dimanche 15 janvier 2012

lilas

Premier mot dans mon Glossaire des « violets » : LILAS.

Pour continuer avec l'histoire de mon premier violet commencée avant-hier en fin de page, j'ajouterai encore quelques mots avant de passer au pourpre ou à l'améthyste.

lilas_taylor.jpeg

LILAS : [s. masc. et adj. invariable] Couleur bleue mêlée de rouge qui est le plus ordinairement celle des fleurs du lilas. Difficile de voir la couleur sans aussitôt se remémorer l'odeur entêtante et séduisante de la fleur. Un parfum que j'adore et que j'aime respirer à profusion au printemps. Quand les lilas fleurissent, c'est le temps de planter les patates disaient les vieux. Et ça marche [j'ai essayé]. 

Le lilas commun favori de nos grands-mères, le Syringa vulgaris, est originaire du sud-est de l’Europe. C'est Ogier Ghislain de Busbecq, ambassadeur d’Autriche à Constantinople (Istanbul), qui l'introduisit en Europe centrale vers 1563. 

Les formes aux fleurs simples violettes ou blanches si étroitement liées au paysage rural [et même urbain] québécois furent introduites en Amérique du Nord par les premiers immigrants européens. 

Le lilas ou Syringa est un arbuste de la famille des oléacées, présentant au printemps de jolies grappes de fleurs parfumées ; peu exigeant, il est remarquable pour sa vigueur et sa longévité. Il convient à l'aménagement des grands comme des petits jardins. 

De plus, les nombreux cultivars permettent d’échelonner les périodes de floraison. La famille botanique des oléacées comprend des plantes d'une grande importance agricole, sylvicole et horticole, tels l'olivier, le frêne, le forsythia et le jasmin. 

On compte une vingtaine d’espèces naturelles et hybrides de Syringa [ne pas confondre avec le seringat, nom commun du Philadelphus]. Les espèces naturelles proviennent en majeure partie du sud-est de l'Europe et de l’est de l'Asie, plus particulièrement de la Chine. 

Arbuste de taille variable selon l'espèce, le lilas présente une gamme nuancée de teintes au chapitre des fleurs : mauve pâle, lavande rose, rose pâle, blanc, etc. 

La couleur lilas est en fin de compte la couleur mauve tirant sur le rose ou le bleu : « Une grande clarté rose [...] tournant au lilas tendre » [Zola].

J'ai souvent lu ou entendu dire que la grande Élizabeth Taylor [1932 - 2011] avait les yeux lilas. Vérité vraie ou légende hollywoodienne ? J'ai beau regarder ses photos, abondantes sur le web, je vois du bleu, tirant vers le violet mauve, il est vrai. Des yeux magnifiques.

La semaine dernière, j'ai bien aimé lire l'arrivée « lilas » éblouissante de Ti-Lou au mariage de Nana : « Tout dans sa toilette, sa robe, dentelle et soie, son chapeau extravagant garni de longues plumes de paon, ses bijoux qui brillent au soleil, ses souliers à hauts talons – une nouveauté – et jusqu'à son fard à paupières, absolument tout est lilas. » [Michel Tremblay : La grande mêlée, 2011].

Et pour les bidouilleurs, les codes à mettre dans vos pages pour avoir du lilas sont : rgb(182, 102, 210); ou #b666d2;

Je me souviens d'un conte lu il y a fort longtemps. Il y avait une immense forêt de lilas. Et une biche je crois [Beauminon ?] et certainement une princesse ou une pauvresse. Je n'arrive pas à me souvenir du reste. Je sens que je vais ressortir mes Contes de Grimm et ceux de Perrault aujourd'hui.

[bon, je vais laisser de côté cette page lilas de mon dimanche lilas du 15 janvier 2012, page qui n'est pas terminée, hé hé, et je vais aller me préparer un bon café au lait, je reviendrai «coller» ici ce que j'aurai butiné toute la journée, au fur et à mesure de mes trouvailles... en espérant que la récolte soit bonne !]

En attendant, je vous laisse avec Alexis Weissenberg [26 juillet 1929 - 8 janvier 2012] et son époustouflante prestation de Petrouchka [Stravinski] en 1964. Ça, c'est du violet.

Diariste au rapport à 15h45, chef : J'ai parcouru rapidement, entre trois séances de lessives et d'épinglages de linge sur les petites cordes de mon séchoir pliant, les contes de Grimm, de Perrault et même ceux d'Andersen et je n'ai rien trouvé. Normal, me dis-je. C'était une erreur de chercher de ce côté-là, puisque ces contes ont pour la plupart été transmis par tradition orale et que plusieurs sont d'auteur inconnu, et d'une époque où le lilas n'avait pas encore été transplanté en Europe. J'avais juste pas réfléchi. Mais je n'étais pas loin du sujet avec Beauminon. Ma mémoire est tout de même assez fidèle. Bon ok, Beau-Minon n'est pas une biche blanche mais un chat blanc dans l'histoire, mais il y avait bel et bien une biche. Et ce conte de la forêt de lilas existe bel et bien. J'ai tapé « conte avec biche et forêt de lilas » dans g..g.. et il était là, recopié au grand complet dans le site internet [Biblisem]. Le titre : Histoire de Blondine, de Bonne-Biche et de Beau-Minon. L'auteur ? [arf] La comtesse de SÉGUR ! Comme quoi mes lectures d'enfance ont laissé quelques unes de leurs traces lilas dans mes souvenirs épars [et tout mélangés].

Avant de finir la page, voici une gracieuseté de ma complice violette [cf., son commentaire], l'histoire de Blondine dans la forêt des lilas :

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Références : Les dictionnaires Quillet, Petit Robert et Littré, le site web du jardin botanique de Montréal, Wikipedia [photo], et le roman intercalaire de Michel Tremblay cité dans le texte.

vendredi 13 janvier 2012

le commentaire du jour

« on devrait tous se présenter aux prochaines élections et voter chacun pour soi, » *

Je jonglais depuis pas mal de temps avec cette envie d'introduire des commentaires [à défaut de saules pleureurs] dans les catégories. Aujourd'hui, et peut-être pour me distraire de mon trop sérieux travail de fouilles violettes, j'ai choisi de passer à l'acte - sans faire de mal à personne -, et de publier celui qui m'a fait craquer.

C'était donc mon premier « commentaire du jour ». Tiré comme les autres le seront d'un quotidien en ligne, sur des sujets d'actualité avec un grand A. Qu'elle soit d'ici ou bien d'ailleurs. N'est-elle pas universelle ?

{*Auteur : « piedoq ». Date : 13 janvier 2012, 02h10. Sur l'article « Mémo pour Nathalie Normandeau : l’indécence, c’est ça ». Cyberpresse, Le blogue de Patrick Lagacé, dans la catégorie « Montée de lait ».}

beauté de la couleur

Edgar De Bruyne : Études d'esthétique médiévale, tome 1, chapitre III, 3 : « Le contenu et la forme ».

Les traités techniques [du Moyen-Âge] se consacrent surtout à la composition des couleurs [...] Au début ils semblent s’intéresser surtout aux tons simples, brillants, rayonnants. Certains historiens de l’esthétique, tel Chambers, réduisent tout le sentiment esthétique du Moyen-Âge à la joie de « gold and glitter ». De fait, Isidore de Séville et « Heraclius » parlent de préférence de tout ce qui est splendide. Les couleurs végétales, d’après Héraclius, doivent garder quelque chose de la fraîcheur des fleurs à peine écloses, cueillies de grand matin, [...] celui qui veut en tirer des couleurs, doit se hâter avant qu’elles se fanent. [...] Tout ce qui brille, comme le verre, l’or, la pierre précieuse, tout ce qui est poli est beau. La couleur doit flamboyer comme le feu, briller comme l’air illuminé, rutiler comme le soleil. Elle n’est vraiment belle que lorsqu’elle est toute pure, filtrée, tamisée [...] La couleur a quelque chose de métallique et comme le bronze, l’or, l’argent, elle emprunte son éclat à l’air pénétré de lumière [...] La beauté de la couleur est la beauté de la lumière, mais celle-ci dérive en dernière instance de la beauté du ciel orné des corps célestes, du soleil, de la lune, des constellations [...]

En plus de leur beauté formelle, les couleurs ont une valeur symbolique : entre le blanc, couleur de la lumière pure, et le noir, couleur des ténèbres, se trouvent le jaune, couleur de la terre, le vert de l’eau, le bleu de l’air, le rouge du feu. Les peintres médiévaux connaissent ces tons en diverses nuances et substances, entre autres : deux sortes de blanc (céruse et craie); plusieurs noirs (d’os, de vigne, d’ivoire brûlé); de la terre verte, des verts végétaux de prunelle, d’iris et métalliques (vert de cuivre); deux jaunes (orpiment ou arsenic et safran); quatre espèces de bleu : des bleus végétaux, des bleus d’émail, le bleu d’azur, et le précieux bleu du lapis lazzuli; toute une série de rouges : minium, cinabre, kermes, folium, rouge de garance et rouge de brésil, sang de dragon et ocre rouge, les uns dérivant d’oxydes, d’autres d’insectes et de vermisseaux, d’autres encore de plantes, de fleurs, de bois, de terres.

J'ai hâte de commencer le Glossaire, violet par violet. Je ne suis pas tout à fait prête car je n'ai pas terminé mes recherches sur la couleur. Mais tant pis, je commence tout de suite avec le premier élément trouvé sur le lilas.

LILAS : Adj. et nom. Couleur bleue mêlée de rouge qui est le plus ordinairement celle des fleurs du lilas. LILAS : Genre de plantes de la famille des oléacées, présentant au printemps de jolies grappes de fleures violettes ou blanches. [Quillet]

...à suivre

jeudi 12 janvier 2012

de la couleur violette

Je suis contente de ma journée d’hier et de ma visite à la bibliothèque [banq]. J’ai pu emprunter deux éditions des Études d’esthétique médiévale, celle de 1946 [en trois volumes] et une plus récente en deux volumes [Albin Michel, 1998] dans l’espoir de les comparer et de trouver de vieilles illustrations dans la première édition [et aussi, pour l'odeur des vieilles pages].

Je n’ai encore rien trouvé de violet dans ces livres. Faut dire que je n’ai lu que l’Index et la volumineuse Table des matières ; et butiné comme d’habitude en dehors de mon sujet, notamment dans les chapitres qui traitent de la littérature et de l’allégorisme dans la création littéraire.

Ce matin, j’ai regardé la définition du violet dans le Nouveau Petit Robert [2007]. Sensiblement la même chose que Littré, mais plein de violets, alors je recopie tout : « Violet, ette. Adj., et n. m. – 1200 ; de violette. - 1. D’une couleur qui s’obtient par le mélange du bleu et du rouge. Iris violet. Vapeurs violetttes de l’iode. Encre violette. Camail violet d’un évêque. « Un ruban violet d’officier d’Académie » Courteline. – Par ext. Se dit de la couleur que donne à la peau un afflux de sang provoqué par l’émotion, la peur, le froid, les coups. ➤ violacé. « Sur les côtés, de minces zébrures violettes descendaient jusqu’aux cuisses » Zola. Marque violette sur la peau. ➤ Bleu. Devenir violet de colère. - 2. n.m. Couleur violette ; Phys. Extrémité du spectre visible de la lumière blanche, l’autre extrémité étant le rouge. Violet pâle. ➤ lilas, mauve, parme. Bleu-violet. Rouge tirant sur le violet.pourpre, violine, zinzolin. Violet foncéaubergine, lie [de vin], prune. « Des montagnes d’un violet noir » Mac Orlan. Pierre violetteaméthyste. Radiations au-delà du violet. ➤ ultraviolet. - (1904) Ascidie comestible de la Méditerranée, appelée aussi figue de la mer en raison de sa forme et de sa couleur violette. »

J'estime avoir fait là une belle pêche, considérant que Littré ne m'avait fourni que trois violets. Je me retrouve aujourd'hui avec huit de plus :

  1. lilas
  2. pourpre noir
  3. améthyste
  4. mauve
  5. parme
  6. pourpre
  7. violine
  8. zinzolin
  9. aubergine
  10. lie de vin
  11. prune

J'en ferai bon usage de mes onze premiers violets, point de départ à l'établissement du Glossaire. Je ne sais pas si on peut considérer ultraviolet comme un nom de couleur, alors je reporte la question à plus tard.

Fin d'après midi. La neige tombe lentement, abondamment. Je note des passages fabuleux sur la couleur au Moyen-Âge dans le De Bruyne. Que je recopierai probablement en tout ou en partie pour les intégrer au préambule du Glossaire des « violets ». Sans oublier ceci, extrait du livre Le blason des couleurs [1860 : Sicille, publié et annoté par Hippolyte Cocheris, numérisé sur Google Books] : « La couleur violette est engendrée en matiere où l’eaue et la terre ont la seigneurie et est moyenne entre rouge et bleu, et aussi est engendrée en choses qui ont grosses humeurs, si comme appert ès violetes qui sont de la couleur. Ceste couleur est signe de froidure, et représente mélencolie. Elle signifie amytié, loyaulté, nul reproche, recongnoissance et doulceur; et selon aulcuns, trahyson, mais c’est faulceté; avec le tanné, c’est amour non permanente. De ceste cy on porte les beaulx draps, qui sont fort requis. » *

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* Note du lendemain : Ne pas s'inquiéter pour ma santé. Je n'ai pas fait de fautes de frappe en recopiant le bout de texte extrait du Blason des couleurs, livre qui fut très célèbre au XVe siècle. Aurais-je dû en faire la traduction ? C'aurait été une bonne idée, mais comme je ne suis pas spécialiste en français médiéval, je me contenterai de ce texte-là. Que je comprends intuitivement, pour l'essentiel. Je laisse chacun l'aborder avec son propre bagage de connaissances des langues et du monde. N'est-ce pas ainsi que nous procédons avec toute lecture ?

mercredi 11 janvier 2012

mes violets

Pendant que je prépare mon Glossaire des « violets », je rencontre le violet dans toutes sortes de choses. D'abord, et ce qui commence fort et très bien mon mardi mercredi matin de janvier sous un ciel gris, j'ai vu et entendu le violet en musique [il y a même de la neige violette en haut de la colline]. Ça m'a fait tomber un peu plus dans le violet.

Coldplay : Violet Hill


La question qui se pose est : comment élaborer un Glossaire des « violets » qui soit intéressant, drôle, un peu obscène et tout à fait inutile ? Il ne s'agira pas simplement de dresser une liste des mots servant à nommer/identifier les violets, je veux aussi les présenter avec leurs origines, significations, références littéraires et autres. Quelque chose comme l'histoire de leurs vies de couleurs. Trop ambitieux comme projet ? Pourquoi pas ?

J'ai pensé visiter, en premier, le site le mieux documenté du web côté couleurs, l'incontournable pourpre.com. Depuis hier, impossible d'y accéder. Je bute sur une page blanche Forbidden : You don't have permission to access /chroma/dico.php on this server. C'est triste, il y avait une vraie mine d'or d'info. là-dedans. Bon ok, ils sont fermés ou en panne. Il me reste la bibliothèque, les dictionnaires et les encyclopédies.

Très envie de jeter un oeil dans les Études d'esthétique médiévale [Edgar de Bruyne, Brugge, 1946]. À la bibliothèque.

Et dans ce journal, noter au fur et à mesure l'avancement de la recherche violette. Ou y déposer carrément mes trouvailles. Live. Et sans trop vous endormir sur vos chaises, si possible. C'est ça.

Et si j'osais, je lancerais même un appel à chacune et chacun de mes amis/parents/ennemis/connaissances/ou même purs étrangers du web ou d'ailleurs. Quelque chose comme : « Prière de m'envoyer vos « violets » via la boîte à commentaires ou le formulaire de contact [le lien est dans la marge] ».

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