J'ai eu des fourmis à miel plein les doigts toute la semaine tant ils me démangeaient d'écrire une page de journal.
J'ai résisté autant que j'ai pu.
Et puis ce matin, ben voilà. Je flanche.
Peut-être avais-je juste un peu besoin de montrer un petit coin de mon travail, noter où j'en suis.
Alors, pour tout dire, c'est fait. J'ai installé Dotclear 2. Et depuis, j'apprends.
Ne pas brûler les étapes : lire la documentation, essayer de comprendre. Mettre en pratique.
Jusqu'à maintenant, je n'ai pas rencontré de bogues catastrophiques et
désespérants. Pas de douloureuses chutes ni de chemin de croix pavé de
clous piquants. Pas été obligée de crier à l'aide barmaid.
Quand je ne comprends pas un truc, je laisse dormir jusqu'au lendemain.
À date, on dira que ça manque un peu d'images. C'est que j'en ai pas
fabriqué ni trouvé [je me pardonne le gif quétaine de fourmi à lunettes gratuit]. Et puis, les mots d'abord. J'ai donc remis le
dossier images, icônes et décorations à plus tard.
Je suis encore loin d'avoir fini de construire la feuille de style
et le xhtml surtout pour le bas de la page. Soyons patients. Il y aura
des liens vers tout ce qu'il faut. En fin de compte, je n'ai qu'à
récupérer les deux colonnes de droite du volume 8 et les caser en bas
de page. Ça paraît simple, dit comme ça. J'aimerais bien vous y voir.
Des fois j'envie ceux qui bidouillent jamais. Par ailleurs, ils se
privent de bien grands plaisirs plus que parfaitement charnels.
Par ailleurs, j'ai encore plein d'ajustements à faire un peu partout
: garderai-je cette police et couleur de caractères, cette couleur
rouge foncé pour le titre [rouge qui paraît trop clair quand je le
regarde avec safari mais qui est tout à fait à mon goût sous firefox],
vais-je me fatiguer de cette colonne au centre avec une marge de gauche
un peu plus large que celle de droite, de ma signature en italique ?
Ce ne sont après tout que des questions techniques que je pourrai finaliser dans les prochains jours.
Au bout du compte, écrire des pages en bidouillant me permettra de mieux tester le travail.
À ceux qui me diront que ce design rappelle le journal de Script, je
répondrai que c'est la faute à mon inconscient. Sans mentir.
Avec tout ça, la première tempête avec neige mouillée, gelées et grands
vents nous est tombée dessus mardi soir et je n'étais pas du tout prête.
bOf.
L'essentiel c'est que, lundi, j'avais passé toute ma journée dehors, il
faisait tellement beau [soleil, mais froid] et j'avais pu recueillir et
transplanter les fines herbes dans des pots pour les cultiver dans la cuisine
d'été fraîche en hiver.
J'avais aussi eu le temps de récolter les derniers choux, couper les
glaïeuls, les anémones, les tournesols et la deuxième floraison de lavande pour
en faire des bouquets. Pris soin de tailler et protéger avec de la paille les
asperges, les vignes et la rhubarbe tout en mangeant les dernières
framboises.
Une journée passée à faire ça touche de très près le profond bonheur de
vivre, point. Goûter les instants rares et transparents qui, pour n'importe qui
d'autre perdu dans sa bulle, semblent néant.
Changement de propos et pour mieux y revenir. Savoir si je resterai à la
campagne ou si je regagnerai la ville le printemps venu, je ne sais pas [et
j'envoie ceux qui savent tout voir ailleurs si j'y suis].
Je cherche encore l'importance relative de cette question-là. De toute
manière, je ne viendrai peut-être jamais à bout de ce désagréable sentiment de
ne pas être à la bonne place, pas au bon moment. Trop en avance, toujours en
retard. biEurk. Alors je commence à me dire que rester ici ou ailleurs,
maintenant ou plus tard. Publier un livre maintenant, demain ou avant-hier,
c'est pareil. Je n'y ai pas touché ces derniers jours. Recommence-je à douter
?
Par contre, quand je me donne la peine d'ouvrir le manuscrit, je suis
contente de ce que je lis. J'avançais bien. Et je continuerai. Ne ferai que ça,
vers février, mars ou avant. Courage, annie, courage. Mais à chaque fois que
j'interromps l'écriture je perds le fil et je dois tout relire depuis le début
[c'est important la cohérence, dans ce roman] et ça prend un temps fou. Il
faudrait je le sais ne faire que ça, tremper là-dedans du soir au matin. Alors
pour m'en sortir, je me tourne vers le journal papier et j'écris. Et puis une
fois que c'est fait je pense à mon journal en ligne. C'est de loin le moins
facile de l'écriture. Je le mets à distance, j'évalue à froid. Regarde à côté.
Constate.
Pas question que journal* et autres écritures devienne un gros blog
blême avec forum en bas de page. Ni un livre de copiage-collage, surtout pas.
Problème.
Vertiges. Failli écrire une énième page d'adieuzémercis. Même failli lancer
une fois de plus l'ordi et mes huit ans de journal online par la fenêtre en
criant décrisse mon kâlisse. Résisté. pFiou. Éliminé quelques parasites. Calmé
les neuronisses responsabilistes. Réfléchi longuement.
Fait. Que. Je me suis remise frénétiquement au bidouillage. Pour concocter
une nouvelle présentation, bâtir un beau futur volume neuf tout neuf. Pour ça,
je grignote des secondes et des minutes à mes soirées. Je travaille dans la
bienheureuse et paresseuse ombre nocturne arrachée au temps raisonnable. Allers
et retours.
J'avoue avoir manqué un peu de force et de courage ces temps-ci. Je compte
les heures, les jours, les semaines et les mois qui me séparent de [...].
Pour réagir et, discipline ultime, je me lève tôt le matin. Je pars
travailler sans me plaindre ni faire de vagues [pas trop]. J'engrange comme la
fourmi à miel.
Jamais aussi prévoyante, j'ai fait pour six mois réserves de bois de
chauffage, de légumes, grains, confitures et autres denrées indispensables
puisque je passerai un autre hiver toute seule dans ma montagne. L'an dernier,
ça a duré six mois sous la neige, alors cette année, je m'attends à pire pour
avoir meilleur, héhé.
Ça fait tellement de bien courtiser le silence. J'ai besoin de quelques
semaines et de plusieurs pages blanches. Laisser revenir le désir. Pour ceux
qui lisent, et que j'estime, ça en vaut largement la peine. & love.
Billet non écrit une nuit d'élections mais le lendemain soir avec un petit
gros mal de bloc jumelé d'une envie épôrmiable de migrer à plumes que veux-tu
vers mes chers vieux pays. En suivant le vol ô combien poétique des outardes et
autres oies blanches qui portent cette année [c'est beau beau beau] des petites
chaussettes rayées jaunes et noires avec des mini pois verts [chiches] qui sont
eux-mêmes picotés de minuscules petits picots tout à fait roses, pour une fois.
Moi. Ce soir il pleut. Je suis un chat. Cat. Et je dors avec Gerry.
Toujours vivant. Paroles : Michel Rivard. Musique, interprétations,
vies et âme : Gerry Boulet.
J'essaie de concilier travail pour gagner mon pain et travail d'écriture. Je
manque de temps et de liberté, oui. J'essaie de ne pas sacrifier le journal au
profit du roman en chantier. Je l'ai déjà écrit, je progresse très lentement.
Un peu plus de cent dix pages avec un titre temporaire pas beau. Et il manque
autant de pages pour que l'histoire en question soit digne du nom avec un
commencement, une fin et une grosse tarte aux pommes pour se faire plaisir au
milieu [je simplifie, pour l'image]. Autant dire qu'il me reste une autre année
de dur labeur. Sauf que j'aime ça à la folie et je sais que je vais en voir
l'aboutissement. Que je ferai tout pour que le livre soit publié et lu. Qu'on
sera content de le lire. Que j'aurai en même temps créé une forme, pas juste un
petit roman arlequin ou une saga familiale plate comme il s'en est écrit mille
et une. J'aime écrire. Travailler le matériau, fouiller l'imaginaire. Quand
Elle me demande pourquoi j'écris, je dis n'importe quoi. Je dis pourquoi pas.
Je lui parle des voix que j'entends tout le temps. La vérité est que j'ai ça
dans la peau. C'est le désir. Le plus grand et le plus cher désir. Qui coûte
cher. Très cher. Qui fait parfois, souvent, plus de mal que de bien. Toujours
trop de voix qui veulent parler en même temps. YM m'a fortement conseillé l'été
passé d'apprendre à les faire taire, sinon... Ce n'est pas que je fais ma têtue
et que je ne réfléchis pas à comment taire la prétention des paroles folles en
moi et autour de moi. C'est juste que je commence simplement à réaliser, et
admettre que ces voix-là contaminent ma vision de ce qui est en train
d'advenir, je vois comment elles prennent le récit en otage au fur et à mesure
qu'il s'écrit. J'aurai peut-être à sacrifier une quarantaine de pages. Pas
parce qu'elles sont nulles à chier, non, mais parce qu'elles sont de trop. Une
manière de dent surnuméraire, une excroissance inutile qui, si je la laisse en
place, fera pourrir tout le reste. Pas facile de sacrifier des bonnes pages.
Mais quand elles n'ont pas d'affaire là, faut faire du ménage. Exit le papier
contaminé. Ouf.
La vie continue. Le journal en ligne aussi, pas fort cette année. Les
framboisiers produisent encore même si les feuilles ont été rongées par je ne
sais quoi ou qui [le gel?]. Photo prise dans mon jardin le 5 octobre 2008. J'ai
même cueilli de quoi faire une tarte. À la framboise.
Oui, permaculture. C'est le terme utilisé pour parler de culture permanente.
Et biologique, il va sans dire. J'apprends cette façon de cultiver la terre
sans l'épuiser. En lui donnant au lieu de lui enlever tout ce qu'elle a de
riche en surface.
La permaculture c'est aussi beaucoup d'autres choses que je n'ai pas le
temps d'expliquer maintenant. Et puis je ne suis pas ici pour donner des cours.
Il y a plein de bouquins et de sites web qui regorgent de documentation sur le
sujet.
Je ne fais qu'une toute petite pause entre deux récoltes des pommes de terre
issues de mon expérience, pour la déposer ici.
Eh oui. Cet été, j'ai fait l'expérience de la culture de pommes de terre
sous cartons [l'ai-je déjà écrit dans ce journal ? m'en souviens plus]. Je les
ai mises à pousser, pas seulement sous du carton, mais il m'a fallu recouvrir
tout cela d'un bon huit pouces de paille. Et puis mettre beaucoup d'eau le
premier jour et laisser faire tous les autres jours. Arracher un peu de
chiendent de temps en temps, sauf qu'il n'y en a pas eu vraiment beaucoup. Par
contre, la marmotte est venue manger un peu. Elle a pris quelques bouchées dans
une dizaine de petits tubercules, des rouges. Tant mieux si elle a pu se
sustenter par nuits froides.
J'ai trouvé la méthode de culture sous carton sur le site Végéculture. Je vais écrire
un mot pour remercier. Ça a marché au-delà de mes espérances.
Et pour récolter, pas besoin de creuser, il suffit d'écarter la paille et
les pommes de terre sont là. Le carton a totalement disparu, plus aucune herbe
non désirée. Avant, il y avait du gazon à cet endroit.
Alors dès cet automne, j'étalerai des cartons ou des journaux et de la
paille sur des parcelles du terrain où il n'y a que du gazon tristounet et que
je rêve de couvrir de fleurs et de légumes pour le plaisir des yeux, de la
bouche et de l'estomac de mes amours zé amis. Et le printemps prochain, je
pourrai planter et semer en dessous de mon couvre-sol bio sans creuser la
terre.
Quand j'ai trop d'une sorte de légumes ou de n'importe quoi, je fais des
échanges avec ceux qui ont autre chose en trop et vice-versa. Mes pommes de
terre contre les courges de V. [j'en ai récolté que cinq cette année, snif],
les prunes de C. contre mes vieilles fenêtres. Et samedi prochain, la paille de
monsieur A. contre mes bettes à carde, si toutefois il en veut bien. Sinon je
lui paierai sa paille huit dollars. Cette histoire de paille me fait penser aux
trois petits cochons, mais ça, c'est une autre histoire. Arf.
______________
Définition de permaculture, d'après le Grand Dictionnaire
terminologique de l'Office québécois de la langue française : « Ensemble
des pratiques et des modes de pensée visant à aménager un territoire qui soit
en synergie avec la nature, afin que le développement soit durable et que les
écosystèmes soient respectés, voire renforcés. » Synonyme : agriculture
permanente. Note(s) : Le concept de permaculture s'est surtout
développé en agriculture, mais il peut s'appliquer à de nombreux domaines
d'activités. En effet, la philosophie qui le sous-tend est basée sur la
coopération et la cohésion sociale et le but ultime est un développement
durable assurant la biodiversité et la symbiose entre les animaux, les plantes
et les humains. Le terme permaculture est un mot-valise formé à partir de
permanente ou permanence et de agriculture.
C'est peut-être déjà l'automne, mais il y a encore beaucoup de verdures tout
partout. Beaucoup à cueillir. Je ne passe pas une seule journée sans sortir
marcher. Je monte la côte. On voit mieux d'en haut.
Les petites fleurs blanches duveteuses sur la photo, je ne les cueille pas.
Par ici, on les appelle des fleurs de coton. D'habitudes elles sont floues à
cause du vent, hier, elles ont bien voulu faire les belles pour le journal. Ne
pas avancer trop vite. Ça monte. Le coeur pompe. Penser à respirer.
Mon banc de parc préféré. Un rocher accueillant, arrondi comme le dos d'une
grosse baleine. Couvert de mousse d'un vert pâle qui n'existe pas. S'y poser,
le temps de rêver à rien. Sortir un carnet. Des fois je m'allonge par terre
pour faire une sieste bienheureuse au soleil. Au réveil, le monde change de
forme. Il s'étire dans plein d'autres perspectives.
Ça sent la fougère et la mousse mouillée, âcre, et les feuilles de bouleau
jaune en décomposition. Arriver au petit boisé, marcher sur une branche.
Crac.
Il me vient des envies de prendre un fusil et de tirer sur des cannes de
bines, de chasser le gibier à l'aube, d'attendre des heures pour attraper une
perdrix, un lièvre ou un jeune chevreuil en plein coeur, faire des réserves
pour l'hiver. C'est bien mystérieux ces envies-là puisque je mange de moins en
moins de viande. J'en ai plus tellement besoin. Réflexe archaïque de survie,
j'imagine.
Comme chaque automne, silence en forêt pour pas faire peur aux animaux.
Je scrute les sous-bois. Me surprends à penser : des fois que quelqu'un
aurait fait pousser du pot par ici et que je tombe dessus. Sourire. J'en ferais
quoi, vous pensez ? Pas question d'inhaler la petite fumée bleue. Ça risquerait
de m'endormir pour trois siècles et quart.
Et puis je sors du bois et je rentre par les sentiers parfumés traversant
les terres de mes voisins. Je redescends la côte. Retraverse les champs de
trèfles les yeux dans le fleuve en longeant les clôtures, les fossés et les
ruisseaux. Les grands vents d'automne s'en viennent.