
Ci-haut, mon image inspirante du jour. On s'accroche après ce qu'on peut,
des fois.
Quand j'ai décidé de revenir vivre à Montréal, l'an dernier, la question que
je me posais [et mon entourage encore plus que moi, je crois] était comment
vais-je bien pouvoir faire pour me passer de mes jardins, surtout les arbres,
les plantations d'annuelles et de vivaces, le grand potager, le petit jardin de
sorcière [rebaptisé pompeusement herbularius], et ma dernière
expérience en liste, la butte de permaculture. La décision de partir étant
prise, j'avais évacué la question, me disant que j'y verrais plus tard, en
temps et lieu.
J'estime avoir eu de la chance car l'appartement que j'ai déniché est à un
prix abordable et se trouve dans un quartier agréable, pas très loin du Marché
Jean-Talon et de deux grands parcs, avec le métro à cinq minutes de marche.
Alors je n'ai pas hésité très longtemps avant de signer le bail en me
disant tant pis pour le jardinage, puisque ce n'est qu'un appart. temporaire,
une place où me déposer et faire le point.
Ainsi, je me suis installée petit à petit, en plein coeur de l'été, et tenté
de m'adapter à mes nouveaux espaces, fermant les yeux sur la minuscule cour
arrière d'environ huit pieds de largeur sur une vingtaine de pieds de longueur
et dont la majorité de l'espace est occupé par une galerie où j'ai planqué le
barbecue [inutilisé depuis] et quelques pots avec des plantes dedans, et aussi
un treillis, rapportés de ma campagne.
Bizarrement, la galerie avant, bien qu'elle donne sur la rue, offre un peu
plus d'intimité que l'autre, vu qu'elle est un peu en retrait. Et comme la rue
est peu passante, j'y ai placé une petite table avec deux chaises [comme celles
de la photo] et cinq gros pots contenant des herbes aromatiques repiquées du
jardin [thym, basilic, origan, etc], et puis deux pots de fleurs grimpantes :
leurs vaillantes petites vrilles ont eu vite fait de s'accrocher après les
poteaux en fer forgé et elles sont montées jusqu'au toit de la véranda. C'était
agréable, surtout le soir. Mais je n'ai jamais pu me sentir assez à l'aise pour
sortir boire mon café ou un thé ou même lire dehors plus de deux ou trois
fois.
Cruel manque d'intimité. Parce que le cas de la galerie arrière est pire
encore. Le problème c'est que je m'y sentais exposée car elle est juchée à
trois ou quatre pieds de dénivellation, un peu comme une scène de théâtre :
juste en face de la cour des voisins, qui eux disposent d'un magnifique
patio très vert et superbement aménagé, au niveau du sol. Ils vivent dehors
comme qui dirait en permanence l'été et l'automne, par beau temps. Ce qui me
donnerait, si j'en avais envie, une vue imprenable et complète sur tout ce
qu'ils font. Je pourrais les voir manger, roupiller dans le hamac, prendre un
verre de muscadet l'après-midi, se faire des mamours, se chicaner et tout le
reste. Bref, quand il m'arrivait de regarder dehors, pour voir le ciel, le
temps qu'il fait et tout, j'étais « obligée » de les avoir dans mon champ de
vision et alors cela me donnait l'étrange et insupportable sentiment d'être une
voyeuse. Alors, ma petite cour arrière à moi, je n'y suis allée que pour
arroser les plantes, à la nuit tombée, quand mes gentils mais trop visibles
voisins finissaient par rentrer se coucher.
Et pour comble de malheur, le peu de terrain qui longe la galerie et la
sépare de la palissade des voisins « d'en face » est recouvert d'asphalte, le
reste est en béton. Pas le moindre pouce carré de terre à cultiver.
Pourquoi je raconte tout cela ? Parce que j'aime bien vivre ici et que je
n'ai pas le temps et surtout pas du tout envie de re-déménager. C'est un peu
petit, mais ça va. Pour quelques années, ou plus. Et puis moins c'est grand,
moins il y a de ménage à faire.
Or il se trouve que j'ai réfléchi et que je suis partie à la recherche de
solutions pour utiliser l'espace extérieur au maximum, pour cultiver et
profiter en même temps d'un endroit qui serait un petit sanctuaire personnel de
verdure, intime [c'est un must, l'intimité]. La verdure formerait un écran
protecteur avec le voisinage [vue, sons, odeurs]. Je crois avoir trouvé.
Plus la matinée avance, plus je progresse dans mes recherches, et plus je
constate que mon rêve est réalisable, que mon projet est réaliste et ne coûtera
pas une fortune.
Sur la galerie, la culture en pots ne posera pas de problème, il y a le
soleil l'après-midi. Et j'ai l'habitude de la rue Hutchison, c'est un peu
pareil à mon ancienne terrasse, mais en plus petit, alors je devrai fixer des
tablettes et suspendre le plus possible, étager la verdure pour faire pousser
des légumes et des fleurs.
Je sais déjà où je pourrai placer un bac [à fabriquer, en bois] pour la
culture des pommes de terre, trouvé sur Green
Roof Growers. J'ai noté précieusement tous les liens et la documentation
présentés. Reste à savoir si le coin auquel je pense offre bien ses six heures
d'ensoleillement par jour [sous l'escalier d'en haut]. J'espère que oui. D'ici
le printemps, j'ai le temps d'observer et de choisir le meilleur
emplacement.
Maintenant, mon écran protecteur vert ? Je compte sur les vignes, les fèves
et plantes grimpantes, un peu de vignes vierges aussi, en fin de compte tout ce
qui pousse en hauteur et rapidement ferait l'affaire si je peux installer des
bacs entre la cour des voisins et ma galerie, directement sur l'asphalte. Mais
pour ça il me faudra des bacs à arrosage autonome [le SIP : self
irrigating/watering pot/container]. Parce que s'il y a assez d'espace pour
des bacs ou des gros pots, il n'y en aura pas pour circuler à côté pour les
arroser.
J'ai découvert beaucoup d'informations sur le sujet SIP, tout en anglais.
Pour le moment, c'est de ce côté-là que j'ai commencé ma recherche. J'irai voir
chez les francophones dès que j'aurai terminé chez les anglos.
Et qu'est-ce que j'ai découvert ? Une mine d'or d'informations [et de
multiples liens] sur la fabrication et la culture en bacs de type SIP sur
Homegrown Evolution. Je prendrai le temps de lire tout
cela, de l'assimiler, puis je continuerai mes recherches et ensuite je ferai un
plan de mon futur petit jardin en ville.
Pour le moment, il a l'air de ça. Rien de bien transcendant. Juste assez
pour me donner le goût d'en faire un petit sanctuaire de verdure. J'ai pris la
photo à l'intérieur, par la fenêtre de la salle à manger. La porte donne sur la
cuisine.

Près de cette porte, il y a une fenêtre. Et la vue, par cette fenêtre, c'est
une partie de la cour des voisins, juste en face, et en bas. Si au moins ma
damnée galerie était pas aussi haute. Ils ont une deuxième terrasse en
hauteur, mais ils n'y vont que rarement, j'imagine que de là-haut, ils ont vue
peu intéressante chez moi [je suis désolée pour la mauvaise qualité de mes deux
photos due à des vitres sales et des lueurs de flash].

N.B. : chercher le possible de la permaculture en pots... et penser à
l'hiver prochain : les pots devront-ils être vidés et entreposés ?
risqueront-ils de casser si je les laisse dehors ? La suite dès que j'aurai
trouvé les réponses.