62. lumières d'automne


« Il faut aimer, apprendre à aimer, absolument. » [Katerine Caron]

Il est des retours de voyage comme des trop courtes journées d'automne, trop courtes pour aimer, trop courtes pour rêver ou pour lire jusqu'à plus faim, trop courtes pour faire toutes ces choses tendres qui préparent les plantes, les jardins et la maison à l'hiver, trop courtes pour contenir les longs longs décalages horaires qui n'en finissent plus, faits d'heures et de jours qui s'empilent à l'infini [comme dirait l'autre]

il est des retours de voyage comme des petits matins frisquets et aveuglants baignés de lumière jaune et rouge, on voudrait marcher encore dans la rosée, se rouler dans l'herbe, déplier la chauve-souris pour lire le rose dans la transparence de ses ailes et aussi dormir dehors la nuit, le jour et la nuit d'après sous les étoiles et puis on s'enfarge bien malgré soi dans d'interminables horaires de travail qui vous grugent le coeur et le corps

et pendant ce temps, ma trop lourde valise noire pas encore défaite me regarde de travers avec ses piles de vêtements qui baissent lentement, trop lentement, comme coincés entre deux saisons et quelques boîtes de thé au Jasmin en métal orange avec des inscriptions en Chinois rapportées de là-bas

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