Ce soir à 20 heures, j'éteins les lumières. Plus. Je coupe le courant et
plus rien ne fonctionnera, rien. Même pas l'ordi, ni la radio, ni le frigo, ni
tout le reste. J'allumerai des bougies. Et je donnerai une heure pour ma terre
mère ma terre amante.
L'information m'est arrivée par email avec la mention « passer le mot ».
D'habitude, je suis plutôt rebelle aux consignes de ce genre et je les ignore,
me disant que je n'ai pas à transporter toutes les bonnes causes [que l'on
trouve bonnes pour moi ou que moi je trouve bonnes] et que chacun fera bien ce
qu'il veut, où et quand il le veut pour s'informer, agir ou pas.
Mais ce matin, un je ne sais quoi dans cette missive m'a empêchée de
l'ignorer, et donné envie de faire ma petite part. Alors au lieu de transmettre
le courriel en question à la poubelle ou à tout mon carnet d'adresses, j'ai
songé à le publier dans mon cher journal, qui risque de toucher beaucoup plus
de monde et de faire ricochets plus loin sur la douce et violente planète que
nous voulons sauver en la détruisant chaque jour un peu plus, sans le
vouloir.
J'ai pris un peu de temps pour m'informer des « Heures de la Terre » qui
auront lieu à travers le monde sur le site www.earthour.org et ailleurs. Voyez ce document
:
Et le contenu du message en question :
Samedi 29 mars - Toutes lumières éteintes pour la planète
Comme chaque année, c'est l'Heure de la Terre (Earth Hour). Le 29 mars 2008,
à 20 h, heure de l'Est, le Fond mondial pour la nature vous invite à éteindre
pendant 60 minutes vos lumières et faire comme des millions de personnes
partout sur la planète qui veulent ainsi signifier toute l'importance de la
lutte aux changements climatiques. La grande nouveauté est que cette année,
Montréal s'ajoute officiellement aux villes participantes.
Le 31mars 2007 à Sydney en Australie, à l'initiative du Fond mondial pour la
nature, plus de 2 millions de commerces et résidences ont éteint leurs lumières
une heure durant - l'Heure de la Terre - en envoyant un message clair au
gouvernement australien : lutter contre les changements climatiques, c'est
possible !
Le 29 mars 2008 à 20 h, l'Heure de la Terre va se célébrer partout sur la
planète. Plusieurs villes et métropoles, dont Bangkok, Chicago, Copenhague,
Dublin, Ottawa, San Francisco, Sydney, Toronto, Vancouver et Montréal, vont
prendre position contre la menace la plus grave à l'heure actuelle : le
réchauffement global. Des millions de personnes à travers le globe feront front
commun pour passer ce message (voir le communiqué de la Ville de Montréal pour
annoncer l'événement).
Quand : samedi, le 29 mars 2008 à 20 h.
Où : Là où vous serez, peu importe où
Quoi : éteindre les lumières pendant une heure
Ce que vous pouvez faire :
Convaincre votre municipalité à participer
Convaincre votre entreprise à s'inscrire parmi les compagnies
participantes
Organiser des événements « l'Heure de la Terre » dans votre quartier, dans
votre école, au travail, dans votre immeuble
Convaincre les restaurants où vous mangez et les commerces où vous
magasinez de participer à l'Heure de la Terre
Ils ont dit que c'était le printemps. Il neige tout le temps. Avec des
grands vents. Et j'attends.
Vendredi matin. Je lis un peu de Prévert. Et si j'essayais de « peindre un
oiseau » est-ce que l'oiseau s'envolerait, que ça marcherait, que je signerais
? Et si je recopiais les « Grifouilis dans le fouillis gris », extrait de
Soleil de nuit, je dirais que des fois... :
La douleur
des fois c'est à vomir, trop à voir, à ressentir,
des haut-le-cœur.
Mais les amibes de nos amis sont nos amibes, et
quand ceux que j'aime s'abîment et tombent
dans leurs petits abîmes, avec eux je tombe
et j'ai peur de les perdre,
c'est toujours pareil, un beau jour de
calendrier, il y a eu quelque chose
de cassé,
aucune vitre ne me reste tellement elle
a été brisée, qui, la vitre,
quelle vitre, quelle huître,
le vitrier est un ouvrier,
l'huîtrier est un oiseau,
et les huîtriers du Congo tombent
de vertige des roseaux,
rien à faire quoi qu'on dise,
se taire,
je ne suis pas le aujourd'hui, je suis
le hier, et demain je
le refuse des deux mains.
Dès demain, j'essaierai
mais qu'est-ce que j'essaierai...
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Commentaires
le 29 mars 2008 à 4h21 [UTC-5], manata a écrit :
je vous remercie de votre choix de prévert, j'ai pu ainsi consoler un amis
de la perte.....d'un ami
je vous envoie un peu de printemps de france :
Les arbres se sont habillés de couleurs pastels,
Jonquilles, crocus ont bravé la fraîcheur du temps,
Que déjà, les oiseaux publient leurs noces dans le ciel.
Neiges et froidures sont parties : " vive le Printemps ! "
Immense symphonie, où des millions de fleurs,
Se mélangent en un jour, aux bourgeons de velours
D'un coup de baguette magique : le ciel sort ses couleurs
Pour éblouir nos yeux, il devient troubadour.
Dans un ballet de cabrioles fantastiques
Les oiseaux dansent, s'accouplent et préparent leur nid,
Guidés par une force invisible et mystique,
Leur chant monte en hommage : au Maître de Symphonie.
Les oiseaux se sont embrassés sur les branches,
Et des angelots coquins ont ajusté leurs flèches...
Etrange ! tout ce que le Printemps en un jour change !
Les arbres se sont habillés de couleurs pastels,
Tandis que sous leurs branches les amoureux de mèche,
Se content fleurette quand roucoulent les tourterelles.
le 29 mars 2008 à 16h28 [UTC-5], annie a écrit :
tant mieux si Prévert peut encore consoler. preuve que cela ne sert pas à
rien d'écrire. et de lire.
J'ai un retard d'une semaine à rattraper. Cette photo, je l'ai prise samedi
dernier, rue Foucher. Mais en regardant dehors ce matin, je me suis dit que je
pourrais en faire une presque pareille. Même petite neige folle qui s'est
déposée en occupant le moindre espace libre, en s'accrochant et se liant à tout
le reste. Du blanc comme du sucre en poudre tamisé sur un gâteau des anges.
Je crois avoir eu une bonne idée pour tenir ma promesse d'écrire tous les
jours. Aujourd'hui, j'écrirai la page du 9 mars et celle du 16. Demain je ferai
pareil pour les deux lundis et ainsi de suite jusqu'à samedi prochain, samedi
saint, jour où je serai à jour parce qu'ayant vaincu mon vilain décalage
horaire.
Je sais qu'avec un peu de persévérance sinon d'entêtement, et avec tous les
encouragements que je reçois, surtout, et merci de m'écrire, je reprendrai le
fil joyeux et inspiré de mon journal en ligne formerly known as a
blog. On se remettra pas à chiquer la guénille terminologique même si ça
me tente encore un peu des fois parce qu'y a des mots que j'aime pas, j'ai beau
essayer, je m'habitue pas. Le mot blog en est un. À cause du son glog,
peut-être, ok j'arrête.
Pour en revenir à samedi et dimanche dernier, je me suis levée sur la rue
Foucher, de bonne humeur, bien dormi. En grande forme. Le soir, la tempête
faisait ravages et raffales, les rues n'étaient que peu ou pas déneigées. Mais
j'avais réservé une table Au pied du de cochon pour fêter
deux jours à l'avance l'anniversaire de mon Renaud, alias Éloi, alias Arthur
(pour ne nommer que ses premiers alias). Alors je suis passée le prendre chez
lui avec sa chérie et on est descendus en se laissant rouler tout doucement et
en rigolant jusqu'à la rue Duluth, ne voyant rien d'autre que du blanc, les
vitres embuées tout le tour. Failli écraser quelques pieds et des bicyclettes
enlisées. Ce fut une grande bouffe pour un dîner d'anniversaire intime, mais
heureux.
Il n'est pas encore dix heures du matin et c'est dimanche, 16 mars. La neige
tombe encore, épaisse. J'ai des choses à faire : mon lit, aller chercher des
buches, alimenter le feu, prendre une douche, manger un demi pamplemousse,
écrire à Mario et plus tard, revenir au journal pour finir de mettre dimanche
passé sur papier.
_______________________
commentaires
Le 16 mars 2008 à 20h04 [UTC-5], pb a écrit :
C'est au 'Pied de Cochon'.
Le 16 mars 2008 à 23h34 [UTC-5], annie a répondu :
c'est pourtant vrai. merci de corriger...
Le 21 mars 2008 à 6h27 [UTC-5], manata a écrit :
en france, ce matin on ne fait que nous promettre la neige, trois flocons
hier matin, et ce jour rien
alors quelque part je profite de la vôtre
j'aime quand antonine maillet dit :
"La neige possède ce secret de rendre au coeur en un souffle la joie naïve
que les années lui ont impitoyablement arrachée".
Extrait de Pointe-aux-Coques [+]
manata
Le 22 mars 2008 à 13h16 [UTC-5], annie a répondu :
tant qu'il y aura de la neige, nous serons des enfants...
À Montréal depuis hier après-midi. Oublié mes lunettes à la maison. En plus,
oublié mes carnets et le cordon pour connecter mon nouvel ordi tout mince et
léger. J'ai même oublié ma clé usb avec le grand roman [manuscrit] du siècle en
chantier écrit dessus u, uh, hu et avec ça toute ma poésie, i, ih, hi.
Ironie, Ô ironie ma belle, irai-je jusqu'à m'échouer par ce cotonneux soleil
du samedi matin, m'échouer, dis-je, dans un cyber café pour tenir mon journal
en ligne tel qu'annoncé promis, tous les jours [almost], hier ? Pas
certaine. Trop à faire. Mais j'en aurais envie, on peut toujours grossir les
caractères. Sauf que sans mes lunettes, je peux même pas lire mon Vandal
Love. Livre que j'ai pris soin de placer en premier dans mon grand sac en
cuir. Noir.
Je cherche une façon d'écrire un journal en ligne qui serait quotidienne,
qui serait partie prenante de mes activités de tous les jours comme les repas,
matin, midi et soir, comme les nuits de huit à dix heures de bon sommeil dont
j'ai besoin pour me tenir en forme, comme les randonnées en raquette quand le
vent ne charrie pas trop fort la neige folle et que je n'y vois rien devant,
comme la douche chaude vaporeuse du matin, comme mes journées de travail de
sept heures, cinq jours par semaine, qui se trouvent encore à mon horaire
jusqu'au 31 mars. Écrire tous les jours, j'en ai envie. J'y pense et je ne le
fais pas. J'essaie juste de comprendre pourquoi je me prive de cela [aussi]. Je
travaille moins à mon livre, normal. Et ça, je sais pourquoi. Manque de
concentration pour la fiction. Mais la réalité, la vie de tous les jours, je
devrais pouvoir la déposer ici. Me semble que ça ferait du bien. Pour alléger,
et peut-être trouver, en les écrivant, des réponses à toutes les questions
laissées en suspens. Ou juste d'autres questions.
commentaires :
le 8 mars 2008 à 2h10 [UTC-5], kali a écrit :
Oui et aussi pour nous régaler de tes magnifiques billets d'hiver puis de
printemps puis...Ce n'est pas un manque de temps, le temps n'existe pas n'est
ce pas ? sourire...en tout cas ça fait du bien de te relire !
le 8 mars 2008 à 13h02 [UTC-5], manata a écrit :
quel bonheur de vous découvrir sur la toile, votre journal est un bouquet de
fleurs fraîches et un plaisir formidable
je fais aussi "mon journal" bien caché au fond de mon ordinateur dédié à mes
futurs petits-enfants...
je vous mets en haut-lieu sur ma barre personnelle pour avoir le plaisir de
vous lire en écoutant aussi mozart
à demain car j'ai toutes les archives à lire, vous découvrir, continuez,
vos mots sont à eux seul une musique magnifique pleine de sensibilité
merci
manata, retraitée à metz, moselle, france
le 8 mars 2008 à 18h10 [UTC-5], annie a écrit :
mais... tout le bonheur est pour moi, lorsque je lis vos si gentils
commentaires. Merci !