Par annie strohem le lundi 25 janvier 2010, 18:46 - boîte à bijoux
Lu sur Google
Blogoscoped, cet article publié le 24 janvier 2010 (hier) :
« Jeff Anderson in the forum writes, "I just set up a computer for my
7-yr old daughter, installed parent monitor etc. On to google, safe search is
on, I was on it doing a search for 'how to find' – go try it now, just get as
far as the 'f' in that phrase and see what it shows, and this is a 'safe
search'!"
« For the partly NSFW list below, all containing the first top 3 results
as shown on Google.com's auto-completion, I've signed out and then set
SafeSearch to its strictest level : »
Au lieu de recopier la liste des « how to » en anglais [à consulter
sur le site mis en lien], j'ai repiqué l'idée et fait une recherche en
français, sur Google.ca. J'ai simplement tapé « comment A » et noté les trois
premières réponses générées automatiquement. Puis j'ai répété l'exercice
jusqu'à épuisement de l'alphabet. Voici les résultats :
A
comment attacher une cravate
comment accorder une guitare
comment arrêter de fumer
B
comment bien faire l'amour
comment bien embrasser
comment bien faire l'amour à un homme
C
comment ça marche
comment c'est fait
comment calculer les taxes
D
comment devenir riche
comment devenir un vampire
comment dessiner
E
comment embrasser
comment embrasser avec la langue
comment embrasser la 1ere fois
F
comment faire l'amour
comment faire un noeud de cravate
comment faire un cv
G
comment graver un dvd
comment graver un cd
comment gérer son stress
H
comment hacker un ipod touch
comment hypnotiser
comment hypnotiser quelqu'un
I
comment installer windows 7
comment installer un routeur
comment installer une toilette
J
comment jouer au poker
comment jouer de la guitare
comment jailbreak ipod touch
K
comment kakashi a eu le mangekyou sharingan
comment kakashi a eu le sharingan
comment kakashi a eu son sharingan
L
comment lire les lignes de la main
comment lui dire je l'aime
comment lâcher prise
M
comment maigrir
comment mettre un condom
comment maigrir rapidement
N
comment nettoyer son foie
comment nettoyer un écran acl
comment nouer une cravate
O
comment oublier son ex
comment ouvrir une garderie
comment ouvrir une garderie en milieu familial
P
comment perdre du poids rapidement
comment perdre du poids
comment perdre du ventre
Q
comment quitter son conjoint
comment quitter facebook
comment quitter un homme
R
comment rouler un joint
comment retrouver une personne
comment reconquérir son ex
S
comment sa marche
comment survivre aux week-ends
comment survivre au week end
T
comment tricoter
comment tomber enceinte
comment trouver un code postal
U
comment utiliser photoshop
comment utiliser excel
comment utiliser une clé usb
V
comment voir les auras
comment vendre sa maison
comment vider une citrouille
W
comment wii cracké
comment wang fo fut sauvé
comment wifi
X
comment xp son cra
comment xml
comment xp son osa
Y
comment yodeler
comment y aller
comment yodler
Z
comment zipper un fichier
comment zipper un document
comment zipper des photos
[Et mille merci à Jeff pour l'idée. Me suis bien amusée. Tant de monde
cherche à savoir comment yodeler ou faire un noeud de cravate, faudrait bien
que je fasse une petite page là-dessus : parce que oui, je sais faire un noeud
de cravate, et non, je sais pas yodeler, sais même pas comment écrire le mot
(yodler ?), troulala----ï----ou. Le « comment K », quant à lui, sonne très...
poétique. Toute la liste, d'ailleurs, sonne très poétique, on dirait des haïkus
!]
Par annie strohem le dimanche 24 janvier 2010, 10:17 - mot du jour
Ouvrir et relire quelques pages des Confessions, toujours aussi
dignes et nourrissantes. J'avais commencé à rédiger un long billet au sujet de
l'aide en Haïti. Je suis incapable de le conclure. Il ne cessait de s'allonger,
alors je l'ai mis de côté pour réfléchir à la question du don.
Mot du jour : don. Ce seul et même mot pour nommer à
la fois l'action de donner et la chose donnée.
Le don repose sur l'abandon, fait de manière gratuite et volontaire, de la
propriété ou de la jouissance d'un bien quelconque.
Le don suppose donc l'abandon total et définitif, sans attente de retour.
Donner c'est offrir un cadeau, un présent, laisser un héritage, c'est une
générosité, un secours, un subside, une aumône, un bienfait.
Curieux tout de même que le mot « don » soit la dernière syllabe de «
abandon ». Est-ce l'effet du hasard ou d'une lointaine inscription de sens qui
aurait traversé le temps et se serait échappée de la mémoire ? Des fois,
j'aimerais être linguiste. Étudier les langues anciennes, ces langues mortes
d'avoir donné naissance aux langues modernes.
Par annie strohem le jeudi 14 janvier 2010, 23:14 - espace-temps

Cette image est assez hallucinante. Elle parle de force et de courage. Je
l'ai cherchée longtemps parce que je ne voulais pas traiter le sujet de façon
sanglante avec des ruines fumantes comme presque toutes ces images véhiculées
par les médias et dont je commence à me sentir plus que sévèrement
sursaturée.
Pourtant, cette image est aussi brutale que les autres. Je l'ai choisie pour
me rappeler ce que j'ai entendu ce soir aux informations, que presque trois
millions de personne, en Haïti, en ce moment, peuvent porter sur leur tête tout
ce qu'ils possèdent, s'ils ont encore la force de le faire. Mais plusieurs
n'ont rien à porter, parce qu'ils ont perdu le peu qu'ils avaient. Et ils n'ont
pas encore fini de compter leurs morts.
Signe des temps, j'ai l'impression d'assister à une grande foire aux photos
et aux vidéos, prises par plein de monde maintenant, de plus en plus de monde
et des photographes de presse aussi, tous ces gens fréquentent, touchent du
pied et sentent les milliers de morts en décomposition, ils entendent les cris
de ceux qui sont coincés sous les gravats. Comment peuvent-ils faire pour
photographier et filmer des blessés, au lieu de les secourir, et des morts
entassés par terre depuis longtemps, au lieu de les couvrir ou d'aider à les
placer ailleurs qu'au beau milieu de la rue. Et je serais capable de regarder
ça et de trouver ça normal ? c'est comme de l'indifférence, comme se dire ce
n'est pas à moi de faire ça, il y en a trop, ça ne sert à rien. C'est de la
dénégation ? Non. Il y a une autre explication. Ils doivent être sous le choc.
Se croire en plein cauchemar ?
Trop d'images terribles circulent en ce moment, autant [et plus] sur le web
que dans les journaux et à la télévision qui, elle, ne se gêne pas pour les
repasser en boucles et re boucles lorsque les plus récentes ne sont pas assez
choquantes. C'est dur. Ça fait mal. Parfois je ferme la « boîte à poux » et je
me dis c'est fini, je vais quand même pas me laisser contaminer, envahir et
hanter l'esprit, et démolir les émotions avec tout ça et alors je me glisse
dans mon bain où je me fais tremper jusqu'à ce que l'eau soit définitivement
passée de bouillante à tiède, voire même frisquette. Puis comme si c'était plus
fort que moi, je reviens pour écouter parce que je suis inquiète, que tout cela
m'angoisse. Je ne suis pas la seule. Tout le monde ici a la gorge nouée et
tremble de désolation et d'impuissance devant ce grand malheur qui frappe une
fois de plus le peuple haïtien. Cette fois-ci, c'est un tremblement de terre.
Je vous passerai la trop longue liste des antécédents, tout le monde la
connaît.
J'arrive difficilement à écrire. À me calmer assez pour écrire. Reprendre
mes sens. Retrouver le fil d'une pensée rationnelle. Parce qu'il n'y a pas que
les images. Quand j'entends parler [ou quand je lis] certains journalistes, ou
personnages politiques, il m'arrive souvent, depuis le 12 janvier, de
sursauter. Dix fois au moins, depuis bientôt trois jours, je me suis assise à
mon clavier pour écrire un billet sur le mauvais sort, l'adversité, la
malchance, le [pas toujours fabuleux] destin, la fatalité, le doigt et les
intentions de Dieu [qui ça ?] ou ceux de son ami de toujours, le Diable en
personne [qui ça bis ?].
La première chose que j'ai lue [ou entendue ] était « le sort s'acharne sur
les Haïtiens [...] ». Les yeux me sont presque sortis de la tête. Et puis je me
suis dit, calme toi, la personne qui écrit [ou dit] ça est bouleversée.
Évident. C'est sorti tout seul, juste un cliché, pas de quoi s'énerver. C'est
du second degré, pour dire que c'est indécent que ce soit presque toujours les
mêmes qui écopent du pire. Moi, comme tout le monde, je ne peux m'empêcher de
temps en temps de me poser cette question : pourquoi encore eux-autres ? Mais
quand ça m'arrive, je sais bien qu'il n'y en a pas de réponse à ça. C'est un
tremblement de terre, un maudit gros. Un point c'est tout.
Le calme étant plus ou moins revenu dans mon petit coeur (c'était hier, en
soirée), j'avais appris [fiouuu] que Dany Laferrière était vivant, j'ai ouvert
le dictionnaire sur le mot : sort. Eh bien ce que j'y ai lu confirme
ce que je pensais. Et cette définition englobe tout le reste de ces fausses
croyances qui ne mènent nulle part. Aucune puissance imaginaire, personnifiée
ou non, n'existe et n'est supposée fixer le cours de la vie. C'est un
tremblement de terre.
Provenance de l'image : PORT-AU-PRINCE, Haiti (16 septembre 2008) «
Haitian workers move cooking oil supplied by United Stated Agency for
International Development (USAID) at a distribution center at Port-Au-Prince
international airport. America's contribution to relief efforts in Haiti are
being coordinated by the USAID and its Office of U.S. Foreign Disaster
Assistance. US Navy Photo by Chief Mass Communication Specialist James G.
Pinsky (Released). La photo appartient au domaine public et provient de
commons.wikimedia.org.
Par annie strohem le dimanche 03 janvier 2010, 17:17 - mot du jour
De quelle couleur sera-elle donc, cette nouvelle année ? En tout cas, pas
d'un bleu, d'un blanc ou d'un rouge ordinaire. Pas même rose [à moins d'un rose
botticellien]. Elle sera de la couleur des fleurs et des mots
rares, et en plus elle sera balsamique, climatérique, adamantine, émouvante,
callipyge, poignante, ensorcelante, alabastrine, brasillante, apaisante,
passionnante, soleilleuse et melliflue.
Ma première recherche de l'année, après vous en avoir souhaité, très chers
lecteurs, une bonne et heureuse douée de toutes les qualités précitées, sera de
trouver des noms rares de couleurs pour qualifier l'an deux mille dix.
Pour enquêter dans le domaine des plus belles couleurs rares, j'avais sous
la main le Petit dictionnaire des mots rares de
Thierry Prellier.
Dans l'introduction à son petit dico, Prellier écrit :
« Un mot, c'est une fleur. L'herbier vous donne sa
description et la glose son sens. Mais la rencontre de la plante parmi son
paysage, dans l'entourage, le biotope qui lui est familier font plus, souvent,
que toutes les planches botaniques du monde. Elle donne au végétal inconnu une
réalité, une présence, une évidence !...
« Pourtant les mots, contrairement aux fleurs rares,
n'ont pas besoin de protection. Ne cueillez pas le narcisse de Glénan,
c'est une espèce précieuse et unique, vous fragiliseriez encore son petit
univers insulaire. À l'opposé, faites donc des bouquets de mots peu entendus,
d'adjectifs rares, de noms lus pour la première fois, de verbes inusités. Plus
on les emploiera, plus on les cueillera et recueillera, plus on les offrira, et
plus ils auront de vie, de sens et de raisons d'être. Il s'en trouve
d'indispensables qui désignent des objets, des concepts, des gestes précis. Il
en est d'adventices, de futiles, quelques-uns se font décoratifs, d'autres
précieux, certains maniérés, pédants peut-être (mais il est si bon parfois de
jouer le professeur pour donner une couleur à son discours). Il en est de
labiles aussi, qui s'oublient, qui glissent à terre comme un pétale fané, que
notre mémoire ne flâtrera pas au fer de ses synapses. »
Quelle jolie métaphore, quel discours inspirant. Mais que signifie donc ce «
flâtrera ». Flâtrer serait un verbe ? Jamais lu ni entendu nulle part avant
aujourd'hui. Il ne figure même pas dans le livre en question, pas dans le
Petit Robert 2007 non plus. Et dans mon vieux Littré ? Bingo
! « Flâtrer : (anc. fr. flat, coup), v.a.
Appliquer un fer rouge en forme de clef à un animal qui a été mordu, afin de le
préserver de la rage. »
Fabuleuse trouvaille. Ainsi donc, j'en déduis que ma première couleur 2010
sera le rouge, rouge comme la viande rouge marquée
au fer rouge. Peut-être qu'elle hésite entre
l'amarante et le nacarat. Ou qu'elle
aime mieux l'andrinople, ce coton rouge bon marché. «
...des becs d'acétylène [...] répandaient [...] une lumière atroce que les
draperies d'andrinople [...] absorbaient uniformément... » [Francis Carco :
Jésus la Caille). Sera-t-elle alezane, cette
merveilleuse couleur rouge-jaune d'un cheval. « Indianite est morte d'entérite.
Pour la remplacer, j'ai choisi une petite jument alezane que j'ai appelée
Ponette » (Ephraïme Grenadou et Alain Prévost : Grenadou, paysan
français). D'autres possibilités, dans les tons et nuances rouges :
kermès, violine, latérite,
purpurine, marasquine,
rubescente, incarnadine,
cinabre, coralline.
Si l'année se peint en bleu, elle aimera la couleur flamboyante des
azulejos. Et aussi l'aigue-marine, «
...dans les lueurs différentes du vert, dans les lueurs vert-lumière de
l'émeraude, prasines du péridot, glauques de l'aigue-marine, jaunâtres du
zircon, céruléennes du béryl... » (Joris-Karl Huysmans : En rade).
Certainement un peu azurescente, aussi, devenant azurée comme
les « montagnes lointaines ; montagnes proches ; encore des montagnes -
merveilles azurescentes, toujours inacessibles... » (Vladimir Nabokov :
Lolita). Mais peut-être baltique « ...les
rideaux vieux bleu, bleu baltique ?, cramés par la poussière et le temps, mais
rideaux d'origine, avaient été délicatement tirés... (Yves Navarre :
Dernier dimanche avant la fin du siècle). Et d'autres couleurs bleues
: flore, saphirée,
lapis-lazuli.
Et si 2010 opte pour le blanc [et enfin, pour la paix], elle sera
albugineuse ou albuginée : Blanchâtre (médical) «
Des polypes ocellés, qui dans leur grouillement vermiculaire et lubrifié
révélaient l'incanardin d'une grande lèvre centrale, effleuraient des
plantations d'olothuries albuginées au gland de passe-velours » (Umberto Eco :
L'Île du jour d'avant). Ou liliale [d'une blancheur
de lys].
C'est long chercher des couleurs. Je suis fatiguée. Il aurait été plus
facile et simple de conclure que 2010 serait versicolore.
Multicolore et changeante, comme si « ... sa nature épicurienne rechign[ait] à
trouver illusoire et peccamineux le monde versicolore après tout fait par Dieu
en six jours de dur labeur... » (Jacques Fleurent :
Armorica).