journal* et autres écritures

billets de décembre 2008

20. quand les chevaux sont heureux

Source : MétéoMédia [en attente de permission] : Chevaux heureux, de Frisch Bauduin - Sainte-Félicité, Québec.

J'écris ma page du jour tranquille, après avoir réussi la mise à jour de DC [de 2.1.3 à 2.1.4] en rêvant à ce que je ferai de ma journée. La vie est belle. Je vous laisse avec les chevaux, en attendant. Faut que je décore mon mobile moche pour Noël, je sais, j'ai déjà dit ça mais je procrastine infiniment.

Grosse mat. sous la couette dans l'air glacial de la chambre blanche. Levée depuis 9 heures. Encore rien fait sauf le café et un peu d'Internet. Les émotions un peu à plat. Pas triste, pas gaie. Pas fatiguée, pas reposée. Pas en colère, pas enragée, pas amère, juste un peu sucrée givrée avec toute cette neige et le vent, le vent du nord/le vent qui mord/le vent qui défait tes cheveux/le vent qui vire tout à l'envers/qui éparpille nos adieux/aux quatre coins de l'univers/dans la neige en hiver/et l'été dans le vert de nos gazons.... Pas non plus indifférente. Mais toujours amoureuse. De qui, de quoi? De tout. De vous.

Publication du jour : sur le mode du paragraphe par paragraphe. Une image à la fois. Du type revenez nous voir, on est pas sorteux. La suite vers midi trente.

Avant de partir pour Montréal demain matin à l'aube, j'ai encore plein de choses au programme :

  • nettoyer le micro-ondes
  • faire le ménage du frigo [sinon je risque de m'empoisonner avec les restes qui microbent là-dedans]
  • emballer les cadeaux
  • faire ma valise
  • laver la vaisselle
  • préparer les indispensables gâteries [à manger et autres] à emporter
  • décorer le mobile moche
  • sortir pour ma randonnée en raquettes et essayer de photographier la grande jument noire de la voisine...

Ce que j'aime le moins : les emballages. Je suis très gauche avec ça : le papier déchire, le papier collant se colle jamais au bon endroit et sur mes doigts, les rubans font des drôles de noeuds. De quoi ouvrir tout grand la fenêtre et crier GERTRUDEEEE.

Si je ne fais pas comme hier, je sens que les minutes et les heures de cette journée vont couler à pic comme le sable au fond du sablier. Hier c'était un emploi du temps strict, une discipline de fer avec une liste et des petites cases à cocher faites. J'avais réussi à tout faire, sauf les emballages et le mobile moche, argh.

Je reviens pour une suite si je réussis à passer au travers de ma liste, promis.

19. ah, noël

Je ne fais pas beaucoup de photos ces temps-ci, parce que pas envie ; trop occupée à faire des listes, à rêver en noir et blanc, en couleurs, à imaginer ma future maison pour vivre heureuse et créer – écrire, peindre, dessiner, danser, chanter et... photographier – écouter de l'opéra et des chorales médiévales à tue-tête ; des grands murs blancs pour exposer les images – célébrer la beauté, l'art, la vie, la la la ; une longue table ovale comme bureau et pour manger à plusieurs, des tapis, un plancher en bois verni qui craque ; une seule et immense pièce avec des plafonds très hauts et blancs, des lustres baroques, des étagères reliées par des échelles, plein d'espaces pour les livres ; des fenêtres ouvertes et un feu de bois dedans dehors, une galerie avec des chaises berçantes, une mini cuisine [mais fonctionnelle], une chambre froide, un lit de plumes dans un coin, une baignoire à pattes [de l'eau chaude], un atelier pour laver et ranger la guénille ; si à la campagne : une rivière et un petit jardin pour les fleurs et les légumes, si à la ville : un loft en hauteur avec vue sur le fleuve ou la montagne.

Non, je ne crois pas au père naouelle. Oui, mon deuil se fait, mine de rien. Serai-je bientôt prête à partir du kamouraska et me rapprocher de montréal ? Si je reste, au printemps, je vais repeindre tout le bas de la maison en blanc et installer de nouveaux stores modernes avec des voilages blancs pour voler au vent. Je changerai la porte avant par une porte française et confectionnerai des housses blanches pour les chaises et les fauteuils. Si je reste ? Je devrais trouver le courage de mettre une affiche à vendre. Mais quelque chose me retient. Quoi ?

Oui, j'avoue, je dois faire une overdose de mauvais christmas movies américains mal traduits, réchauffés par la télé. Hier soir, le pire : Affreux Noël. Le scénario ? Voici. Se retrouvant seul à Noël, un riche publicitaire offre un quart de million de dollars à la famille qui vit dans la maison de son enfance pour qu'elle passe les fêtes avec lui. Pourri. Le pire navet. Mais j'ai néanmoins regardé jusqu'au bout, versé presque le quart d'une larme sur le dénouement. 

Décidément, dans l'art de perdre mon temps, je bats tous les records. 

Demain : habiller mon mobile moche avec des naouelleries quétaines.

18. Avec toi

Aujourd'hui, je fais la lecture au journal, je cède l'écriture à un écrivain mort. Toujours vivant, déconcertant.

Aujourd'hui dimanche, je recopie un morceau choisi dans la poésie de Gaston Miron.

[première partie]

Je voudrais t'aimer comme tu m'aimes, d'une
seule coulée d'être et ainsi qu'il serait beau
dans cet univers à la grande promesse de Sphynx
mais voici la poésie, les camarades, la lutte
voici le système précis qui écrase les nôtres
et je ne sais plus, je ne sais plus t'aimer
comme il faudrait ainsi qu'il serait bon
ce que je veux te dire, je dis que je t'aime

l'effroi s'emmêle à l'eau qui ourle tes yeux
le dernier cri de ta détresse vrille à ma tempe
(nous vivons loin l'un de l'autre à cause de moi
plus démuni que pauvreté d'antan) (et militant)
ceux qui s'aimeront agrandis hors de nos limites
qu'ils pensent à nous, à ceux d'avant et d'après
(mais pas de remerciements, pas de pitié, par
amour), pour l'amour, seulement de temps en temps
à l'amour et aux hommes qui en furent éloignés

ce que je veux te dire, nous sommes ensemble
la flûte de tes passages, le son de ton être
ton être ainsi que frisson d'air dans l'hiver
il est ensemble au mien comme désir et chaleur

Extrait de « La marche à l'amour » in [L'homme rapaillé].

17. triste

Penser à conserver ce bijou. Que nous puissions cultiver l'espoir. Précieusement.

Fredo Viola : The sad song. La plus belle chanson triste depuis des lunes.

16. you may say I'm a dreamer

john lennon : « you may say I'm a dreamer but I'm not the only one I hope some day you'll join us and the world will live as one ».

l'amour tendre l'amour courtois l'amour platonique l'amour complice l'amour littéraire l'amour passion l'amour maternel l'amour fraternel l'amour paternel l'amour naissant l'amour adolescent le premier amour neige je rêve. découper la guerre en confettis sans paradis futur perdu sans purgatoire sans limbes sans enfer et partout le ciel firmament le monde réconforté lumière j'imagine l'homme l'animal l'arbre la fleur vivre plus haut et grand que le rêve et la terre ronde bulle couverte de ciels bleus et blancs à respirer j'imagine pour la sauver debout assis couché la vivre aujourd'hui la saisir dans les bras au jour le jour je rêve. l'amour sur les pentes enneigées l'amour qui arrive l'hiver et le printemps les iris blancs dans les vases remplis de lait et les roses roses et les enfants qui viennent au monde le huit juin le treize octobre le premier octobre et le dix mars je rêve. l'été elle marche au long du fleuve la jupe sur les reins l'île poétique elle se baigne nue et se laisse embrasser prendre dans le sable je rêve. l'automne novembre au vent les cloches sonnent et l'amour l'amour tout le temps la saison je rêve. la fin du besoin d'inventer croire prier supplier sans les dieux sans les diables sans les icônes sans les gourous sans les religions je rêve. le piano les violons les livres les maisons les lits les fenêtres ouvertes l'air pur les jardins secrets je rêve. la fin des pays des patries de la glu qui te colle t'isole te peinture dans ton coin du monde je rêve. la fin des chaines aux pieds des batailles de l'argent la fin des raisons d'engueuler de se faire engueuler de haïr de mépriser de jalouser d'envier de calomnier de médire je rêve. vivre en paix rien à tuer rien à mourir je rêve. à danser sur le bout des pieds sur un pied à cloche pied chanter calmer apaiser les comptines les chansons tristes les complaintes d'antan je rêve. terre sauvage cheveux noirs glisser chaud le soleil je rêve. se donner se prendre en mouvances généreuses d'allers et de retours libres de calculs je vis.

15. gone hunting

frida kahlo : la petite biche

« En espérant partir dans la joie et ne plus jamais revenir. » [Frida Kahlo]