mardi 10 janvier 2012

l'année du violet

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2012 sera mon année violette. L'année du violet.

Hier, une presque nuit blanche passée à lire une plus que volumineuse édition critique de Neige noire [P.-Y. Mocquais, 1997]. Et à fouiller dans ma bibliothèque à la recherche d'un texte de Hubert Aquin ayant pour titre : « La fatigue culturelle du Canada français » *, qui avait été publié dans la revue Liberté [1962], mais que j'étais certaine d'avoir ici quelque part. Mais où ? 

Il y a des jours, je mordrais mon fouillis en plein front et j'en ferais des confettis. Sauf que le papier, les notes de cours et les gros dossiers aiment bien se faire désirer et ne se laissent pas déchiqueter facilement par dents humaines. 

Bref, beau grand soleil et ciel couleur bleu ciel toute la journée. Temps trop doux pour janvier, la neige a fondu de partout. Ça m'a donné envie de commencer à jardiner, sans toutefois oublier que les grands froids s'en viennent et qu'ils seront terriblement givrés.

En me levant ce matin, j'étais de très bonne humeur, et j'ai décidé, tout à fait impulsivement et sans préméditation aucune, de donner une couleur à chacune des années qu'il me reste à vivre.

C'est ainsi que j'ai déclaré que mon année 2012 sera violette. Même si on annonce que c'est l'année du Dragon [selon l'horoscope chinois]. Du plus beau rouge. Alors pourquoi une année violette ?

Bien. J'avais pensé au bleu pour 2012. Sauf que le bleu me fait sentir bizarre. Peut-être parce que je ne connais rien au bleu. C'est une couleur lointaine et sibylline, qui ne se laisse pas approcher facilement.

Et puis, si mon rituel de colorier le temps qui passe n'existait pas en 2011, est-ce à dire qu'elle était transparente ? Et les autres années avant ?

Avant, je ne sais pas de quelle couleur c'était. Je le sais, mais je ne vais pas remonter le temps pour jouer au jeu des sept couleurs.

Cependant, je crois que 2011 était rouge. D'un beau rouge pourpre, ou de cette coloration rouge que prend le visage après qu'elle a joué dans la neige deux à trois heures de temps au coeur de l'hiver. Cramoisie ?

En ouvrant mon petit Glossaire des « rouges »élaboré par Hubert Aquin, je lis, à la deuxième entrée :

Cramoisi, -ie. Adj. (cremoisi 1298 ; arabe qirm'zi, « rouge de kermès »). D'une couleur rouge foncé, tirant sur le violet ; très rouge (teint peau).

Juste. 2011 était cramoisie. Ou couleur rouge sang des joues après qu'elle a joué dans la neige...

L'année est terminée depuis dix jours à peine et voilà que j'en parle déjà au passé. Comme une chose morte. Mais les bons moments de ce temps-là ne sont pas passés du tout, ils sont toujours là, il vivront toujours en moi à cause de ce rouge cramoisi.

Depuis presque tout le temps, le rouge est ma couleur préférée, même si je ne porte pratiquement que du noir. Il y a du rouge autour de moi, tout le temps. Je ne vivrais pas sans.

Cramoisi est une couleur qui tire sur le violet... Alors j'ai opté pour le violet. Et parce que la couleur violette est issue d'un mélange de rouge et de bleu.

Et un peu aussi à cause de cette phrase énigmatique de Cioran [une sorte « Köan », de la plus pure inspiration Zen] : « Le goût violet du malheur ».

Je ne crois pas du tout que le malheur soit violet, ni qu'il goûte violet. Peut-être qu'il l'est, comme il peut être rose, ou bleu, ou à pied-de-poule noir et blanc. D'ailleurs, peut-on dire que les couleurs ont un goût ? Sans y goûter ? Je dirais que les couleurs ne goûtent rien et ça règlerait la question ? Pas si vite !

Commencer par étudier la question violette. Je sens que j'en ai pour quelques mois [ou années]. Phase I, la définition du Littré [héhé] :

Violet, ette. Adj. De couleur de la fleur qu'on nomme violette. Violet pâle, la teinte lilas. Violet foncé, le pourpre noir. Violet bleu, la teinte d'améthyste. || Figuré : Contes violets, des contes qui n'ont pas de vraisemblance, des choses qu'on n'a vues que dans les éblouissements. || Il se dit de la coloration de la peau par le froid ou par la stagnation du sang. || En physique : Rayons violet ou subst. le violet, une des sept couleurs primitives du spectre solaire, la dernière en commençant par le rouge.

N'est-ce pas fabuleux ? Ces mots à eux seuls confirment mes intuitions et me donnent tout plein d'autres bonnes raisons d'avoir choisi le violet. Si proche du rouge. Et du froid. Et si chaud en même temps.

C'est parfait le violet. Avec cette couleur, je garderai le rouge et je m'avancerai tranquillement vers le bleu.

Ça me donne envie d'écrire un Glossaire des « violets ». Pour le pur désir d'apprendre la richesse et la profondeur de la couleur.

Ainsi, je garderai le bleu pour l'année prochaine.

Mais dans le fond, puisqu'il y a peut-être une centaine d'expressions différentes pour les « rouges » [si Aquin en avait répertorié trente il y a un demi siècle, le nombre a dû doubler depuis...], je pourrais peut-être m'en tenir aux « rouges » sans passer par les « violets » et ainsi ne jamais vivre d'année bleue, ni d'année blanche, ni d'année jaune, ni verte, ni orange et surtout pas d'année grise ni de rose. Fiou !

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* Note tardive : J'ai enfin trouvé « La fatigue culturelle du Canada français », je l'avais. Dans : Blocs erratiques [textes rassemblés et présentés par René Lapierre], Montréal : Les Éditions Quinze, 1977.

samedi 07 janvier 2012

aujourd'hui...

J'ai finalement réussi la mise à jour de ma liste de livres lus en 2011, abandonnée en avril dernier, grâce aux titres récupérés in extremis dans mon dossier à la bibliothèque. On remarquera que j'ai fait les coins un peu ronds à partir du livre 25 : pas le temps de recopier les notes de lecture gribouillées dans l'immonde fouillis de mes carnets. Quand aux livres à moi, ceux que j'ai achetés pour les lire, ils sont dans les étagères et je n'ai aucun souvenir des titres. Dommage.

Première bonne résolution pour 2012 : inscrire les livres à mesure. Premier lu en date d'hier : Le goût des pépins de pomme, de Katharina Hagena. À placer sur la liste, donc. Celui-là, j'ai bien l'intention de le commenter avant qu'il ne sombre dans l'oubli car je n'ai pris aucune note. Lu comme si j'avais voulu m'évader de moi-même, en mangeant la galette des Rois et en buvant du vin blanc coupé d'eau minérale [la honte]. Et ça a marché. Je me sens mieux. Peut-être pas à cause du livre lu mais du geste ou de l'intention préalables à cette lecture.

Nouvelle discipline : Ne pas commencer l'autre livre qui m'attend [le dernier Michel Tremblay : La grande mêlée, reçu à Noël] avant d'avoir mis en chantier la page « lectures 2012 » et d'y avoir inscrit Hagena [et commenté/critiqué/descendu??? ou encensé??? son livre, on verra...].

Et ça, c'est ma galette des Rois, faite de mes mains et entamée dès qu'elle fut le moindrement tiède. Un vrai régal. J'ai très très envie de vous donner la recette.

2012_galette.jpg

Voici.

Première opération : faire une crème d'amandes. J'ai pris 100 g. de beurre non salé et je l'ai fait ramollir 10/15 sec. au micro ondes. Ajouté 100 g. de sucre blanc, bien mélangé avec une cuillère en bois jusqu'à ce que le tout soit crémeux et souple. Ensuite, j'ai pris un fouet et ajouté un oeuf à ma crème beurre-sucre, j'ai fouetté énergiquement, ajouté un deuxième oeuf, re-fouetté, arrêté quand ç'a commencé à bien mousser. Relaxé, j'avais presque fini. Ensuite j'ai sorti la poudre d'amandes [ils en ont à la boutique bio en vrac au Marché Jean-Talon, juste à côté du Marché des Saveurs], j'en ai pesé 100 grammes que j'ai saupoudré sur le premier mélange, re mélangé pour bien incorporer la poudre. Finalement, j'ai versé une cuillerée à thé d'Amaretto [j'avais pas de rhum]. Réservé.

Deuxième opération : faire de la pâte feuilletée [congelée et pur beurre, c'est un must] et monter la galette. Comme je ne sais pas faire la pâte feuilletée, et que je n'ai pas le temps ni l'envie d'apprendre ça pour le moment [je veux une galette, bon] et que j'en ai pas trouvé à l'épicerie, je l'ai achetée à la boulangerie Première Moisson. Bref, une fois que j'eus mis la main sur de la pâte feuilletée congelée pur beurre, je l'ai laissée se décongeler au frigo. Ensuite je l'ai déroulée délicatement pour me rendre compte qu'elle n'était pas ronde mais rectangulaire. Faque j'ai découpé deux cercles en faisant le tour d'une assiette. J'ai sorti la plaque à biscuits et l'ai tapissée d'un papier parchemin sur lequel j'ai déposé un cercle de pâte. J'ai étalé la crème d'amandes sur la pâte jusqu'à 2 cm du bord, environ. Placé le deuxième cercle de pâte par dessus la crème, après avoir pris soin de mouiller le bord de la pâte du dessous [pour que ça colle] et j'ai pressé tout le tour avec le bout d'un doigt [l'index], pour fermer le tout.

Troisième opération : faire cuire la galette. J'ai réglé le four à 350°F. et placé la galette au frigo pour un temps de pause [certaines recettes disaient 1 heure, d'autres 1/2 heure, alors je l'ai frigorifiée durant 3/4 d'heures]. Avant d'enfourner la galette, je l'ai scarifiée en dessinant des lignes et des pétales de fleurs et je l'ai peinturlurée avec un jaune d'oeuf délayé avec un peu d'eau froide. Laissé cuire en la regardant tout le long par la petite fenêtre du four [me suis assise par terre devant, c'était comme si je regardais la télévision]. Après 15 minutes j'ai ouvert le four et tourné la plaque car la pâte ne levait que d'un côté. Après 30 minutes, la galette avait gonflé, la croute était bien dorée, j'ai réouvert le four et saupoudré du sucre à glacer partout sur la galette. Monté le thermostat à 450°F. et laissé le sucre fondre. Sorti la galette au bout de 4 à 5 minutes. Même pas brûlée ! Elle est vraiment bonne. Je vous en offre une part ? 

jeudi 05 janvier 2012

le mot du jour

Le mot du jour : caoua.

Jamais entendu. Jamais lu nulle part [à croire qu'elle vit au fin fond de la brousse laurentienne]. Découvert en faisant le mot croisé de cyberpresse ce matin. En 4. Horizontalement. Premier mot : cafés, en 6 lettres. J'ai essayé bistro_. Oups, pas de place pour le s. Passons.

Encore un beau ciel bleu. Sans se plaindre. Les petites déneigeuses de trottoir passent à toute vitesse, c'est fou. Jaune foncé, on dirait qu'ils s'amusent avec des petits camions Tonka.

Un peu de neige hier, douce et cotonneuse comme dans les annonces de papier c_l. L'air est bon, je le sais même si j'ai pas encore mis le pied dehors.

Paresseuse. Cherché dans g__gl_. Sur le premier site, le wiktionnaire il y a caoua :

Étymologie → voir café, originaire de l’arabe via le turc et sans doute l’italien. En ce qui concerne « caoua », on peut penser à un réimport direct, depuis l’Afrique du Nord de l’arabe قهوة, qahwa.

Nom commun : caoua /ka.wa/ masculin. (Familier) Café. « On se prend un p’ti caoua avant de reprendre le boulot ? »

Intéressant ! Cherchons maintenant du côté de kawa. Tadam, il est répertorié dans wikipedia. je recopie Sir ? Yes Sir.

Deux homophones, de graphies très différentes, peuvent prendre la prononciation [kawa] : Kawa/Caoua

Le caoua est un terme argotique qui désigne la boisson café. On trouve parfois l'orthographe kawa au lieu de caoua, mais celle-ci peut être considérée comme fautive. Le terme tire son origine de l'arabe Kahwa, qui veut dire café.

Le kawa aussi appelé kava est une plante originaire (Piper methysticum) du Pacifique occidental dont on tire une boisson stupéfiante, plus ou moins hallucinogène. La prononciation conseillée est [kava] et non [kawa]. Cependant, on entend souvent cette dernière.

Les deux termes désignent deux boissons stimulantes et la collision sémantique ou phonénique était inévitable.

Wow ! Triple et même quadruple découverte : un mot d'argot, une plante, deux boissons stimulantes homophones et une collision sémantique [ou phonétique]. Le mot est riche. Je le garde.

Il me reste à faire quelques recherches sur la plante et la boisson hallucinogène qui pousse dans le du Pacifique occidental : qahwa ou kahwa ? Mais pas tout de suite, je pars faire des courses au Marché Jean-Talon. J'ai besoin de poudre d'amandes pour faire la galette des Rois, plus quelques autres provisions. J'en profiterai pour m'assoir à la crêperie du marché et manger une crêpe au sucre et citron et regarder le monde aller à ses affaires.

Reste que je ne suis pas du tout certaine d'être comprise si je leur commande un petit caoua au lieu de mon « allongé » habituel.

mercredi 04 janvier 2012

sans titre

tina modotti : sans titre [1927]

© Tina Modotti : Sans titre, tirage au sel d'argent, vers 1927

Photographie appartenant à la collection SFMOMA [sfmoma.org], le San Francisco Museum of Modern Art, [acquise en 2001]

Tina Modotti : [Italie, 1896 - 1942, Mexique]

mardi 03 janvier 2012

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Paul Simon et Arthur Garfunkel : The Sound of Silence [Live à Central Park, 1981]

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