4 mai 2001

Bonjour Script,

J'ai, bien entendu, visité ton journal aujourd'hui. En fait j'y passe plusieurs fois par jour pour ne pas louper une mise à jour éventuelle... J'ai failli t'écrire quelque chose, mais je me suis retenu car, quelque part, ...je trouve pas les mots, merde !

C'est terrible, cette page détruit, nous lisons en secouant la tête, de droite à gauche, les yeux plissés, car ce n'est pas possible de se livrer ainsi. C'est quelque chose de tellement personnel que le monde entier cherchera, à mon avis, à oublier cette page, car elle n'appartient qu'à toi et à toi seule. Elle nous renvoie vers nos propres peurs, Script, les mêmes que les tiennes. Beaucoup d'entre nous ne pouvons les accepter aussi bien que tu parais le faire.

Je ne me sens pas la force d'aller plus loin sur ce sujet. Certaines pages me font bondir, mais si je tombe de ma chaise je me tais, c'est tout.

À part cela, je constate avec plaisir que ton 3 mai 2000 est conforme à la Script que nous connaissons. On dirait que tu vis depuis plus longtemps que ce journal dis donc... C'est possible cela ? Je croyais que tu étais née le 18 décembre 2000 ! Tu auras donc bientôt six mois, et pour un bébé de six mois, je trouve que tu as les yeux un peu trop ouverts...

Là dessus, bon week end, pour moi, c'est la fin de la journée, et oui, nous vivons décalés. Des fois j'essaie d'imaginer la neige ou ton accent québéquois, tes mugs ou ton ordinateur, tes galères avec les frames, tes repas indiens ou l'éventualité que tu aies un gros nez.

Des fois je compare ta vie et la mienne pour comprendre ce qui fait exister ce ravin et le pont au milieu, des fois je me prends à rêver de la vie du reste du monde par rapport à la mienne et je ne trouve pas vraiment de comparaison. Il y a juste quelques ponts.

Nous serions tous perchés dans des arbres avec des petits ponts de bois. Vivre dans un arbre, quel pied !

Jack


Retour au journal : billet 88, le 5 mai 2001