journal* et autres écritures

billets de octobre 2008

1. voilà

J'ai eu des fourmis à miel plein les doigts toute la semaine tant ils me démangeaient d'écrire une page de journal.

J'ai résisté autant que j'ai pu.

Et puis ce matin, ben voilà. Je flanche.

Peut-être avais-je juste un peu besoin de montrer un petit coin de mon travail, noter où j'en suis.

Alors, pour tout dire, c'est fait. J'ai installé Dotclear 2. Et depuis, j'apprends.

insecte_fourmis017.gifNe pas brûler les étapes : lire la documentation, essayer de comprendre. Mettre en pratique.

Jusqu'à maintenant, je n'ai pas rencontré de bogues catastrophiques et désespérants. Pas de douloureuses chutes ni de chemin de croix pavé de clous piquants. Pas été obligée de crier à l'aide barmaid.

Quand je ne comprends pas un truc, je laisse dormir jusqu'au lendemain.

À date, on dira que ça manque un peu d'images. C'est que j'en ai pas fabriqué ni trouvé [je me pardonne le gif quétaine de fourmi à lunettes gratuit]. Et puis, les mots d'abord. J'ai donc remis le dossier images, icônes et décorations à plus tard.

Je suis encore loin d'avoir fini de construire la feuille de style et le xhtml surtout pour le bas de la page. Soyons patients. Il y aura des liens vers tout ce qu'il faut. En fin de compte, je n'ai qu'à récupérer les deux colonnes de droite du volume 8 et les caser en bas de page. Ça paraît simple, dit comme ça. J'aimerais bien vous y voir. Des fois j'envie ceux qui bidouillent jamais. Par ailleurs, ils se privent de bien grands plaisirs plus que parfaitement charnels.

Par ailleurs, j'ai encore plein d'ajustements à faire un peu partout : garderai-je cette police et couleur de caractères, cette couleur rouge foncé pour le titre [rouge qui paraît trop clair quand je le regarde avec safari mais qui est tout à fait à mon goût sous firefox], vais-je me fatiguer de cette colonne au centre avec une marge de gauche un peu plus large que celle de droite, de ma signature en italique ?

Ce ne sont après tout que des questions techniques que je pourrai finaliser dans les prochains jours.

Au bout du compte, écrire des pages en bidouillant me permettra de mieux tester le travail.

À ceux qui me diront que ce design rappelle le journal de Script, je répondrai que c'est la faute à mon inconscient. Sans mentir.

C'est fou ce que ma muse me manque à matin...

voilà

Je suis encore loin de l'avoir terminé, mais le volume 9 est par là : http://www.anniestrohem.com/index.php/post/2008/10/31/1.-voilà.

Encore en chantier ? Pas grave. Il est déjà bien vivant. En plein essor.

En attendant qu'il grandisse un peu, il faudra revenir ici pour les archives, les liens et tous les autres contenus.

56. la peine. & love

HoneyAnt.jpg

Avec tout ça, la première tempête avec neige mouillée, gelées et grands vents nous est tombée dessus mardi soir et je n'étais pas du tout prête. bOf.

L'essentiel c'est que, lundi, j'avais passé toute ma journée dehors, il faisait tellement beau [soleil, mais froid] et j'avais pu recueillir et transplanter les fines herbes dans des pots pour les cultiver dans la cuisine d'été fraîche en hiver.

J'avais aussi eu le temps de récolter les derniers choux, couper les glaïeuls, les anémones, les tournesols et la deuxième floraison de lavande pour en faire des bouquets. Pris soin de tailler et protéger avec de la paille les asperges, les vignes et la rhubarbe tout en mangeant les dernières framboises.

Une journée passée à faire ça touche de très près le profond bonheur de vivre, point. Goûter les instants rares et transparents qui, pour n'importe qui d'autre perdu dans sa bulle, semblent néant.

Changement de propos et pour mieux y revenir. Savoir si je resterai à la campagne ou si je regagnerai la ville le printemps venu, je ne sais pas [et j'envoie ceux qui savent tout voir ailleurs si j'y suis].

Je cherche encore l'importance relative de cette question-là. De toute manière, je ne viendrai peut-être jamais à bout de ce désagréable sentiment de ne pas être à la bonne place, pas au bon moment. Trop en avance, toujours en retard. biEurk. Alors je commence à me dire que rester ici ou ailleurs, maintenant ou plus tard. Publier un livre maintenant, demain ou avant-hier, c'est pareil. Je n'y ai pas touché ces derniers jours. Recommence-je à douter ?

Par contre, quand je me donne la peine d'ouvrir le manuscrit, je suis contente de ce que je lis. J'avançais bien. Et je continuerai. Ne ferai que ça, vers février, mars ou avant. Courage, annie, courage. Mais à chaque fois que j'interromps l'écriture je perds le fil et je dois tout relire depuis le début [c'est important la cohérence, dans ce roman] et ça prend un temps fou. Il faudrait je le sais ne faire que ça, tremper là-dedans du soir au matin. Alors pour m'en sortir, je me tourne vers le journal papier et j'écris. Et puis une fois que c'est fait je pense à mon journal en ligne. C'est de loin le moins facile de l'écriture. Je le mets à distance, j'évalue à froid. Regarde à côté. Constate.

Pas question que journal* et autres écritures devienne un gros blog blême avec forum en bas de page. Ni un livre de copiage-collage, surtout pas. Problème.

Vertiges. Failli écrire une énième page d'adieuzémercis. Même failli lancer une fois de plus l'ordi et mes huit ans de journal online par la fenêtre en criant décrisse mon kâlisse. Résisté. pFiou. Éliminé quelques parasites. Calmé les neuronisses responsabilistes. Réfléchi longuement.

Fait. Que. Je me suis remise frénétiquement au bidouillage. Pour concocter une nouvelle présentation, bâtir un beau futur volume neuf tout neuf. Pour ça, je grignote des secondes et des minutes à mes soirées. Je travaille dans la bienheureuse et paresseuse ombre nocturne arrachée au temps raisonnable. Allers et retours.

J'avoue avoir manqué un peu de force et de courage ces temps-ci. Je compte les heures, les jours, les semaines et les mois qui me séparent de [...].

Pour réagir et, discipline ultime, je me lève tôt le matin. Je pars travailler sans me plaindre ni faire de vagues [pas trop]. J'engrange comme la fourmi à miel.

Jamais aussi prévoyante, j'ai fait pour six mois réserves de bois de chauffage, de légumes, grains, confitures et autres denrées indispensables puisque je passerai un autre hiver toute seule dans ma montagne. L'an dernier, ça a duré six mois sous la neige, alors cette année, je m'attends à pire pour avoir meilleur, héhé.

Ça fait tellement de bien courtiser le silence. J'ai besoin de quelques semaines et de plusieurs pages blanches. Laisser revenir le désir. Pour ceux qui lisent, et que j'estime, ça en vaut largement la peine. & love.

[image : de Greg Hume, Honey Ant, sur Wikipedia ]

55. phoque



Billet non écrit une nuit d'élections mais le lendemain soir avec un petit gros mal de bloc jumelé d'une envie épôrmiable de migrer à plumes que veux-tu vers mes chers vieux pays. En suivant le vol ô combien poétique des outardes et autres oies blanches qui portent cette année [c'est beau beau beau] des petites chaussettes rayées jaunes et noires avec des mini pois verts [chiches] qui sont eux-mêmes picotés de minuscules petits picots tout à fait roses, pour une fois. Moi. Ce soir il pleut. Je suis un chat. Cat. Et je dors avec Gerry.

Toujours vivant. Paroles : Michel Rivard. Musique, interprétations, vies et âme : Gerry Boulet.

54. les voix

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J'essaie de concilier travail pour gagner mon pain et travail d'écriture. Je manque de temps et de liberté, oui. J'essaie de ne pas sacrifier le journal au profit du roman en chantier. Je l'ai déjà écrit, je progresse très lentement. Un peu plus de cent dix pages avec un titre temporaire pas beau. Et il manque autant de pages pour que l'histoire en question soit digne du nom avec un commencement, une fin et une grosse tarte aux pommes pour se faire plaisir au milieu [je simplifie, pour l'image]. Autant dire qu'il me reste une autre année de dur labeur. Sauf que j'aime ça à la folie et je sais que je vais en voir l'aboutissement. Que je ferai tout pour que le livre soit publié et lu. Qu'on sera content de le lire. Que j'aurai en même temps créé une forme, pas juste un petit roman arlequin ou une saga familiale plate comme il s'en est écrit mille et une. J'aime écrire. Travailler le matériau, fouiller l'imaginaire. Quand Elle me demande pourquoi j'écris, je dis n'importe quoi. Je dis pourquoi pas. Je lui parle des voix que j'entends tout le temps. La vérité est que j'ai ça dans la peau. C'est le désir. Le plus grand et le plus cher désir. Qui coûte cher. Très cher. Qui fait parfois, souvent, plus de mal que de bien. Toujours trop de voix qui veulent parler en même temps. YM m'a fortement conseillé l'été passé d'apprendre à les faire taire, sinon... Ce n'est pas que je fais ma têtue et que je ne réfléchis pas à comment taire la prétention des paroles folles en moi et autour de moi. C'est juste que je commence simplement à réaliser, et admettre que ces voix-là contaminent ma vision de ce qui est en train d'advenir, je vois comment elles prennent le récit en otage au fur et à mesure qu'il s'écrit. J'aurai peut-être à sacrifier une quarantaine de pages. Pas parce qu'elles sont nulles à chier, non, mais parce qu'elles sont de trop. Une manière de dent surnuméraire, une excroissance inutile qui, si je la laisse en place, fera pourrir tout le reste. Pas facile de sacrifier des bonnes pages. Mais quand elles n'ont pas d'affaire là, faut faire du ménage. Exit le papier contaminé. Ouf.

La vie continue. Le journal en ligne aussi, pas fort cette année. Les framboisiers produisent encore même si les feuilles ont été rongées par je ne sais quoi ou qui [le gel?]. Photo prise dans mon jardin le 5 octobre 2008. J'ai même cueilli de quoi faire une tarte. À la framboise.

53. permaculture

Oui, permaculture. C'est le terme utilisé pour parler de culture permanente. Et biologique, il va sans dire. J'apprends cette façon de cultiver la terre sans l'épuiser. En lui donnant au lieu de lui enlever tout ce qu'elle a de riche en surface.

La permaculture c'est aussi beaucoup d'autres choses que je n'ai pas le temps d'expliquer maintenant. Et puis je ne suis pas ici pour donner des cours. Il y a plein de bouquins et de sites web qui regorgent de documentation sur le sujet.

Je ne fais qu'une toute petite pause entre deux récoltes des pommes de terre issues de mon expérience, pour la déposer ici.

Eh oui. Cet été, j'ai fait l'expérience de la culture de pommes de terre sous cartons [l'ai-je déjà écrit dans ce journal ? m'en souviens plus]. Je les ai mises à pousser, pas seulement sous du carton, mais il m'a fallu recouvrir tout cela d'un bon huit pouces de paille. Et puis mettre beaucoup d'eau le premier jour et laisser faire tous les autres jours. Arracher un peu de chiendent de temps en temps, sauf qu'il n'y en a pas eu vraiment beaucoup. Par contre, la marmotte est venue manger un peu. Elle a pris quelques bouchées dans une dizaine de petits tubercules, des rouges. Tant mieux si elle a pu se sustenter par nuits froides.

J'ai trouvé la méthode de culture sous carton sur le site Végéculture. Je vais écrire un mot pour remercier. Ça a marché au-delà de mes espérances.

Et pour récolter, pas besoin de creuser, il suffit d'écarter la paille et les pommes de terre sont là. Le carton a totalement disparu, plus aucune herbe non désirée. Avant, il y avait du gazon à cet endroit.

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Alors dès cet automne, j'étalerai des cartons ou des journaux et de la paille sur des parcelles du terrain où il n'y a que du gazon tristounet et que je rêve de couvrir de fleurs et de légumes pour le plaisir des yeux, de la bouche et de l'estomac de mes amours zé amis. Et le printemps prochain, je pourrai planter et semer en dessous de mon couvre-sol bio sans creuser la terre.

Quand j'ai trop d'une sorte de légumes ou de n'importe quoi, je fais des échanges avec ceux qui ont autre chose en trop et vice-versa. Mes pommes de terre contre les courges de V. [j'en ai récolté que cinq cette année, snif], les prunes de C. contre mes vieilles fenêtres. Et samedi prochain, la paille de monsieur A. contre mes bettes à carde, si toutefois il en veut bien. Sinon je lui paierai sa paille huit dollars. Cette histoire de paille me fait penser aux trois petits cochons, mais ça, c'est une autre histoire. Arf.

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Définition de permaculture, d'après le Grand Dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française : « Ensemble des pratiques et des modes de pensée visant à aménager un territoire qui soit en synergie avec la nature, afin que le développement soit durable et que les écosystèmes soient respectés, voire renforcés. » Synonyme : agriculture permanente. Note(s) : Le concept de permaculture s'est surtout développé en agriculture, mais il peut s'appliquer à de nombreux domaines d'activités. En effet, la philosophie qui le sous-tend est basée sur la coopération et la cohésion sociale et le but ultime est un développement durable assurant la biodiversité et la symbiose entre les animaux, les plantes et les humains. Le terme permaculture est un mot-valise formé à partir de permanente ou permanence et de agriculture.

52. rêver à rien

C'est peut-être déjà l'automne, mais il y a encore beaucoup de verdures tout partout. Beaucoup à cueillir. Je ne passe pas une seule journée sans sortir marcher. Je monte la côte. On voit mieux d'en haut.

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Les petites fleurs blanches duveteuses sur la photo, je ne les cueille pas. Par ici, on les appelle des fleurs de coton. D'habitudes elles sont floues à cause du vent, hier, elles ont bien voulu faire les belles pour le journal. Ne pas avancer trop vite. Ça monte. Le coeur pompe. Penser à respirer.

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Mon banc de parc préféré. Un rocher accueillant, arrondi comme le dos d'une grosse baleine. Couvert de mousse d'un vert pâle qui n'existe pas. S'y poser, le temps de rêver à rien. Sortir un carnet. Des fois je m'allonge par terre pour faire une sieste bienheureuse au soleil. Au réveil, le monde change de forme. Il s'étire dans plein d'autres perspectives.

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Ça sent la fougère et la mousse mouillée, âcre, et les feuilles de bouleau jaune en décomposition. Arriver au petit boisé, marcher sur une branche. Crac.

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Il me vient des envies de prendre un fusil et de tirer sur des cannes de bines, de chasser le gibier à l'aube, d'attendre des heures pour attraper une perdrix, un lièvre ou un jeune chevreuil en plein coeur, faire des réserves pour l'hiver. C'est bien mystérieux ces envies-là puisque je mange de moins en moins de viande. J'en ai plus tellement besoin. Réflexe archaïque de survie, j'imagine.

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Comme chaque automne, silence en forêt pour pas faire peur aux animaux.

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Je scrute les sous-bois. Me surprends à penser : des fois que quelqu'un aurait fait pousser du pot par ici et que je tombe dessus. Sourire. J'en ferais quoi, vous pensez ? Pas question d'inhaler la petite fumée bleue. Ça risquerait de m'endormir pour trois siècles et quart.

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Et puis je sors du bois et je rentre par les sentiers parfumés traversant les terres de mes voisins. Je redescends la côte. Retraverse les champs de trèfles les yeux dans le fleuve en longeant les clôtures, les fossés et les ruisseaux. Les grands vents d'automne s'en viennent.

51. dan's words

Et un deuxième clip. Pour les mêmes raisons que le précédent.