renoir.
J'adore voir Jean Gabin espionner derrière le rideau. Il me rappelle quelqu'un...
La chanson a été magnifiquement interprétée par Rufus Wainwright dans le film musical australien Moulin rouge [2001] de Baz Luhrmann, inspiré en partie par La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils.
Jolies chaînes d'inspirations.